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Et puis nous danserons : la Géorgie à travers la danse et l'homosexualité

Posté par Rosario Ligammari le 30 juin 2020
Avec Et puis nous danserons, le réalisateur Levan Akin pose un regard critique sur la Géorgie, le pays dont sont originaires ses parents. C'est en effet une société ultra-conservatrice qui y est dépeinte à travers l'histoire d'amour entre deux garçons qui pratiquent la danse traditionnelle. En tout cas, le film prouve encore une fois qu'au cinéma la danse peut représenter un moyen de se libérer.
Et puis nous danserons : politique et festif

A travers son titre, Et puis nous danserons (Levan Akin, 2019) annonce a priori des couleurs positives, optimistes, festives. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes 2019, le film se déroule en Géorgie et raconte le parcours de Merab (Levan Gelbakhiani), un danseur qui s’entraîne depuis l'enfance dans le cadre de l’Ensemble National Géorgien, jusqu'au jour où il tombe amoureux de son rival Irakli (Bachi Valishvili).

Levan Akin, réalisateur suédois né de parents géorgiens, raconte comment être danseur représente une fierté dans cette ancienne république de l'URSS (la danse étant l'un des emblèmes de son identité nationale) mais comment il est aussi difficile de s'y épanouir en tant qu'homosexuel. Bien que traditionnelle, la danse permet d'apporter au film la légèreté nécessaire pour contrebalancer avec la lourdeur d'une société conservatrice, pour ne pas dire souvent homophobe.

Face au poids de la société, la légèreté de la danse

Des Chaussons Rouges (Michael Powell et Emeric Pressburger, 1949) à Flashdance (Adrian Lyne, 1983), on ne compte plus les films de danse. En réalité, il s'agit d'une discipline par essence cinématographique : on peut parler d'un cinéma de danse comme on parlerait du cinéma d'action, ne serait-ce qu'à travers le terme « chorégraphie » que l'on attribue aussi bien aux ballets qu'aux scènes de combats. Sur le fond, les films de danse racontent souvent autre chose qu'un simple ballet : la danse permet de prendre une revanche sociale (Showgirls de Paul Verhoeven, 1995), voire de se libérer soi-même (Black Swan de Darren Aronofsky, 2010).

Danser est encore un moyen de se rebeller contre l'ordre établi, comme dans Footlose (Herbert Ross, 1984), où le personnage de Kevin Bacon n'a pas le droit de pratiquer ni la danse ni le rock dans une petite ville du Middle West. D'ailleurs, le film s'inspire de la ville d’Elmore City qui avait banni la danse pendant quatre-vingt-dix ans.

Danser, toujours danser

La danse est souvent synonyme de libération. Même s'il ne s'agit pas d'un film de danse à proprement parlé mais plutôt d'un long-métrage dans lequel on y danse (beaucoup), La Fièvre du samedi soir (John Badham, 1977) démontre bien que la danse permet d'évacuer les angoisses et d'oublier un quotidien morose dans un environnement qui ne l'est pas moins. Dans The Full Monty (Peter Cattaneo, 1997), la danse redonne un coup de fouet et un objectif à une bande de chômeurs désœuvrés.

Elle permet également de briser les barrières des genres, comme dans Billy Elliot (Stephen Daldry, 2000) en racontant l'histoire d'un petit garçon qui ne veut pas faire de la boxe mais danser. Sorti récemment, le film Girl (Lukas Dhont, 2018) est une sorte de Billy Elliot transgenre dans la mesure où Lara (Victor Polster) est, comme lui, passionnée de danse, et « née garçon », jusqu'à ce qu'elle devienne à la fois fille et danseuse.

En y repensant, Et puis nous danserons est bien un titre positif, optimiste et festif : quoi qu'il arrive dans la vie, il y a la danse, pour se libérer des soucis.

Et puis nous danserons, disponible dès le 01/07 sur OCS, avec CANAL+

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