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De Gomorra à ZeroZeroZero : Roberto Saviano, le lanceur d'alerte du crime organisé

Roberto Saviano le dit lui-même : il n’est pas « fasciné » par le crime organisé, il est carrément « obsédé ».

Le journaliste et écrivain italien, qui a suivi des études de philosophie avant de collaborer à de nombreuses revues, s’est fait connaître en 2006 avec son livre Gomorra, Dans l’empire de la Camorra.

Un roman-enquête événement consacré à la pieuvre napolitaine et à ses liens avec le monde de la politique et des affaires. Dans lequel « derrière le fonctionnement de la mafia, je raconte un territoire, la région de Naples où je suis né », expliquait l’auteur de 40 ans au Temps.

Véritable phénomène de société, adapté en film et en série, l’ouvrage ébranle la Botte et propulse son auteur sur le devant de la scène.

Lequel, devenu une cible mouvante pour la mafia, à la fois icône et paria, se retrouve bien vite obligé d’être escorté en permanence par une protection policière, ne pouvant plus se mêler aux foules et encore moins vivre normalement…

Un enfer, pour celui qui refuse de se taire et a vu son pays « gangréné par la Camorra ». Mais c’est plus fort que lui. « Quand on découvre ces histoires extraordinaires, impossible de ne pas vouloir en savoir davantage. » 
 

Fort de sa connaissance profonde du crime organisé, il a d’ailleurs continué à creuser ce sillon, s’intéressant ensuite au narcotrafic avec Extra Pure, Voyage dans l’économie de la cocaïne, dont est adaptée la série.

Pour l’écrivain, devenu une figure surexposée en Italie (quoi que recluse), l’or blanc, « au cœur de l’économie », aurait même sauvé les banques lors de la crise des subprimes

Car au-delà de la mafia, Roberto Saviano dénonce aussi plus largement un capitalisme sans pitié et un État en échec. Y compris dans ses fictions (Piranhas, Baiser féroce…), forcément inspirées de faits réels.
 

À ceux qui l’accusent de mettre en valeur la « culture de la violence » et d’être fasciné par le mal, il répond (au magazine Elle) : « La seule règle que je me donne, c'est de démonter cet attrait, sans édulcorer ni donner de solution. »

Pour lui, ça ne fait aucun doute : « La réalité est de loin infiniment plus riche que la fiction. »

ZeroZeroZero, Création Originale, 8 x 52 min, disponible sur CANAL+.