Float, une série queer pleine de tendresse et de justesse
Si vous en avez un peu marre des séries qui traînent en longueur, vous devriez peut-être donner une chance à ce nouveau format court écossais. En six épisodes d’une dizaine de minutes chacun, la scénariste Stef Smith est en effet parvenue à créer avec Float une série poignante qui ne ressemble à aucune autre.
Ecosse profonde
Float est d’abord une série très dépaysante, car elle est ancrée dans une réalité qu’on ne voit quasiment jamais dans la fiction, celle de la campagne écossaise. Loin de Glasgow, les quelques personnages de l’histoire n’ont pas vraiment l’embarras du choix en matière d’emploi.
Ils travaillent tous comme maîtres-nageurs dans une piscine municipale, et ils sont plongés dans un ennui profond en raison des perspectives très limitées qui s’offrent à eux. Float raconte ainsi d’abord le désenchantement d’une jeune génération confrontée au chômage, à la pauvreté et à la désertification des zones rurales.

Romance lesbienne
Cette situation est illustrée par le personnage de Jade, partie à Glasgow pour étudier à l’université, mais obligée de revenir vivre chez sa mère après un événement dramatique qui est révélé en cours de saison.
Elle y retrouve Collette, qui elle n’est jamais partie, et est en couple avec un garçon du coin plutôt gentil – son supérieur à la piscine – mais dont elle n’a pas l’air très amoureuse.
Quand Jade réapparaît, il se passe clairement quelque chose, et Collette se découvre une attirance pour son ancienne camarade d’école, qui a toujours été ouvertement lesbienne et en a souffert dans son enfance en raison de l’homophobie.

Autour d’eux, une poignée de personnages seulement comme Liam, un autre maître-nageur qui en pince sérieusement pour une des rares clientes de la piscine, Agnieszka. La grande force de Float vient de cette simplicité : construite autour d’une unité de lieu – la piscine – et de quelques rares mais jolies scènes en extérieur sur la côte écossaise – la réalisation de l’ensemble est léchée –, la série déploie un récit à taille humaine au plus près de ses personnages et avec une grande authenticité.

Une récompense amplement méritée
Mais elle ne manque pas d’ambition non plus, puisque malgré la brièveté de son format, elle parvient à aborder en toute subtilité des sujets de société très actuels comme la charge mentale de la contraception, les violences envers les femmes ou la santé mentale.
Malgré le charme incontestable de l’accent écossais, Float est donc une série qui résonne de manière universelle en touchant très juste. L’écriture de la dramaturge Stef Smith est d’une finesse remarquable : elle met en scène avec beaucoup de tendresse la relation naissante entre Jade et Collette, sans jamais céder aux clichés très répandus du genre de la romance, qu’il s’agisse du conte de fées ou à l’inverse de la dramatisation à outrance.
Rien n’est simple dans Float car tout y semble étrangement réel, et notre coup de cœur a été partagé par le Festival Séries Mania de Lille, où la série l’a emporté dans la catégorie des formats courts.
Float épisodes 1 à 6, disponibles le 1er décembre sur le corner HELLO de CANAL+.


