CLEAN : il ne faut pas chercher des noises à Adrien Brody !

Posté par Alexis Lebrun le 10 mai 2022
Échappé de la filmographie de Wes Anderson, le plus jeune lauréat de l’Oscar du meilleur acteur, et seul acteur étranger a avoir remporté le César du meilleur acteur, s’essaye pour la première fois au scénario dans cette série B sanglante, dont il signe aussi la bande-originale.
Nettoyage hivernal

L’anti-héros incarné par Adrien Brody dans CLEAN (Paul Solet 2021) n’a pas de vrai nom. Appelé "Clean" par tout le monde, cet éboueur solitaire et taiseux arpente la nuit les quartiers sales et enneigés d’une ville sinistre située dans l’Etat de New York, en pestant contre la déliquescence du coin – et si cela vous rappelle un petit film de Martin Scorsese sorti en 1976, c’est parfaitement normal. Le bonhomme tente bien de réaliser quelques bonnes actions au quotidien avec les habitants, mais il n’a pas vraiment le profil du bon samaritain. Clean est hanté par un passé violent de criminel, et surtout par la perte de sa fille. En quête de rédemption, il se met en tête de protéger coûte que coûte une jeune ado du coin (Dianda) qui lui rappelle inévitablement sa progéniture.

Et comme les menaces ne manquent pas, la malheureuse se retrouve vite visée par des ordures de la pire espèce, notamment un chef de gang joué par un visage incontournable des rôles menaçants, Glenn Fleshler, connu pour avoir notamment été le grand méchant de la saison 1 de TRUE DETECTIVE (Nic Pizzolatto, 2014). Ce danger permet à Clean de faire ce qu’il sait faire de mieux, à savoir exploser les mâchoires de ses ennemis et refaire la peinture des murs. On n’attendait pas forcément Adrien Brody dans ce registre, mais il se glisse aisément dans la peau de son personnage en exécutant fort bien les scènes d’action très viscérales du film, mais aussi en marmonnant dans sa barbe qui bouffe la moitié de son regard vide. Certes, dans le long-métrage précédent du réalisateur américain – BULLET HEAD (2017) –, Adrien Brody devait déjà affronter un gros chien enragé, mais l’intensité physique du rôle n’avait rien à voir avec celle de CLEAN.

Des références assumées

En tant que new-yorkais, l’acteur oscarisé et césarisé en 2003 pour LE PIANISTE (Roman Polanski, 2002) a pu s’offrir le plaisir d’écrire sa propre variation sur le thème indémodable de TAXI DRIVER, et le film comme le personnage qu’il incarne font plus d’une référence au bon vieux Travis Bickle joué par Robert De Niro. CLEAN évoque aussi tout de suite le souvenir récent de NOBODY (Ilia Naïchouller, 2021), dans lequel Bob Odenkirk s’éclatait en bon père de famille secrètement capable de dézinguer tout le monde comme une vraie machine à tuer. Le film était d’ailleurs produit par David Leitch, coréalisateur du premier film de la saga JOHN WICK (2014) avec Keanu Reeves, une autre influence évidente de CLEAN.

Et dans un style très différent, le long-métrage de Paul Solet peut aussi rappeler les explosions de violence de Ryan Gosling dans le fantastique DRIVE (Nicolas Winding Refn, 2011), où l’acteur canadien passait également ses nuits au volant au milieu de la pègre, avant de prendre sous son aile une jeune mère et son fils. À propos de maternité, il faut rappeler enfin que la meilleure réalisation de Paul Solet reste de loin le film d’horreur GRACE (2009), qui avait causé quelques évanouissements à sa sortie à Sundance, avec son histoire de mère dont l’enfant mort-né ressuscité risque de changer à jamais votre vision de l’allaitement. Une autre manière de dire que le réalisateur américain maîtrise les effusions de sang, ce qu’il prouve une nouvelle fois avec CLEAN.

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Toutes les vidéos cinéma, films et émissions sont disponibles sur myCANAL

Suivez Cinéma Canal+ sur :

Facebook

Twitter

Instagram