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Avec Le Procès Goldman Cédric Kahn dissèque la justice française

Retour sur un fait-divers historique

“Un vieux fantasme de film de procès” : c’est ainsi que Cédric Kahn explique son désir de s'intéresser à l’histoire de Pierre Goldman, militant d’extrême gauche accusé en 1970 du meurtre de deux pharmaciennes. Dans son dernier long métrage, le réalisateur revient sur cette affaire extrêmement médiatisé qui scinda la France en deux : Pierre Goldman était-il coupable et fin menteur ou innocent et victime d’une erreur de justice ?

Alors que le verdict divise encore aujourd’hui, Cédric Kahn, lui, ne cherche pas à trancher, et se concentre plutôt sur la façon dont les différentes parties s’affrontent ; car, faute de preuves, c’est avant tout sur la parole que repose Le Procès Goldman. Le réalisateur transpose ainsi à l’écran l’éloquence provocante de Pierre Goldman et nous enferme avec ses personnages dans le Tribunal d’Amiens le temps d’un huit-clos étouffant . Le tout avec une mise en scène virtuose qui a d’ailleurs valu au réalisateur de nombreuses nominations aux Césars.

Le procès, rien que le procès

Affaire complexe, le cas de Pierre Goldman interroge aussi le fonctionnement des tribunaux français. Cédric Kahn l’assume : il n’était pas question d’explorer la psychologie de l’accusé, mais bien celle du procès en lui-même. “Le sujet ce n’est pas Goldman, c’est la justice” résume-t-il. “C’est un match de parole, c’est vertigineux et c’est propre au système français”.

Exit les détails concernant la vie antérieure de Goldman ; on ne saura par exemple presque rien de son premier procès en 1969 ni de son assassinat, dans des circonstances troubles, en 1979. “Je n’aime pas les biopics” avoue le réalisateur. “Je trouve qu’un film ça doit être un angle, un moment”. 

La justice comme cinéma

Jurés, président, avocats… LE PROCÈS GOLDMAN fait aussi la part belle aux autres acteurs de l'affaire et à leur rôle sur la scène judiciaire. Cédric Kahn s’est notamment intéressé au personnage complexe de George Kiejman, célèbre avocat de l’accusé alors au début de sa carrière, qui se débat comme il peut avec le caractère de son client. 

“Je suis très touché par les avocats, par leurs doutes, leur façon de fabriquer du point de vue” confie Cédric Kahn. “Pour moi, ce sont presque des metteurs en scène : ils sollicitent notre imaginaire”. Pour incarner le rôle de Kiejman, le réalisateur a d’ailleurs choisi Arthur Harari, qui n’est autre que… Le scénariste d’ANATOMIE D'UNE CHUTE, autre film à procès français de l'année. Un clin d'œil cinématographique comme on les aime.

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