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Avec ANGEL OF MINE, Noomi Rapace rappelle qu’elle appartient à la cour des grandes

Posté par Alexis Lebrun le 4 janvier 2021
Ce thriller haletant de la réalisatrice australienne Kim Farrant (2019) est l’occasion pour l’actrice suédoise de montrer une nouvelle fois toute l’étendue de son talent, dans un face-à-face glaçant sur la descente dans la folie d’une mère en deuil.
Le remake d’un film français

ANGEL OF MINE raconte l’histoire d’une mère (Lizzie) hantée par la mort de sa fille, un traumatisme qui fait de sa vie un enfer depuis des années. Cette disparition a fait exploser son mariage, et après un internement prolongé en hôpital psychiatrique, elle se comporte toujours très anormalement, ce qui sabote ses rares rencards, et menace de lui faire perdre son emploi et la garde partagée de son fils. Ce n’est déjà pas la grande forme, mais Lizzie bascule complètement lorsqu’elle rencontre par hasard la fille d’un couple, dont elle a l’intime conviction qu’il s’agit de son enfant disparu.

Elle commence à trouver des prétextes auprès de la mère de la petite fille (Yvonne Strahovski) pour passer du temps avec elle, dans des scènes de plus en plus tendues où l’on se demande si le harcèlement est la pire chose dont ce personnage devenu incontrôlable est capable. Si ce synopsis vous dit quelque chose, c’est normal : ANGEL OF MINE est en fait un remake de L’EMPREINTE (Safy Nebbou, 2008), un bon film français dans lequel la mère perturbée était jouée par Catherine Frot et faisait face à Sandrine Bonnaire.

L’ascension de Noomi Rapace

S’il y a bien une raison de regarder ANGEL OF MINE, c’est la performance d’actrice impressionnante de l’actrice suédoise. Habituée des rôles de femmes qui sortent des normes, elle réussit cette fois à incarner une mère endeuillée extrêmement troublante pour le spectateur, constamment partagé entre les sentiments de peur et de pitié envers elle. Elle parvient avec une grande aisance à nous faire éprouver de l’empathie pour ce personnage malsain mais détruit, et même à nous faire douter de la vérité, voire de la folie que tout le monde lui colle à la peau. Et pour ne rien gâcher, Noomi Rapace trouve avec Yvonne Strahovski l’adversaire idéale. L’actrice australienne devenue une star avec la série THE HANDMAID’S TALE (2017) livre elle aussi une prestation sans faute, dans le rôle opposé de la mère protectrice à la vie en apparence parfaite. Mais elle ne peut pas voler la vedette à Noomi Rapace, qui tire le film vers des hauteurs inespérées. Pouvait-il en être autrement avec cette actrice ?

En 2009, Noomi Rapace a 30 ans, et elle est inconnue du grand public, puisqu’elle joue alors essentiellement dans des séries qui passent rarement les frontières de son pays. Mais tout change lorsqu’elle est choisie pour incarner l’héroïne Lisbeth Salander dans l’une des adaptations au cinéma de la trilogie littéraire suédoise MILLENIUM, signée Stieg Larsson. Elle joue ce rôle trois fois de suite entre 2009 et 2010 dans les films de Niels Arden Oplev et Daniel Alfredson, qui existent également sous la forme d’une mini-série en six épisodes. Après sa prestation qui n’a rien à envier à celle de Rooney Mara dans l’adaptation américaine de MILLENIUM par David Fincher sortie en 2011, Noomi Rapace voit toutes les portes s’ouvrir devant elle à Hollywood, puisqu’elle tourne notamment dans SHERLOCK HOLMES : JEU D’OMBRES (Guy Ritchie, 2011), PROMETHEUS (Ridley Scott, 2012), ou encore PASSION (Brian de Palma, 2012).

La grande lignée des actrices suédoises

Si Noomi Rapace est sans doute aujourd’hui l’actrice suédoise en activité la plus connue, elle est loin d’être la seule représentante de son pays à avoir séduit Hollywood. Même si elle est née quelques années après, Alicia Vikander s’est révélée à peu près en même temps et ce dès son premier rôle dans PURE (Lisa Langseth, 2010), avant de briller dans EX MACHINA (Alex Garland, 2015) puis DANISH GIRL (Tom Hooper, 2016), film qui lui rapporte un Oscar et le rôle de Lara Croft dans le reboot réussi de TOMB RAIDER (Roar Uthaug, 2018). Dans la même génération, il faut aussi citer Rebecca Ferguson, découverte dans la mini-série THE WHITE QUEEN (2013), et habituée désormais à jouer avec Tom Cruise dans la saga MISSION IMPOSSIBLE, depuis l’épisode ROGUE NATION (Christopher McQuarrie, 2015). On la retrouvera cette année dans l’adaptation très attendue de DUNE signée Denis Villeneuve. Quant à Malin Åkerman, tout le monde se souvient d’elle pour son incarnation de Silk Spectre II dans le film WATCHMEN (Zack Snyder, 2009), et elle fait partie du casting de la série BILLIONS (2016) depuis ses débuts.

Mais Noomi Rapace s’inscrit sans doute davantage – et toutes proportions gardées – dans la lignée de deux des actrices suédoises les plus mythiques de l’âge d’or d’Hollywood : Ingrid Bergman (CASABLANCA de Michael Curtiz, 1942) et Greta Garbo (NINOTCHKA de Ernst Lubitsch, 1939). Enfin, parmi les autres actrices suédoises de légende ayant précédé Noomi Rapace, il est impossible de ne pas mentionner Ingrid Thulin, icone du cinéma d’Ingmar Bergman ; Anita Ekberg, l’inoubliable Sylvia dans LA DOLCE VITA (Federico Fellini, 1960) ; l’artiste Ann-Margret, considérée comme la version féminine d’Elvis, encore en activité et dont la carrière d’actrice dure depuis six décennies ; la star des années 1960 et 1970 Britt Ekland, actrice dans le cultissime LA LOI DU MILIEU (Mike Hodges, 1971) ; ou encore Lena Olin, qui après avoir travaillé avec Bergman, Pollack ou Lumet, s’est aussi tournée vers des séries acclamées comme ALIAS (2001). Une chose est sûre : la Suède n’a pas fini de truster les premiers rôles au cinéma, mais avec des actrices du niveau de Noomi Rapace, qui s’en plaindra ?

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