Johnny Strange, le destin tragique d’un sportif de l’extrême
Ce documentaire diffusé sur CANAL+ Docs rend hommage à la vie de Johnny Strange, un jeune homme qui a cumulé les exploits physiques les plus difficiles avant de perdre la vie dans un accident de base-jump
Né dans une famille d’aventuriers
Certains noms de famille semblent prédestinés. Ainsi, cet étonnant personnage, héros du saisissant documentaire d’Eamon Harrington et de John Watkin s’appelle Johnny Strange. Né à Malibu sur la côte californienne, patrie des surfers, ce casse-cou est en quelques années devenu une référence mondiale pour tous les sports les plus dangereux de la planète et un objet de fascination.

Les « 7 sommets » à… 17 ans
Cela a commencé très tôt puisque ses parents, Brian Strange et Dianette Wells, avaient déjà le virus de l’aventure dans le sang. Pour preuve, chacun est déjà monté sur le sommet de l’Everest, une prouesse pourtant rarissime. C’est d’ailleurs en montagne que le jeune Johnny va se faire un nom lorsqu’il va à 17 ans réussir l’exploit des « sept sommets ». C’est-à-dire l’ascension de l’Everest (8848m) dans l’Himalaya, de notre cher Mont Blanc (4810m), de l’Elbrouz (5642m) en Russie, du Kilimandjaro (5895m) au Kenya, duDenali en Alaska (6194m), de l’Aconcagua (6961m) en Argentine, du Puncak Jaya (4884m) sur l’île de la Nouvelle-Guinée, du très abordable mont Kosciusko (2228m) en Australie et enfin du méconnu Vinson (48892m) dans le froid glacial de l'Antarctique. Autrement dit, non pas les sept sommets les plus élevés du monde mais parmi les plus célèbres et les plus difficiles localisés sur les cinq continents. Un exploit que nombre d’alpinistes professionnels mettent tout une vie à accomplir et que lui a réalisé à toute vitesse. C’est que depuis sa plus tendre jeunesse, Johnny Strange n’a peur de rien et surtout il fait preuve d’un appétit vorace. Il veut tout essayer, il convainc tout le monde autour de lui de lui filer un coup de main pour réussir chacun de ses coups. Les images d’archives de Johnny utilisées dans le documentaire sont d’autant plus émouvantes qu’on sait depuis le début le destin tragique du jeune homme. Il est mort à 23 ans le 1er octobre 2015 dans le canton d'Uri, au cœur des Alpes suisses. en s’adonnant à son autre sport préféré : le wingsuiting, cette technique de vol avec une combinaison ailée qui permet de voler en s'appuyant sur vent. Une pratique particulièrement dangereuse où là encore Johnny Strange excellait. Quelques années après sa mort, ses parents expliquent donc face à la caméra que ni eux ni personne ne pouvaient l’arrêter dans sa quête de sensations. Ils ne pouvaient qu’essayer de l’accompagner le mieux possible. Ils semblent d’ailleurs étonnamment apaisés comme si leur fils avait finalement accompli son destin. Avant le base-jump, on le voit s’adonner au skateboard, oui mais au skateboard sur... autoroute. Puis, il se rapproche un peu plus du ciel en maîtrisant l’art difficile du parachutisme avant d'opter pour le vol en wingsuit, celle étonnante combinaison ailée qui n’est pas sans rappeler certains super-héros.

Une communauté accro à la vie intense
A travers cette trajectoire fulgurante, on découvre autant une personnalité radieuse – on pense à sa déchirante dernière interview – qu’une véritable famille de casse-cous et d’explorateurs de l’impossible. Car tous les proches qui témoignent semblent habités par la même envie, faire de leur court séjour sur Terre l’expérience la plus intense possible. Et à les écouter, on comprend bien qu’il ne s’agit pas de faire n’importe quoi en prenant des risques inconsidérés mais bel et bien de préparer des exploits comme de véritable professionnels de l'extrême.
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