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De Delete Me à Trickster, les nouveaux visages du teen drama

Posté par Alexis Lebrun le 9 juillet 2021
Comme on dit désormais, « c’est dur d’avoir 20 ans en 2020. » Pour autant, les séries qui mettent en scène de jeunes adultes n’ont pas attendu la crise sanitaire pour offrir de nouveaux regards originaux sur cette période essentielle de construction de l’individu. La preuve avec ces trois mini-séries récentes qui renouvellent sans complexe le genre du teen drama.
Delete Me, l’engrenage du revenge porn

Les américains ont le spring break, les norvégiens ont le « Russefeiring », une période pendant laquelle les élèves fêtent la fin du lycée en consommant toutes sortes de substances – parfois illicites – pendant quasiment un mois. Mais pour être autorisé à participer à ce rite toxique de passage à l’âge adulte, il faut être accepté par le groupe et ne pas avoir peur du bizutage. Cette pression sociale, les deux championnes de nation synchronisée Marion et Marit ont du mal à y résister, alors qu’elles sont proches de réaliser leur rêve : partir vivre ensemble en Floride après la fin des cours. Malheureusement pour elles, le rêve tourne au cauchemar quand Marion devient la cible de harcèlement après la diffusion d’une sextape où elle apparaît dans un plan à trois.

Son amitié avec Marit vacille, tandis qu’elle recherche la personne responsable de la fuite de la vidéo, avec l'aide d'une hackeuse aux méthodes bien particulières. Delete Me aborde un thème très difficile mais malheureusement d’actualité, et elle fait le pari d’une narration inversée : l’histoire est racontée en commençant par la conclusion tragique des événements, et c’est en remontant vers les prémices que l’on découvre peu à peu comment cette mécanique infernale s’est mise en place. Avec sa réalisation en forme de bad trip sous acide, Delete Me est une série dure mais nécessaire, pour laquelle il faut avoir le cœur bien accroché et les yeux bien en face des trous.

Delete me, disponible en intégralité sur CANAL+

Two Weeks to Live, la nouvelle vengeance de Maisie Williams

Après le revenge porn, place à la revanche d’une femme pas comme les autres. Les fans de Game of Thrones connaissent par cœur le visage de l’actrice britannique Maisie Williams, interprète pendant huit saisons d’Arya Stark, l’adolescente qui étanchait sa soif de vengeance avec une liste de cibles à éliminer. On la retrouve aujourd’hui dans Two Weeks to Live, une mini-série britannique qui fait étrangement écho au personnage d’Arya Stark, puisque l'actrice y incarne Kim, une vingtenaire qui veut venger la mort de son père, assassiné devant elle quand elle était enfant. Et elle n’est pas maladroite avec les armes, puisqu’à la suite de cet événement traumatisant, elle a grandi complètement coupée du monde avec sa mère survivaliste, avec qui elle a notamment appris à se battre.

Obsédée par la survenue prochaine de l’apocalypse, elle a aussi noté une liste de choses à faire avant la fin du monde, et décide donc de se lancer à la découverte de tout ce dont elle a été privée jusqu’à présent. En chemin, elle fait la rencontre de deux frères maladroits avec qui elle se retrouve embarquée dans une aventure dont les conséquences les dépassent légèrement. Ce parcours initiatique d’une jeune fille dont la crédulité égale la férocité au combat est une belle surprise parmi les séries sorties l’an dernier, grâce à son humour noir et à son personnage principal irrésistiblement attachant, taillé sur mesure pour son interprète. Pour ne rien gâcher, sa mère est jouée par Sian Clifford, connue pour son rôle dans l’excellente série Fleabag.

Two Weeks To Live, disponible en intégralité sur CANAL+

Trickster, la réhabilitation des peuples autochtones du Canada

Après la Norvège et le Royaume-Uni, direction l’Amérique du Nord pour ce qui est incontestablement la série la plus étrange de cette sélection. On y suit les aventures de Jared, un jeune étudiant vivant dans une réserve indienne de Colombie Britannique au Canada. Quand il n’est pas à l’école, Jared fabrique de la drogue pour subvenir aux besoins de sa famille, touchée comme l’essentiel des habitants par la pauvreté et beaucoup d’autres difficultés. Il vit avec sa mère, une femme sérieusement troublée par des événements traumatisants du passé, et qui souffre de plusieurs addictions. Quant à son père, c’est un boulet qui vit au crochet de son fils…

Mais ce tableau très sombre ne doit pas faire oublier que Trickster est surtout une série surnaturelle ancrée dans les traditions des peuples autochtones du Canada, à travers l’exploration du passé de Jared et de sa famille. La série compte bon nombre de scènes assez perturbantes dans le genre fantastique, et l’ambiance mystérieuse de ce récit initiatique est sans aucun doute l’un des points forts de Trickster, tout comme la présence d’une équipe majoritairement issue des groupes autochtones canadiens. Il fallait bien cela pour s’attaquer de façon pertinente et respectueuse à cette culture trop souvent oubliée dans les fictions outre-Atlantique.

Trickster, disponible en intégralité sur CANAL+

Delete Me, Two Weeks to Live et Trickster, disponibles sur CANAL+.