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"Moto GP, 1000 était une fois", un doc à 300 à l'heure en compagnie de Giacomo Agostini

Après "Jean Todt, la méthode", Amandine Morhaïm s'intéresse à l'histoire du championnat du monde de moto, dont le 1000ème Grand Prix vient de se tenir en France. Et en fil rouge de ce nouveau documentaire, la journaliste de CANAL+ a pu compter sur la présence du pilote italien véritable légende de la Moto GP.

Des débuts très amateurs

Le montage de ce documentaire est original, puisqu'il mélange constamment des images de toutes les périodes, de la création du championnat du monde en 1949 à aujourd'hui. L'idée : montrer sur les quatre jours – préparatifs, essais, qualifications, course – d'un week-end de Moto GP comment ce sport a évolué en plus de sept décennies, et ce sur tous les plans.

Et qui de mieux pour raconter l'époque des pionniers que le recordman du nombre de titres mondiaux (15 victoires) entre 1966 et 1975 ? Un palmarès possible parce que comme le documentaire le rappelle, il était courant à l'époque pour les pilotes de concourir dans plusieurs catégories au cours d'un même week-end et donc d'enchaîner les courses malgré la fatigue et les risques.

Ce n'est évidemment pas la seule différence avec la Moto GP d'aujourd'hui. Le pilote italien rappelle par exemple que les premières courses n'étaient pas organisées sur des circuits mais sur des routes traditionnelles, avec les dangers que cela implique, comme le montrent les archives glaçantes sur les accidents de l'époque, où les morts s'accumulaient comme en F1.

Du camping aux motorhomes

Les images montrent d'ailleurs que les Grands Prix étaient organisés avec une sécurité et des aménagements routiers pour le moins dérisoires, notamment des bottes de paille, ce qui a heureusement beaucoup changé. Bien sûr, la Moto GP était aussi beaucoup moins professionnalisée pendant ces années.

Les archives rappellent que beaucoup de pilotes amateurs jouaient aussi les mécaniciens eux-mêmes, quand les stars de la discipline d'aujourd'hui évoluent dans des "motorhomes" toujours plus spacieux et luxueux.

La préparation physique est elle aussi devenue visiblement beaucoup plus exigeante, même si un champion comme Giacomo Agostini était en avance sur ce plan. Désormais octogénaire, la légende italienne a encore la forme et s'entretient d'ailleurs toujours sérieusement pour continuer de piloter des motos. Chez lui, à Bergame, Agostini a ouvert les portes de son quotidien à l'équipe du documentaire, ce qui permet de vérifier que sa popularité est toujours aussi haute en Italie.

Une popularité en hausse

Toujours volontiers charmeur, le pilote évoque aussi à demi-mot la libération sexuelle des années 1960 et 1970 dont il a visiblement bien profité, photos à l'appui. Et si l'image des femmes dans le milieu de la moto n'a elle pas forcément beaucoup évolué, on ne peut pas nier que le public de la Moto GP est aussi de plus en plus important. Le documentaire plonge d'ailleurs dans l'intimité des fans qui se déplacent pour suivre l'intégralité des week-ends, et qui forment une communauté soudée depuis des décennies.

Il faut dire aussi que certains pilotes ont beaucoup fait pour la popularisation de ce sport, notamment un autre Italien présent dans le film : un certain Valentino Rossi, le farceur nonuple champion du monde. On aperçoit également le prodige espagnol Marc Márquez, vainqueur de huit titres mondiaux, et bien sûr le chouchou de notre pays, Fabio Quartararo, le premier champion du monde français de Moto GP., à qui on souhaite le même palmarès que Giacomo Agostini.

Moto GP, 1000 était une fois, un documentaire seulement sur CANAL+.