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THE CHRONOLOGY OF WATER : la sombre histoire vraie derrière le film de Kristen Stewart

En parallèle de sa carrière d’actrice, Kristen Stewart a débuté un parcours de réalisatrice, avec le percutant THE CHRONOLOGY OF WATER, disponible sur CINE+ OCS. Découvrez l’histoire vraie de Lidia Yuknavitch, incarnée à l’écran par la volcanique Imogen Poots.

THE CHRONOLOGY OF WATER : un film à l’image de Kristen Stewart

Quiconque suit de près la carrière de Kristen Stewart sait que la réalisation a toujours été un désir très fort pour celle qui a encore l’image de Bella de la saga TWILIGHT collée au corps.

En 2017 déjà, elle avait mis en scène un premier court-métrage, COME SWIM, qui laissait entrevoir un regard de cinéaste singulier. Mais il aura fallu attendre huit ans pour la voir passer au long-métrage, avec THE CHRONOLOGY OF WATER, présenté pour la première fois au Certain Regard, au Festival de Cannes 2025. Et on se souvient encore de cette projection pas comme les autres.

Si le film n’a pas connu un gros succès à sa sortie, il mérite néanmoins qu’on y prête une attention toute particulière, tant il fait éclore le regard d’une cinéaste aussi passionnée que libre.

THE CHRONOLOGY OF WATER ne ressemble à aucun autre film, mais il ressemble énormément à sa réalisatrice : punk, viscéralement libre, et surtout qui ne cherche à plaire à personne. 

Comme son héroïne, Kristen Stewart trace sa route, fière et droite, et fait ressentir à chaque plan une passion du cinéma dévorante. 

L’histoire vraie de Lidia Yuknavitch

THE CHRONOLOGY OF WATER est basé sur les mémoires (longtemps jugées inadaptables au cinéma) de l’auteure Lidia Yuknavitch (roman connu en France sous le nom de La Mécanique des Fluides) paru en 2011.

Née en 1963 en Californie, Lidia Yuknavitch, grandit dans un foyer ravagé par la violence de son père - abus verbaux, physiques, sexuels répétés sur elle et sa soeur Claudia - et l’alcoolisme dévastateur de sa mère, qui reste passive face aux horreurs.

Dès l’enfance, la natation devient le refuge de Lidia : talentueuse nageuse, elle attire l’attention d’un coach bienveillant qui la pousse à poursuivre dans cette voie. À l’adolescence, elle décroche une bourse universitaire en Floride, puis au Texas, avec un rêve olympique, hélas abandonné à cause de son addiction aux drogues et à l’alcool, en plus du boycott américain des JO de 1980.

Après avoir été renvoyée de son université, elle vit une descente aux enfers, et enchaîne les relations destructrices. Sa fausse couche traumatique la plonge dans le désespoir.

Passionnée d’écriture, Lidia Yuknavitch rejoint l’Université de l’Oregon, et intègre le cercle d’écriture de Ken Kesey, l’auteur de Vol au-dessus d’un nid de coucou. Elle y trouve un nouveau souffle, et obtient son doctorat en littérature anglaise. De ses années d’errance et de traumatismes, elle y trouve son style, cru et poétique.

Quand The Chronology of Water sort en 2011, Lidia Yuknavitch n’est pas une inconnue totale, mais reste encore très confidentielle. Elle a déjà publié un premier roman, Real to Reel, en 2010, passé largement sous les radars. Le livre circule d’abord dans un cercle assez restreint, avant de s’imposer progressivement comme un texte à part. Il ne suit pas les codes classiques du récit autobiographique : le style est fragmenté, très physique, parfois dérangeant, et tranche avec ce qui se fait à l’époque.

Désormais âgée de 62 ans, Lidia Yunavitch vit toujours à Portland, dans l’Oregon et n’a jamais cessé d’écrire. Après The Chronology of Water, elle a publié plusieurs romans, dont Dora: A Headcase, The Small Backs of Children, The Book of Joan et Thrust. Elle est aussi devenue une voix importante de l’écriture du corps, du trauma et des marges, notamment grâce à sa conférence TED, The Beauty of Being a Misfit, publiée en 2016.

Son livre le plus récent est Reading the Waves, publié en 2025. Sur son site officiel, elle le présente comme un nouveau mémoire, dans lequel elle revient encore sur son passé, la violence de son père, sa mère handicapée, la perte de son enfant et la manière dont la littérature permet de reconfigurer les souvenirs.

Elle poursuit aussi son travail de transmission. Lidia Yuknavitch anime des ateliers d’écriture via Corporeal Writing, une structure centrée sur l’écriture du corps, de la mémoire et de l’expérience intime. Des ateliers liés à The Chronology of Water sont encore proposés aujourd’hui.