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C'était quand même bien la cérémonie des Hot d'or !

De 1992 à 2001 (puis une édition en 2009) s'est tenu en France l'équivalent des Palmes cannoises, mais version X : nous vous présentons dans les grandes lignes ce qu'était les Hot d'or. Séquence nostalgie.

Festival de Cannes du porn

Tout a commencé en 1992 lorsque Franck Vardon – le fondateur du magazine Hot Vidéo –, eut la riche idée de faire voter ses lecteurs pour élire leurs films X favoris, mais aussi la meilleure actrice, le meilleur acteur, le meilleur réalisateur du moment. Il décida d'appeler ce vote les Hot d'Or et il eut alors une deuxième illumination : profiter de l'exposition médiatique du Festival de Cannes pour y organiser sa cérémonie de remise des prix. Bien entendu, comme tout ce qui touche au sexe fascine, les Hot d'or firent assez vite fait parler d'eux et reçurent les premières années un accueil plutôt bienveillant de la part des médias (et notamment de CANAL +). Les premières cérémonies étaient en effet l'occasion pour le tout à chacun de mater ses pornstars préférées avec au programme : fesses rebondies, décolletés vertigineux, bouches bien aimables, et surtout, dans toutes les situations et avec le moins de pudeur possible.

Un brin provoc', les cartons d'invitation étaient recherchés et il était de bon ton de s'y montrer, un peu comme pour faire un pied de nez à son grand frère cannois. L'autre point fort des Hot d'or résidait dans son ambiance, entre barnum bordélique et film porno extravagant. Au fil des éditions, on a pu ainsi y voir des dromadaires, des cracheurs de feu, des charmeurs de serpents, des jets de petites culottes dans le public, des showcases de rappeurs en vogue à l'époque... La cérémonie des Hot d'or permit dans un premier temps de sortir le porno de son ghetto et de lui donner une image « sympathique » et « convenable ».
 

Du côté des pornstars, la cérémonie des Hot d'or fut aussi très bien accueillie dès ses débuts. Dans Max Magazine, l'actrice Laura Angel confiait : « Cannes te donne l'impression d'être une vraie star. Les gens viennent te demander des autographes, ils te prennent en photo, comme si tu étais une actrice hollywoodienne. » Même son de cloche pour Dolly Golden, qui en garde un très bon souvenir : « Les Hot, c'était la récréation de l'année. J'y pensais dès le mois de janvier. Je me faisais des robes sur mesure pour la cérémonie. »
Les Hot d'or ont dès lors mis en lumière des actrices en les récompensant du Hot d'Or de la meilleure actrice comme Tabatha Cash (1994), Draghixa (1995), Coralie Trinh Ti (1996), Laure Sinclair (1997 et 1998) ou Katsuni (2009).

Grandeur et décadence

Tout allait bien dans le meilleur des mondes mais malheureusement, les Hot ont commencé à prendre trop de place.
Trop bruyante, trop trash, trop cheesy : la cérémonie est alors priée de se déplacer dans la banlieue cannoise (à Mandelieu, plus précisément) et son image commença à fortement se dégrader (des villas aux alentours servaient pour des tournages, les votes n'étaient plus aussi objectifs et servaient les intérêts de certains). Le point d'orgue de cette déconfiture arriva en 2001, lorsque la cérémonie parrainée par Larry Flint himself vit sa conférence de presse annulée non sans une certaine violence.
2001 sera donc la dernière édition des Hot version « Cannes », et ceux-ci entameront une longue hibernation de 8 ans.

Un dernier pour la route...

En 2009, cette fois-ci, les Hot réapparaissaient à Paris avec une dernière cérémonie comme chant du cygne. Et déjà, de nombreuses interrogations par rapport aux mutations dues à Internet et à la pré-dominance du gonzo pouvaient s'y faire sentir.
Un intéressant article du Nouvel Obs de l'époque « Les Hot d'or reviennent alors que l'industrie du porno doute » traduisait bien la perplexité généralisée qui émanait du mileu du X.
En effet, la star américaine Savanna Samson y déclarait : « Avant, j’avais hâte de recevoir mon script. J’avais des dialogues à apprendre. Enchaîner des scènes hard les unes après les autres, c’est beaucoup moins marrant. » Quant au réalisateur Dist de Kaerth, il rebondit : « Pour moi, la seule solution pour faire face à la masse d’offres gratuites sur Internet, c’est d’essayer de proposer de l’expérimental, une histoire originale ou une esthétique particulière. »
Enfin, Grégory Dorcel enfonça le dernier clou dans le cercueil des Hot d'Or : « Ce type de cérémonie n’est plus vraiment adapté au marché aujourd’hui. Les contenus de qualité et les talents se font très rares. On peut donc s’interroger sur la valeur des prix qui seront décernés. » 13 ans plus tard, il ne reste aujourd'hui plus que la nostalgie d'une époque, des images d'archives un peu fatiguées et les sourires médusés des badauds face aux stars du X dénudées....

Mais oui, c'était quand même rudement bien les Hot d'or !

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