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Formule 1 : Qui est Isack Hadjar, vice-champion de Formule 2 et nouveau pilote chez Racing Bulls ?

Isack Hadjar deviendra le 72e pilote français de l’histoire de la Formule 1. Après une très belle saison en Formule 2, le Parisien de 20 ans et membre de la Red Bull Junior Team va enfin découvrir l’élite, chez Racing Bulls. Une finalité heureuse, après un parcours indécis. 

Formule 1

Triste en Formule 2 mais heureux en Formule 1. Le dimanche 8 décembre, Isack Hadjar s’élançait pour la dernière course de la saison, à Abu Dhabi. Une épreuve décisive pour le titre de champion de F2, alors que 4,5 petits points le séparait du leader Gabriel Bortoletto. Au départ de la course, Hadjar (3e sur la grille) calait tout en voyant son rival prendre la tête de la course. Le Français avait pu repartir, mais avec 2 tours de retard, l’issue était déjà connue. Gabriel Bortoleto, lui aussi titulaire en Formule 1 l’an prochain avec Sauber, remportait alors le championnat du monde Formule 2, devant un Isack Hadjar en détresse face à ce qui lui arrivait.

Pas de quoi déchanter, puisque l’an prochain, le Français fera partie de la grille officielle du championnat du monde de Formule 1. Membre de la Red Bull Junior Team depuis 2022, le natif de Paris sera titulaire chez Racing Bulls, aux côtés de Yuki Tsunoda, a annoncé l'écurie. 

Lire aussi : La grille complète pour la saison 2025 de Formule 1

De Cars à la Formule 3, un parcours précoce

Comme tout gamin de la génération 2000, Isack Hadjar a été bercé par les films Pixar, et notamment la saga Cars. Dessin animé qui lui a transmis la passion du sport automobile, au même titre que son père, pilote amateur de karting. Très vite, le jeune Isack intègre une école de pilotage, en région parisienne, et après quelques années, se fait repérer par la FFSA (Fédération Française de Sports Automobiles). Malgré une certaine précocité dans ses compétences, la croissance du Parisien l'empêche de faire l’unanimité.

« On était obligé de changer le pédalier pour qu’il puisse atteindre les deux pédales correctement », expliquait Christophe Lollier (Directeur Technique National de la FFSA). Mais pour le principal intéressé, « c’est la routine ». En 2018, il rejoint même le championnat d’Europe en junior, et fait mieux qu'un certain Jak Crawford (concurrent en F2 en 2024).

Avec la Fédé, Isack Hadjar monte pour la première fois dans une monoplace en 2019, à l’occasion du championnat de France de Formule 4, en 2019. Seulement 6e du classement à l’issue de la saison (3e en catégorie junior), Hadjar remporte tout de même le trophée Winfield sur le circuit Paul Ricard, et ce, à 14 ans. Le prodige enchaîne ensuite avec une 2e saison en F4 nationale, et obtient la 3e place. Ses 2 victoires et 5 podiums lui permettront de découvrir la catégorie supérieure en Asie et en Europe l’année suivante.

Le « Petit Prost » de Red Bull

Pour préparer sa saison en championnat d’Europe de Formule 3, Isack Hadjar va participer à la F3 asiatique, où il s’opposera à des pilotes plus expérimentés, comme Zhou Guanyu. Sur le Vieux Continent, le Français brille et s’offre une belle victoire sur sprint à Monaco. Un succès non sans conséquence, puisqu’il se voit offrir le soir même une proposition qui changera sa carrière : rejoindre la Red Bull Junior Team à partir de 2022.

Helmut Marko, conseiller de Max Verstappen, a lui-même insisté pour intégrer le Parisien au programme de développement RB. De son petit gabarit, Hadjar en ressort avec un surnom élogieux donné par le dirigeant autrichien : « le Petit Prost ». « Quand je l’ai rencontré pour la première fois, se targuait Helmut Marko, je me suis dit qu’un jeune Prost arrivait. Il réfléchit avant de répondre, il a un bon sens de l’humour et, pour le moment, il est moins politique que l’était Prost ».

Aux côtés de Guillaume Rocquelin, ingénieur lors des 4 titres de Sebastian Vettel, le Francilien découvrira les catégories supérieures. Il signera chez Hitech et pilotera d’abord en F3, à nouveau, avec une honorable 4e place en 2022. L’année suivante, toujours avec l’écurie britannique, il découvrira le F2 pour la première fois. Cependant, l’antichambre de la catégorie reine lui aura demandé de la patience.

Enfin en Formule 1, après des années d'apprentissage

Obtenir l’un des 20 sésames les plus prisés du sport automobile, un baquet en Formule 1, aura été un réel défi pour Isack Hadjar. Il semblait déjà proche de rejoindre l’élite, plus tôt dans sa carrière. Sous les couleurs de Hitech, le Parisien se fixait comme objectif d’impressionner ses pairs, et notamment Helmut Marko. Mauvais timing, l’année 2023 ne fut pas une franche réussite. Seulement 14e du championnat de F2, Hadjar ne comptabilisait qu’une petite victoire à Zandvoort. Succès qui ne lui rapportait aucun point, la voiture de sécurité étant intervenue dès le 1er tour.

Cependant, lors de cette saison difficile, Hadjar touchait la Formule 1 du bout des doigts. À Mexico, le jeune pilote participait aux essais libres dans le baquet d’une Alpha Tauri. Partager la piste avec Lewis Hamilton, son idole, était un rêve... Mais ce dernier n’était pas concrétisé. Nouveau départ, nouvelle équipe. Pour 2024, Hadjar rejoint l’écurie Campos, pourtant 9e au championnat la saison précédente. Avec « plus que quiconque sur la grille en Formule 2 », l’envie est de rejoindre l’élite pour 2025. Mais, l’année débute assez mal pour le Franco-Algérien. Contraint d’abandonner sur les deux premiers Grands Prix (Bahreïn et Arabie Saoudite), Hadjar aborde l’Australie avec, déjà, 50 points de retard sur le leader (Zane Maloney).

Par la suite, Hadjar enchaîne avec une belle victoire à Imola et une séquence virale à Monaco. Lors des qualifications, à Monte-Carlo, le Français est élancé à toute vitesse dans le tunnel avant d'esquiver de peu Ritomo Miyata sur la piste. Arrivé second à la course principale, il remportera tout de même deux autres courses (Silverstone et Spa-Francorchamps) et pointera à la première place du classement avant la trêve estivale.

La fin de saison fut moins enchantée, à cause notamment des belles performances de Gabriel Bortoleto, son principal concurrent. Tout se jouait alors lors du dernier Grand Prix, à Abu Dhabi, mais au départ, sa monoplace calait. Vice-champion du monde de Formule 2 en 2024, Isack Hadjar écrira son avenir en Formule 1. Ce vendredi 20 décembre, Red Bull a officialisé la titularisation, à partir de 2025, du Français chez Racing Bulls, aux côtés de Yuki Tsunoda. Après des années d'apprentissage, de hauts et de bas, le prodige parisien va enfin découvrir la Formule 1et piloter aux côtés de ses idoles, Lewis Hamilton et Max Verstappen. 

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