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Avant Dexter : New Blood, on a classé les 8 saisons, de la pire à la meilleure

Posté par Alexis Lebrun le 9 décembre 2021
Dans quelques jours, 2021 va se terminer avec la diffusion de l’une des séries les plus attendues de l’année. Eh oui, le temps de dix épisodes, le tueur Dexter Morgan revient nous hanter pour faire oublier la façon quelque peu surprenante dont il a quitté nos écrans en 2013. À ce propos, en attendant le début de Dexter : New Blood, on a décidé de livrer notre classement définitif des huit premières saisons de la série. Attention, ça va saigner.
8 : Saison 8

Sans surprise, on commence évidemment par la saison qui fait l’unanimité contre elle : la dernière. La conclusion de Dexter a déjà fait l’objet de tellement de critiques assassines méritées qu’on a presque des scrupules à s’attaquer encore à elle, mais il faut bien dire les choses : cette saison 8 est un accident industriel. En soi, elle n’est pas forcément pire que la suivante sur cette liste, mais le fait qu’il s’agisse de la conclusion de la série est un facteur aggravant.

Passe encore le sort réservé à Debra et Hannah, un nouveau tueur en série oubliable et les gros manquements du scénario : le dernier épisode de la série est ce qui rend cette saison réellement impardonnable. Le fait que Dexter puisse échapper à la mort et à la patrouille en mettant en scène sa disparition dans une tornade avant de démarrer une nouvelle vie incognito en tant que bûcheron reste l’une des fins les plus incompréhensibles et grotesques de l’histoire de la télévision.

7 : Saison 6

Ecoutez, Colin Hanks est un acteur adorable et on veut bien accepter toutes les invraisemblances de son personnage de « Tueur du jugement dernier » dans cette saison qui tente bien maladroitement d’aborder le thème de la religion. On n’est pas là non plus pour juger les fantasmes des fans de la série, mais quel scénariste a pu penser que suggérer une relation amoureuse entre Debra et son frère adoptif était une bonne idée ?

Bien sûr, la scène finale où Debra découvre ENFIN le secret de Dexter est l’une des meilleures de la série, mais était-il vraiment nécessaire de passer par cette séquence – certes rêvée – où les deux s’embrassent dans l’avant-dernier épisode de la saison ? Il y a des visions indélébiles qu’on voudrait bien effacer de notre mémoire et très clairement, celle-ci en fait bien davantage partie que toutes les scènes de meurtres de la série. Beurk.

6 : Saison 5

À partir de maintenant, les choses sérieuses commencent déjà. Donner une suite à la hauteur de la fin exceptionnelle de la saison 4 de Dexter était une gageure, et avec le départ du showrunner originel Clyde Phillips, le défi devenait impossible. Mais rétrospectivement, la saison 5 de la série est meilleure qu’on la pensait à sa sortie il y a une décennie. Certes, Debra continue les relations douteuses en se retrouvant cette fois avec Quinn, et cette saison aurait été bien meilleure si elle avait découvert le vrai visage de Dexter pendant celle-ci et non la suivante.

Mais tout cela est pardonné par l’arrivée d’une excellente héroïne pourtant jugée clivante, Lumen, jouée par Julia Stiles. Difficile de comprendre quand même comment on pourrait ne pas aimer cette saison où Dexter noue une relation avec cette femme pour se venger d’un gang de violeurs et tueurs en série. L’exploration du traumatisme des victimes d’abus sexuels est certes parfois maladroite, et la gestion de l’après-Rita est loin d’être parfaite aussi, mais cette saison 5 ne démérite pas, même si le départ de Lumen lors de sa conclusion est un crève-cœur assez inacceptable.

5 : Saison 3

Les épisodes de la saison 3 sont souvent critiqués parce qu’ils sont coincés entre deux grandes saisons, mais ils sont pourtant essentiels à l’évolution de la série et du personnage de Dexter. Ce dernier doit en effet commencer à conjuguer sa vie de tueur avec celle d’un père de famille, puisqu’il doit se marier avec Rita, qui est sur le point de donner naissance à leur fils.

Mais il se retrouve aussi vite encombré par le procureur Miguel Prado (Jimmy Smits) qui développe une amitié malsaine avec lui pour devenir à son tour un justicier qui tue des criminels, mais sans s’embêter avec le code enseigné par Harry Morgan à son fils… Que ce dernier commence à ne pas toujours respecter non plus cette saison, finalement décisive pour la bonne compréhension de ce qu’est vraiment Dexter Morgan : un anti-héros qui met ses proches en danger par égoïsme, soit la mise en place parfaite avant les événements tragiques de la saison 4.

4 : Saison 7

Le chant du cygne de la série. Après le désastre de la saison 6, en voilà une qui est incontestablement celle du retour en grande forme de Dexter, et elle pourrait très bien se situer un peu plus haut dans ce classement. Après la scène finale incroyable de la saison précédente, la relation entre Debra et Dexter atteint ici des sommets dignes d’une tragédie grecque. Jennifer Carpenter est exceptionnelle et nous ouvre le cœur en deux lorsque Debra décide de tuer LaGuerta pour protéger son frère dans l’ultime scène.

Cette saison 7 marque aussi l’arrivée d’un autre personnage féminin mémorable, Hannah McKay (formidable Yvonne Strahovski), une empoisonneuse professionnelle qui forme à son tour un couple loin d’être idyllique avec Dexter. Et comme on ne fait pas une bonne saison sans grand méchant, celui joué par Ray Stevenson (Isaac Sirko) fait partie des meilleurs de la série. Bref, si Dexter avait pris fin avec cette saison 7, le monde se porterait peut-être mieux.

3 : Saison 2

On commence à toucher à l’âge d’or de Dexter. Cette deuxième saison est d’une efficacité redoutable parce que son concept est simple et limpide : le tueur en série traqué par la police pendant ces douze épisodes (le Boucher de Bay Harbor) n’est autre que Dexter lui-même, qui passe donc son temps à effacer ses traces pour échapper à ses collègues, en particulier James Doakes, qui le soupçonne de beaucoup trop près à son goût.

Concrètement, cela donne des épisodes au suspense insoutenable et parmi les plus dingues de l’époque en matière de cliffhangers. Cette saison 2 est aussi pleine de personnages assez inoubliables, comme l’agent Frank Lundy (Keith Carradine) qui enquête sur l’affaire et finit en couple avec Debra, mais surtout Lila Tournay (Jaime Murray), une grande malade qui fait bien plus que mettre en péril la relation entre Dexter et Rita avec son charme incendiaire (vous l’avez ?).

2 : Saison 1

Pour le dire simplement, la première saison de Dexter est l’une des meilleures de l’époque, et nous sommes alors en 2006, en plein âge d’or des séries. Le personnage de Dexter Morgan est introduit avec un scénario déchirant qui revient sur son passé traumatisant via des flashbacks avec son père Harry Morgan, mais ce sont les actions présentes de Dexter qui font halluciner le public.

Celui-ci découvre une série sulfureuse où un justicier spécialiste des projections de sang poignarde et découpe des criminels tranquillement la nuit avant de reprendre son job à la police de Miami le jour, le tout agrémenté de dialogues brillants et forts d'un humour noir grinçant et d'une liberté de ton alors encore assez rares à l’époque. Mais Dexter s’impose surtout comme LA nouvelle série pour les adeptes de plot twists incroyables, car quinze ans après, on se souvient encore de notre tête lorsque l’on a découvert que le « Ice Truck Killer » de cette saison 1 n’était autre que le frère biologique démoniaque de Dexter, avant de voir ce dernier l'éliminer presque sans sourciller. C’est ce qu’on appelle un classique indémodable.

1 : Saison 4

Mais il y a bien sûr encore mieux. C’est une évidence : la conclusion de la saison 4 de la série a démontré de façon tellement impériale que la vie de famille de Dexter était incompatible avec son individualisme et son addiction au meurtre qu'elle aurait pu (et dû ?) être celle de la série. Il faut aussi dire qu’en matière de plot twists traumatisants, on a rarement fait mieux que cette ultime scène où Dexter rentre chez lui et découvre son fils qui baigne dans le sang de Rita, assassinée dans sa baignoire par l'antagoniste absolument glaçant de cette saison, le « Trinity Killer » joué par un John Lithgow touché par une grâce diabolique. À l’époque, cette conclusion a tellement choqué qu’il était quasiment impossible d’échapper aux spoilers, assimilables à un crime dans pareille situation.

Aussi sûr que la saison 8 de Dexter est son point le plus bas, la quatrième saison de la série est son sommet incontestable, un monument de la télévision rappelant qu’en 2009, Dexter faisait jeu égal avec les plus grands noms de la télévision, au point de devenir un phénomène qui dépassait le petit écran. Tout y est d’ailleurs tellement parfait que les saisons suivantes palissent forcément en comparaison, et comme ses prédécesseuses, Dexter : New Blood n’échappera pas à cette comparaison. Espérons que le retour du showrunner qui était en poste à l’époque de la saison 4 (Clyde Phillips) permettra à la série de retrouver la magie tordue d’alors.

Dexter : New Blood, le 16 décembre sur CANAL+.

Les saisons 1 à 8 sont toujours disponibles en intégralité sur CANAL+.