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Possessions, un thriller mystique en Israël, pays hanté par ses démons

La nouvelle Création Originale Possessions se déroule en Israël, pays complexe et fracturé. À voir dès maintenant sur CANAL+.

Possessions, production franco-israélienne, se déroule en Israël, et ce n’est pas tout à fait anodin. On y entre dans l’intimité d’une famille française expatriée à Tel Aviv, partagée entre deux cultures.

Là-bas, Natalie (Nadia Tereszkiewicz), la benjamine de la famille, doit se marier avec Eran (Imri Biton), son fiancé israélien. Dès le début, quelque chose cloche. La mère de la mariée, Rosa (Dominique Valadié), arcboutée sur ses principes et très portée sur les croyances religieuses juives, ne semble pas approuver l’union.

Très vite, le malaise s’installe. Le meurtre du mari, en pleine cérémonie, ne va pas arranger les choses. Et même faire ressortir d’anciens démons.

Cette famille, dont la fille est accusée d’avoir assassiné son époux, va se retrouver confrontée à la justice de son pays d’accueil.

Tout comme Karim (Reda Kateb), agent consulaire français envoyé à la rescousse de Nathalie. Lui-même est d’origine algérienne, et ici, on le lui rappelle sans cesse. Il apprend l’hébreu et essaie de comprendre les codes de ce pays à l’histoire tourmentée, comme les personnages.

Tous deux étrangers, Karim et Nathalie se retrouvent dans une terre traversée par des rites et traditions qui les dépassent. La mère, Rosa, et sa meilleure amie (Ariane Ascaride), qui ont grandi à Djerba, les maîtrisent. Avec elles, un autre monde, aussi inquiétant que fantastique, se laisse entrapercevoir.

Comme la complexité de ce pays fracturé, où de nombreuses communautés tentent de cohabiter. Avec plusieurs populations vivant côte à côte, sans s’occuper des affaires des unes et des autres. « Dès que la merde remonte chez vous, vous rappliquez chez nous. Mais seule votre merde vous intéresse. Ce qui se passe chez les Bédouins, reste chez les Bédouins », dit d’ailleurs une femme à Esti (Noa Koler), la flic israélienne chargée de l’enquête.

Ce contexte de fracture identitaire pèse sur tous les personnages : le choc des cultures est violent, entre le duo d’enquêteurs israéliens, cartésiens, et la famille de Nathalie. Comme les tensions entre la France et Israël, soulignées par l’arrestation de « la petite Française », dans cette série où l’on parle aussi bien français qu’hébreu.

Cernés par le désert, comme dans un western noir, les personnages, à Beersheva, au sud du pays, ou même à Ramallah en Cisjordanie, sont aliénés et confrontés à eux-mêmes, voire au « dibbouk », un encombrant démon. Acculés, ils cèdent à la paranoïa.

Dans ces paysages immenses et écrasés par la lumière, comme hantés, et sublimés par la mise en scène de Thomas Vincent, ils étouffent. À commencer par la sœur de la mariée, la révoltée Jessica (Aloïse Sauvage). La mariée elle-même aussi, bien sûr, jeune femme évoluant dans une société conservatrice, qui doit épouser les codes du milieu bourgeois de son mari. Sans oublier la policière, Esti, forcée de jouer des coudes face à ses collègues masculins.

Dans ce maelstrom étouffant, chacun a bien du mal à trouver sa place, et s’interroge. Peut-on s’extirper des traditions ? Se libérer de la famille et des liens ? À quel moment l’amour se transforme en possession ? Et d’ailleurs, qui possède qui ? À travers cette enquête tortueuse, on appréhende une partie de la complexité d’un pays, qui ne cesse, lui-même, d’être hanté par son histoire.

Possessions, Création Originale, une série franco-israélienne de 6 épisodes de 52 minutes, disponible maintenant sur CANAL+.