The Middle, le secret le mieux gardé de la sitcom américaine
Passée un peu inaperçue lors de sa diffusion entre 2009 et 2018, la série sur une famille de classe moyenne et dysfonctionnelle de l’Indiana est désormais disponible en intégralité sur CANAL+. L’occasion de découvrir enfin la douce folie qui habite The Middle, une des sitcoms les plus intelligentes des dernières années.
Des Américains moyens
Toute la promesse de The Middle tient dans son titre. La série prend place au milieu de nulle part, dans l’Etat très rural et conservateur de l’Indiana – c’est celui de l’ancien vice-président Mike Pence –, réputé pour sa culture du maïs. Pour le dire plus crûment, The Middle s’intéresse à ces ruraux que les citadins des côtes Est et Ouest des Etats-Unis considèrent souvent comme des ploucs.
La série met donc en scène une famille typique de la classe moyenne américaine, avec trois enfants et des parents qui tentent tant bien que mal de maintenir un semblant de cohésion. Le mari (Mike) est un type fiable mais plus doué pour s’exprimer avec une franchise désarmante que pour montrer à sa femme qu’il l’aime. Cette dernière (Frankie) est la vraie héroïne de la série puisqu’elle gère en gros tous les tracas liés aux enfants en plus de son job de vendeuse de voitures dans une concession automobile.

Une fratrie chaotique
Et ces trois enfants, il faut se les coltiner. L’aîné (Axl) est un adolescent typique, caractérisé par son hygiène douteuse, sa fainéantise et son manque d’envie d’adresser la parole à ses parents. Mais les deux autres sont clairement les plus réjouissants de la fratrie, en commençant par la désopilante Sue, l’enfant du milieu qui n’a aucun talent et rate tout mais ne perd jamais son enthousiasme.
Enfin, il y a le petit dernier, Brick, un jeune prodige dont le comportement totalement erratique alimente une grande partie des scènes comiques de la série. La famille vit dans un pavillon de banlieue typique, mais pas aussi classe que dans Desperate Housewives : ici, la maison est sale et tombe en lambeaux sous les coups de boutoir des enfants que les parents n’ont pas le temps, l’envie ou l’argent de réparer.

Une sitcom en avance
Née en pleine crise des subprimes en 2009, The Middle évoque avec humour les ravages de la crise économique sur la classe moyenne inférieure : Frankie est toujours sous la menace de perdre son emploi, et le couple a du mal à joindre les deux bouts. Autrement dit, The Middle est une sitcom intelligente qui ne rit pas aux dépens de ses personnages mais avec ces derniers, et cela fait toute la différence avec un humour de classe.
Derrière l’aspect loufoque des situations, la série était aussi assez en avance sur son temps, car elle illustrait clairement et dès sa première saison la charge mentale des femmes – épuisées entre leur job, les tâches ménagères et l’éducation des enfants dont elles ont l’essentiel de la charge au quotidien –, à une époque où cette problématique était inexistante dans les médias. Et beaucoup de femmes peuvent malheureusement se reconnaître dans le personnage de Frankie, qui culpabilise en pensant être une mauvaise mère après avoir balancé un petit-déjeuner congelé puis un dîner de fast-food à sa famille.
Ce personnage aussi hilarant qu’attachant est interprété par Patricia Heaton, la Debra Barone de Tout le monde aime Raymond, tandis que son mari est incarné par Neil Flynn, le célèbre concierge de Scrubs (Disney+). Mention spéciale aussi à Eden Sher, exceptionnelle dans le rôle malaisant de Sue après avoir été révélée dans Weeds (CANAL+), et Atticus Shaffer, qui joue son petit frère encore plus étrange qu’elle.
En conclusion, si vous avez déjà fait le tour de Malcolm (Disney+), essayez The Middle, car elle n’a presque rien à lui envier.

The Middle saisons 1 à 9, disponibles sur CANAL+.



