Baron noir : avec Philippe Rickwaert, la revanche des cabossés

En saison 3, même affaibli, sortant d’une longue période d’inéligibilité, Rickwaert reste ce battant plein d’énergie, bouillonnant, intrépide. L’ex-ministre du Travail a plus que jamais de grandes ambitions et ne doute de rien.

Pour son parti, il rêve d’une « ligne forte, une incarnation avec de la transgression, de la radicalité ». Sa vision ? Elle est inspirée, vibrante, presque lyrique. Au diable les sondages, les « enquêtes qualitatives » et autres « focus groups de province » de ses tristes sires de collègues : sa politique est dans le vrai.

Ce qu’ont bien du mal à comprendre ses camarades du parti, qui, comme Daniel Kahlenberg, premier secrétaire du PS, le prennent pour un illuminé complet…

Rickwaert, lui, est à mille lieues de ces technocrates bardés de diplômes et rompus aux salamalecs et compromis. Homme du peuple, celui qui se dit « primitif » mais pas « sans éducation » est toujours resté proche de sa base, n’hésitant ni à mettre les mains dans le cambouis, ni à monter au créneau quand il le fallait, comme quand il a porté, fièrement, un bleu de travail dans l’hémicycle.
 

Sans être un candidat anti-système, c’est l’anti-énarque, fils d’un « docker communiste et d’une dame de service des écoles » revendiquant ses origines populaires.

Il n’a pas eu une armée de spin doctors pour policer ses manières, lui glisser des « éléments de langage » pour plaire aux journalistes et lui dire comment se comporter.

Au contraire, il parle avec son cœur (quitte à traiter les camarades qui se mettent sur son chemin de « petite bite ») et le prouve plus que jamais dans cette troisième saison. 
 

Considéré comme politiquement mort, il n’a pas peur d’aller au casse-pipe, montant sur scène à l’invitation de Michel Vidal avec Debout le peuple, alors qu’il est hué. Tout ce qui compte, c’est son courage.

Un courage et une envie sincère d’en découdre qui devraient redonner du baume au cœur à tous ceux qui avaient perdu foi dans les politiques. « C’est l’heure des grandes gueules, des cabossés, des amochés, des courageux. C’est mon heure à moi », veut croire Rickwaert. Nous aussi.
 

Baron noir, saison 3, disponible sur CANAL+.