Loving Her : la première série lesbienne allemande est une réussite
Après All You Need (CANAL+), la télévision d'outre-Rhin continue de se distinguer par la qualité de ses séries LGBTQI+. Constituée de six petits épisodes très rythmés, Loving Her porte un regard moderne et rafraîchissant sur les relations d'aujourd'hui, qu'elles soient lesbiennes ou non.
Des échecs formateurs
On sait depuis les deux saisons de All You Need que Berlin n'est pas la pire des villes – euphémisme – pour faire des rencontres. La jeune Hanna (25 ans) en a bien profité lors de ses études passées en colocation : pendant des années, elle a enchaîné les relations plus ou moins réussies dans la capitale allemande, et c'est justement un retour en arrière sur cette frénésie amoureuse que la série nous propose.
Chaque épisode de Loving Her est ainsi centré sur une des relations passées d'Hanna. Il y a Franzi, le premier amour qui semble être l'âme sœur mais qui finit par s'éloigner irrémédiablement au fil du temps. Lara passe ses nuits à se mettre minable en soirée et se croit donc plus cool que tout le monde et que les colocataires d'Hanna, ce qui a le don de l'agacer – et nous avec.
La série passe aussi en revue l'amour non réciproque (aïe, ça pique toujours) avec Anouk, mais aussi une forme de relation asymétrique avec Josephine, la patronne d'Hanna pendant un stage, qui est une femme beaucoup plus âgée et puissante. Enfin, Sarah incarne en apparence la compagne parfaite, mais sa peur d'assumer en public son homosexualité – dont elle doute, d'ailleurs – est un frein insurmontable pour Hanna.

Une normalité qui fait du bien
Toutes ces relations ressemblent à de grands archétypes, mais la série est étrangement crédible, et elle parvient à aborder de grandes questions contemporaines (l'emprise, le coming out, l'amour à l'épreuve des grandes métropoles…) dans des épisodes très courts qui ne durent qu'une dizaine de minutes chacun.
Loving Her se déguste donc comme un petit roman chapitré très attachant, car il y a évidemment un twist à la fin de la série – on ne dira rien –, au moment où Hanna doit quitter Berlin pour repartir vivre chez ses parents en raison du chômage qui la touche à la fin de ses études.
Tournée de façon accélérée pendant la pandémie, Loving Her fait par ailleurs partie des rares séries à oser intégrer subtilement la crise sanitaire à son intrigue. Adaptée de la web-série néerlandaise Anne+, elle a aussi été pensée par deux femmes lesbiennes (la scénariste Marlene Melchior et la réalisatrice Leonie Krippendorff).
Elles ont le grand mérite de rappeler que finalement, on retrouve dans les relations lesbiennes exactement les mêmes problèmes que chez les hétérosexuels. Cela n'a l'air de rien, mais dans des sociétés qui associent toujours les mêmes clichés à l'homosexualité, souligner la normalité voire la banalité de ces relations ne fait jamais de mal.
Et ce n'est pas terminé, puisqu'une deuxième saison est déjà prévue.

Loving Her épisodes 1 à 6, disponibles sur CANAL+.



