Clint Eastwood, éternelle tête de Mule

Posté par Rosario Ligammari le 17 Octobre 2019
Clint Eastwood est un mythe vivant. A quatre-vingt-neuf ans, le réalisateur et acteur américain pourrait prendre sa retraite. Il n'en est rien. Avec La Mule, il revient pour la première fois (si l'on peut dire) depuis Grand Torino à la fois devant et derrière la caméra. Bonne nouvelle : il est plus en forme que jamais.
Une légende du western

Pour paraphraser le film avec John Wayne (sorti en 1976 et réalisé par Don Siegel), Clint Eastwood pourrait bien être « le dernier des géants ». Il aura quatre-vingt dix ans en 2020. Quatre-vingt dix ans. Il est difficile de résumer en quelques lignes celui qu'on reconnaît à son simple prénom – amusant pour celui qui a connu le succès en étant « l'homme sans nom » (dans la fameuse trilogie du dollar).

Mais on peut dire une chose : Clint, culte de son vivant, a tout fait. Il est – et restera – avant tout une figure du western (autant que John Wayne), à travers les films de Sergio Leone (Pour une poignée de Dollars en 1966, Et pour quelques dollars de plus en 1966, Le Bon, la Brute et le Truand en 1968) jusqu'à son propre film Impitoyable (1992). Pour l'anecdote, période Sergio Leone, Sophia Loren le considérait comme « la plus grande star masculine de l'Italie » – pas mal pour un Américain.

Réalisateur de classiques

Dans les années 70 et 80, Clint Eastwood a interprété à cinq reprises un flic devenu culte : L'Inspecteur Harry. Son .44 Magnum a fait l'objet d'une multitude de clins d’œil dans la pop culture – ce qui ne veut pas dire pour autant que l'homme aux méthodes peu orthodoxes s'efface derrière l'arme, bien au contraire. Le monde du polar bien noir lui appartient en tant que réalisateur, avec des films comme Minuit dans le jardin du bien et du mal (1998) ou Mystic River (2003).

Néanmoins, en tant que réalisateur autant qu'en tant qu'acteur, Clint Eastwood n'a pas été seulement dur ou dingue – pour faire allusion cette fois-ci à la comédie Doux Dur et Dingue (James Fargo, 1978) dans laquelle il incarne Phillo Bedoe, un camionneur féru de castagne. Quand il est passé derrière la caméra pour réaliser des mélodrames, cela a donné Sur la route de Madison (1995), l'un des films les plus poignants de l'histoire du cinéma. Quant à son déchirant Million Dollar Baby (2005), il contient une séquence inoubliable dans laquelle le soi-disant bloc d'insensibilité se cache les yeux pour pleurer.

On n'oublie pas non plus sa tentative dans le biopic (sur Charlie Parker dans Bird en 1988) ou même dans la comédie de science-fiction avec Space Cowboys (2000). Tout cela pose cette constatation à propos de la filmographie de Clint Eastwood : la plupart de ses films, emprunts d'un certain classicisme, sont devenus des classiques.

Dans la fleur de l'âge à quatre-vingt-neuf ans

Clint Eastwood s'est enterré dans Gran Torino (2009), comme... John Wayne dans Le Dernier des Géants. On pensait alors à ce moment-là qu'il s'agirait de sa toute dernière apparition à l'écran. Et c'était presque vrai. En tant qu'acteur, on l'a vu dans un seul film depuis : Une Nouvelle Chance en 2012, qui n'est par ailleurs pas de lui (mais de Robert Lorenz).

Avec La Mule, c'est donc son grand retour en tant que réalisateur et acteur. Non, Clint ne veut pas partir du cinéma. A l'âge qu'il a, ce mythe continue d'être plus productif que jamais et artistiquement il ne faiblit pas non plus. Pour finir, laissons la parole à Bradley Cooper, qui lui donne la réplique dans La Mule : « Ce qui est génial chez Clint, c’est qu’à quatre-vingt huit ans [au moment du tournage], il a dû jouer le fait d’être vieux tellement il est en forme ». Tout est dit.

La Mule, disponible dès le 29 octobre sur CANAL+

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Toutes les vidéos cinéma, films et émissions sont disponibles sur CANAL+

Suivez Canalplus Cinema sur :

Facebook

Twitter

Instagram