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GEORGETOWN : désolé, on ne peut pas résister au premier film de Christoph Waltz

Posté par Alexis Lebrun le 23 septembre 2021
Pour son premier long-métrage en tant que réalisateur, l’acteur allemand révélé au grand public par Quentin Tarantino s’est intéressé à un fait divers qui avait secoué le quartier cossu de Georgetown à Washington en 2011.
« Le pire mariage de Georgetown »

Qui se cache derrière le sourire avenant d’Ulrich Mott ? Officiellement, cet homme allemand travaille comme guide touristique à Washington après un passé glorieux dans l’armée, et il semble même avoir des connexions avec des personnalités politiques importantes. Mais il ne compte pas s’arrêter là dans son ascension sociale. En épousant la riche héritière Elsa Breht (Vanessa Redgrave), il parvient à se faire une place dans le gratin de la haute bourgeoisie de Washington, notamment en organisant chez lui des dîners mondains où il est aux petits soins avec tout le monde, en s’assurant bien d’être toujours au centre de toutes les discussions. Un soir, ce tableau trop beau pour être vrai se fissure : Elsa est victime d’un accident mortel dans leur maison, et les enquêteurs suspectent naturellement Ulrich d’avoir assassiné sa femme nonagénaire.

Ils ne sont pas les seuls : Amanda (Annette Bening), la fille d’Elsa, n’a jamais cru à la sincérité de ce mariage, dont elle a d’ailleurs tenté en vain de dissuader sa mère. À partir de la mort d’Elsa, GEORGETOWN (2019) nous immerge à l'aide de multiples flashbacks dans le passé fumeux d’Ulrich et de ses combines toutes plus improbables les unes que les autres, pour brosser le portrait d’un menteur pathologique professionnel peut-être convaincu que ses mensonges correspondent à la réalité. Mention spéciale pour sa rencontre avec notre Michel Rocard national, qu’il essaye d’embrouiller comme s’il s’agissait du perdreau de l’année. On ne vous dit pas comment la trajectoire d’Ulrich se termine, mais elle est déjà relativement connue, dans la mesure où le scénario du film est basé sur « The Worst Marriage in Georgetown », un article du New York Times qui relate l’histoire de la mort de Viola Herms Drath, une nonagénaire tuée à Washington en 2011.

Christoph Waltz, une carrière définie par Quentin Tarantino

C’est plus que fort que lui, Christoph Waltz ne peut pas s’empêcher d’incarner des fieffés salauds. Mais il excelle tellement dans ce registre qu’on ne peut pas le lui reprocher. Car encore une fois, l’acteur allemand fait des merveilles dans le rôle d’un sociopathe qui ment comme il respire, cachant une face sombre et violente derrière ses flagorneries. On connaissait déjà les talents d’acteur de Christoph Waltz, mais on découvre avec GEORGETOWN qu’il sait aussi très bien diriger ses semblables, même si quand on a la chance de bénéficier de la présence au casting des grandes Vanessa Redgrave et Annette Bening pour le premier film que l’on réalise, la tâche est tout de suite plus commode. Si les débuts de Christoph Waltz derrière la caméra sont plutôt sobres, on ne peut pas en dire autant du réalisateur qui l’a fait connaître au monde entier en 2009 : Quentin Tarantino. Au moment de la sortie d’INGLOURIOUS BASTERDS, Christoph Waltz est un acteur de télévision cinquantenaire qui travaille surtout dans son pays, mais sa prestation glaçante en colonel nazi qui traque les juifs dans la France occupée a véritablement changé sa vie.

Il récolte un Oscar et devient très demandé à Hollywood, où il enchaîne les blockbusters plus ou moins inspirés. Mais il réussit surtout la prouesse hautement improbable de donner vie à un deuxième personnage mémorable dans la filmographie de Tarantino, en jouant le chasseur de primes Dr King Schultz dans DJANGO UNCHAINED (2012), rôle qui lui rapporte son deuxième Oscar en deux nominations. Christoph Waltz sera bientôt à l’affiche de MOURIR PEUT ATTENDRE (Cary Joji Fukunaga, 2021) son deuxième James Bond de suite dans la peau du grand méchant Ernst Stavro Blofeld, après SPECTRE (Sam Mendes, 2015), mais on l’attend surtout dans le casting complètement fou du nouveau film de Wes Anderson qui sort dans quelques semaines, THE FRENCH DISPATCH (2021), où son accent caractéristique et son excellente maîtrise de plusieurs langues – dont le français – devraient valoir le déplacement. Pour citer une réplique culte de son personnage dans DJANGO UNCHAINED, notre réaction est en effet toujours la même lorsqu’on lit Christoph Waltz sur l’affiche d’un film : « I’m sorry. I couldn’t resist. »

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