Sur les traces de NINO : dans quels quartiers de Paris a été tourné le César du Meilleur premier film ?
Révélation de NINO, premier long métrage de Pauline Loquès présenté en compétition à la Semaine de la Critique en 2025, l’acteur québécois Théodore Pellerin y incarne un jeune homme confronté brutalement à la maladie. Un rôle tout en retenue qui lui a valu le César du meilleur espoir masculin tout récemment et qui nous invite à parcourir Paris autrement. À découvrir en ce moment sur CINE+OCS.
Un Paris loin des cartes postales
Dans NINO, le héros éponyme (campé par le génial Théodore Pellerin) apprend qu’il est atteint d’un cancer. Sous le choc, il traverse Paris pendant vingt-quatre heures, de rencontres imprévues en moments suspendus. Sa déambulation le mène dans des quartiers qui sont bien loin des images d’Épinal sur lesquelles fantasme souvent le cinéma. NINO a en effet été tourné dans les quartiers de Belleville et de Ménilmontant, au gré de rues calmes, de cafés de quartier, de places discrètes où la capitale se montre sous un autre jour.
Théodore Pellerin, qui avait déjà joué à Paris pour ses rôles du marquis de La Fayette dans FRANKLIN, avec Michael Douglas, et de Jacques de Bascher dans BECOMING KARL LAGERFELD, deux séries qui se déroulent en partie dans la capitale, a abordé ici une autre de ses facettes. « Dans NINO, c’est un autre Paris – actuel, loin de la carte postale, qui se rapproche plus de ce que je considère comme le vrai Paris », explique l’acteur. « C’est celui de Pauline Loquès, la réalisatrice, son quartier, ses rues… Le Paris qu’elle aime, dans lequel elle se reconnaît. Le film m’a permis de redécouvrir la ville à travers Nino. Ça a été beaucoup plus doux, davantage à échelle humaine. »
« Ici, je ne pouvais pas jouer »
Dans NINO, Paris est donc un personnage à part entière, une terre d’accueil pour ce jeune homme en plein doute. Les lieux et les visages qu’il croise – parmi lesquels de savoureux personnages interprétés par William Lebghil, Salomé Dewaels ou Jeanne Balibar – nourrissent son cheminement intérieur. Un principe de mise en scène qui reposait sur la simplicité du jeu et sur une grande confiance dans les situations filmées. « Ce que Pauline m’a le plus dit en amont du tournage, c’est de ne rien faire, de simplement être là », raconte Théodore Pellerin.
« Nino est un personnage dénudé, qui se laisse porter par les autres, par la ville ; ce n’est pas du tout un personnage qui joue. J’ai incarné beaucoup de personnages qui mettent un costume, qui jouent pour traverser le monde, pour survivre, pour s’affirmer, pour créer… Ils m’intéressent, mais disons qu’ici, je ne pouvais pas jouer. » Un lâcher-prise qu’accompagne une bande-originale géniale, où l’on entend notamment les Fontaines D.C., et qui donne envie d’aller faire un tour du côté de Belleville et Jourdain après avoir été saisi par ce si sensible premier film.
