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22 minutes d’ovation : ce film choc tiré d’un fait réel met K.O. la Mostra de Venise 2025

Ce mercredi 3 septembre, un silence lourd a soufflé sur la 82ᵉ Mostra de Venise. THE VOICE OF HIND RAJAB, docu‑fiction de la cinéaste franco‑tunisienne Kaouther Ben Hania, a plongé Venise dans le chaos avant d’arracher une ovation de plus de vingt minutes, la plus longue de cette édition. Le film revient sur le sort tragique de Hind Rajab, une fillette de cinq ans tuée à Gaza lors d’une frappe en janvier 2024, et interroge la capacité du cinéma à donner une voix aux sans‑voix.

THE VOICE OF HIND RAJAB : le choc de la compétition à Venise

Dès les premières images, on comprend que THE VOICE OF HIND RAJAB ne ressemble à aucun autre film présenté cette année sur le Lido. Kaouther Ben Hania, déjà remarquée pour LES FILLES D'OLFA en 2023 (César du meilleur documentaire), mélange fiction et documents sonores authentiques pour raconter la dernière nuit d’Hind Rajab. La fillette, en fuite avec six membres de sa famille à Gaza, se retrouve coincée sous les tirs et appelle désespérément les secours.

Les véritables enregistrements de ses appels au Croissant‑Rouge palestinien, dans lesquels on l’entend répéter « J’ai peur, venez », rythment le récit. Pour rendre cette réalité palpable, la réalisatrice choisit de suivre les opérateurs du Croissant‑Rouge, hantés par l’impuissance qui les saisit à chaque seconde qui passe.

La projection à Venise a bouleversé le public. Des journalistes et des spectateurs en larmes ont applaudi pendant plus de vingt minutes lors des deux projections presse - du jamais vu ici. Des cris de « Free Palestine » ont retenti dans la salle, tandis que Ben Hania et ses comédiens, vêtus de noir, tenaient le portrait d’Hind Rajab sur le tapis rouge. La cinéaste a expliqué devant la presse qu’elle avait voulu « donner un visage et une voix » à ceux que l’on réduit trop souvent à des « dommages collatéraux ».

Le futur Lion d'Or ?

Au‑delà de l’émotion suscitée par la tragédie réelle et le contexte géopolitique actuel, le film questionne la responsabilité des États et des médias. Il rappelle que l’IDF a d’abord nié la présence de ses soldats sur la zone avant qu’une enquête de l’ONU ne remette en cause cette version. Kaouther Ben Hania insiste sur la nécessité de raconter cette histoire alors que les morts à Gaza sont souvent relégués à des statistiques. « La voix d’Hind dépasse son propre drame, elle est celle de Gaza qui crie à l’aide », a déclaré l’actrice Saja Kilani lors de la conférence de presse à Venise.

Rooney Mara et Joaquin Phoenix, producteurs, sont venus défendre le projet à Venise aux côtés de l'équipe. En mêlant la rigueur du documentaire et la puissance émotionnelle de la fiction, THE VOICE OF HIND RAJAB propose un dispositif qui rappelle CHERNOBYL ou UNITED 93 : le spectateur sait que le drame est inéluctable, mais reste suspendu à chaque respiration du récit.

La réception exceptionnelle du film en dit long sur l’impact de l’œuvre et sur les attentes autour du palmarès : certains voient déjà dans le film un favori pour le Lion d’Or. Et peut-être même pour les futurs Oscars.

THE VOICE OF HIND RAJAB prochainement au cinéma.