Jennifer Lawrence dans un rôle dérangeant : son nouveau film divise à Cannes 2025
Le retour très attendu de Lynne Ramsay en compétition officielle au Festival de Cannes 2025 donne lieu à un film sensoriel et dérangeant, centré sur la dépression d’une jeune mère. DIE MY LOVE est une proposition radicale, au style affirmé, portée par une Jennifer Lawrence hors cadre.
Die My Love : un retour sous tension pour Lynne Ramsay
Huit ans après A BEAUTIFUL DAY, Lynne Ramsay signe son grand retour en compétition avec DIE MY LOVE, adaptation du roman argentin d’Ariana Harwicz. Le film, coproduit par Martin Scorsese, s’inscrit dans la continuité du travail de la cinéaste : une mise en scène viscérale, un refus du réalisme traditionnel, et un rapport frontal à la souffrance.
Dès les premières minutes, le spectateur est confronté à un mur sonore et visuel : l’introduction brutale installe immédiatement un état de tension presque physique. Ramsay utilise le son comme une agression, comme une manière de nous faire ressentir l’irritabilité constante de son héroïne. La narration est éclatée, construite en spirale, sans progression classique. Il ne s’agit pas d’un récit explicatif, mais d’une immersion dans la psyché d’une femme au bord de la rupture.
Jennifer Lawrence incarne cette mère en proie à une profonde dépression post-partum. Mais plus qu’un film sur la maternité, DIE MY LOVE explore la désintégration progressive d’un couple, et le glissement mental d’un personnage incapable de retrouver prise sur sa réalité.

Une proposition qui divise
Le film avance sans direction nette, répétant des motifs, des scènes, des sensations, comme piégé dans une boucle mentale. Ce choix, assumé, peut désorienter. Le spectateur n’a pas de repères narratifs solides, et le personnage n’évolue pas de manière visible. DIE MY LOVE ne cherche pas à raconter une guérison, mais à représenter un état figé, douloureux, où le désir, la fatigue, l’isolement et la colère se mélangent.
La performance de Jennifer Lawrence est marquante. Très investie physiquement, elle explore un jeu de la saturation, du corps à vif. Certains y verront une filiation avec MOTHER! de Darren Aronofsky, mais ici, la violence est plus sèche, plus mate, moins stylisée. Elle incarne une femme blessée, coupée du désir de son mari, de la société, de son propre rôle de mère.
Robert Pattinson, dans un rôle plus effacé, compose un compagnon aimant mais dépassé, qui tente de maintenir l’équilibre en vain.
DIE MY LOVE est un film qui divise. Sa forme, sensorielle et opaque, peut fatiguer ou captiver. Sa radicalité narrative, son absence d’explication, son refus d’une trajectoire lisible sont autant de paris qui en feront une œuvre marquante pour certains, frustrante pour d’autres. Reste une proposition de cinéma cohérente avec l’univers de Lynne Ramsay, et un rôle qui pourrait valoir à Jennifer Lawrence une reconnaissance à Cannes, et plus loin encore.







