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ÉTÉ 85 : le superbe conte saisonnier de François Ozon

Un premier amour ne s’oublie pas et laisse des traces indélébiles. C’est le cas pour les deux personnages d’ÉTÉ 85, le dernier film de François Ozon. Un drame à la fois lumineux et tragique qui s’impose comme l’une des œuvres les plus personnelles de son réalisateur. À découvrir dès le 16 mars sur CANAL+.
Posté par Kevin Romanet le 8 mars 2021
ÉTÉ 85 : un premier amour foudroyant

Avec ÉTÉ 85, François Ozon met de côté le suspense hitchcockien d’UNE NOUVELLE AMIE et de L’AMANT DOUBLE au profit d’un amour rohmérien sur les plages du Tréport, au bord de la Manche. Néanmoins, le cinéaste ne délaisse pas totalement la tension et le mystère de certains de ses précédents films. Ce conte estival débute avec l’annonce d’une mort et une enquête menée autour d’Alexis, un adolescent incarné par Félix Lefebvre, aperçu dans L’HEURE DE LA SORTIE et la série Netflix LE CHALET.

Le jeune homme prévient d’emblée le spectateur qu’il s’apprête à pénétrer dans l’un des chapitres fondamentaux de la construction de son identité, et donc de sa vie. Celui de sa rencontre avec David, interprété par Benjamin Voisin, la révélation de LA DERNIÈRE VIE DE SIMON. Au cours d’un été en Normandie, ces protagonistes voient naître entre eux des sentiments foudroyants. Hantés par la mort, l’un à cause du récent décès de son père, l’autre en raison de sa fascination pour le sujet qu’il ne connaît pas encore, ils trouvent à travers leur idylle une échappatoire et une source de découverte.

Ce premier amour véritable et déchirant offre à cette comédie dramatique des moments flamboyants et suspendus, alternés avec des séquences tragiques où tout devient plus lourd, sombre et où les saveurs disparaissent. En filmant cette pause fondatrice dans l’existence d’Alexis et son passage à l’âge adulte, François Ozon résume des émotions universelles : l’impression de ne jamais être rassasié par la présence de l’être aimé, le poids douloureux d’un cœur brisé et la gorge serrée que le deuil peut laisser.

Une synthèse du cinéma de François Ozon

Ensoleillé mais jamais mièvre, amer sans verser dans le fatalisme… Cette adaptation de LA DANSE DU COUCOU d’Aidan Chambers doit énormément à l’équilibre et la maîtrise de François Ozon, qui semble naviguer en terrain conquis. Le réalisateur lit ce roman en 1985, à 17 ans et rêve de le voir transposé à l’écran, voire même d’en faire l’objet de son premier long-métrage. Le temps passe mais le cinéaste finit par revenir à cet ouvrage, qui a joué une place importante dans son cheminement artistique.

L’histoire d’Alexis et de David porte d’ailleurs des thématiques chères au réalisateur : la jeunesse en quête de son identité, l’inévitable attraction vers la mort ou encore l’impossibilité de renoncer à des sentiments qui l’emportent toujours sur le reste. Comme dans POTICHE et 8 FEMMES, la fantaisie vient par ailleurs des éléments visuels. Les décors, les costumes ainsi que la volonté de tourner en Super 16 - le format de ses premiers courts-métrages - contribuent à la sensation de découvrir une vision fantasmée et fascinante des années 80.

Pour accompagner ses deux têtes d’affiche brillantes, François Ozon fait appel à des visages bien connus de ses admirateurs, ceux de Melvil Poupaud et Valeria Bruni-Tedeschi. Les deux comédiens s’étaient donné la réplique dans le bouleversant LE TEMPS QUI RESTE. L’acteur a également livré une performance poignante dans le récent GRÂCE À DIEU, nommé 8 fois aux César. ÉTÉ 85 a surpassé ce dernier en étant nommé dans 12 catégories, faisant de lui l’un des favoris de la cérémonie.

ÉTÉ 85, disponible dès le 16 mars sur CANAL+

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