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Prisoner, une série carcérale suffocante de réalisme

Présentée en compétition au festival CANNESERIES, cette nouvelle production danoise choisit le point de vue du personnel pénitentiaire pour montrer la réalité des prisons dans le pays. Un parti pris original qui permet à Prisoner de se démarquer des séries carcérales les plus caricaturales.

Loin des clichés

Les agents pénitentiaires exercent un métier que l’on qualifiera poliment de difficile. Chaque jour, ils sont en contact avec ceux que la société ne veut pas voir, et la plupart du temps, ils travaillent avec des moyens insuffisants pour y faire face.

Loin des clichés véhiculés par certaines fictions, c’est la violence de ce quotidien que raconte Prisoner, en suivant quatre agents assignés à un centre de détention tellement délabré qu’il menace d’être fermé.

Le message de la hiérarchie est clair : s’ils ne veulent pas se retrouver rapidement au chômage, nos quatre matons ont trois mois pour faire cesser toutes les activités illégales qui gangrènent la prison.

Des étincelles à tous les étages

Le problème, c’est que les activités en question structurent évidemment toutes les relations de la prison, et que certains gardiens comme l’expérimenté Henrik préfèrent fermer les yeux pour avoir la paix. Il va donc y avoir des étincelles à tous les étages, notamment avec Sammi, un nouveau venu beaucoup trop consciencieux au goût des caïds de la prison.

Heureusement pour lui, il fait aussi la connaissance de Miriam, une gardienne qui ne supporte plus les petits arrangements de certains avec la loi et leur façon de traiter les détenus. Prisoner n’hésite pas à montrer la réalité sociale très dure des prisons danoises, conséquence de politiques qui regardent de plus en plus du côté de l’extrême droite.

Plus qu’une série carcérale

Filmée dans un style réaliste ultra nerveux – et avec une ancienne prison pour décor, irrespirable –, la série ne cache rien non plus de la violence de l’univers carcéral, pas franchement édulcorée, à la manière de la récente Time (CANAL+).

Mais Prisoner peut surtout se reposer sur la présence de Sofie Gråbøl, (l’inoubliable inspectrice aux pulls si particuliers dans The Killing, vue aussi dans The Undoing ou Fortitude), brillante en gardienne secouée par les graves problèmes de son fils.

Eh oui, dans Prisoner, les personnages en liberté ont tous une vie compliquée aussi, et c’est ce qui lui permet de dépasser son statut de série carcérale pour regarder en face les difficultés de la société danoise dans son ensemble.

Prisoner épisodes 1 à 6 sur POLAR+, disponible avec CANAL+.