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HOLMES & WATSON : Will Ferrell et John C. Reilly dynamitent le mythe Sherlock Holmes

Posté par Cinéma Canal le 1 décembre 2020
Sorti en 2018 aux États-Unis et réalisé par Etan Cohen (à ne pas confondre avec Ethan Coen), HOLMES & WATSON se risque à proposer une vision satirique des personnages d’Arthur Conan Doyle, et notamment des adaptations réalisées récemment par Guy Ritchie au cinéma et par la BBC en série télé.
Une adaptation qui ne se prend pas (du tout) au sérieux

Tout le monde connaît les romans policiers de l’écrivain britannique Arthur Conan Doyle, qui a donné naissance avec Sherlock Holmes à un personnage de détective privé aux capacités de mémoire et de déduction logique hors du commun. Né en 1887 en même temps que son célèbre ami le docteur Watson, Sherlock Holmes est un mythe de la culture populaire, et il est donc assez logique que ce duo de légende soit aujourd’hui tourné en ridicule par deux acteurs qui semblent taillés pour cette mission comique : Will Ferrell et John C. Reilly. Ensemble, ils incarnent dans HOLMES & WATSON une version volontairement stupide des deux personnages, dans une intrigue qui caricature aussi les rôles secondaires des romans de Conan Doyle.

En gros, Holmes (Ferrell) et Watson (Reilly) doivent empêcher un complot qui vise à assassiner la Reine Victoria. Ils croisent en chemin quelques personnages réels comme Mark Twain, Albert Einstein, Harry Houdini ou le catcheur Braun Strowman, et finissent même par se retrouver à bord du Titanic encore flambant neuf, où ils retrouvent Billy Zane dans son propre rôle, en hommage au film de James Cameron. Il faut aussi ajouter qu’on trouve dans le film de nombreuses références volontairement anachroniques, et même quelques messages politiques sur Donald Trump et le port d’armes aux Etats-Unis.

Le retour d’un duo culte des années 2000

Parmi les producteurs du film, on retrouve un certain Adam McKay, un nom connu des amateurs de comédies depuis une quinzaine d’années maintenant. Avant de s’attaquer à des sujets plus sérieux très récemment, McKay s’est fait une petite réputation à ses débuts en dirigeant dans deux films consécutifs les deux acteurs en haut de l’affiche de HOLMES & WATSON. Ce fut le cas d’abord avec le plutôt bon RICKY BOBBY : ROI DU CIRCUIT (2006), dans lequel Will Ferrell et John C. Reilly incarnaient déjà des personnages extrêmement idiots dans le milieu des courses de NASCAR. Face au succès rencontré, le réalisateur et les deux acteurs ont récidivé deux ans plus tard avec un autre film devenu culte : FRANGINS MALGRÉ EUX (2008), où ils jouent cette fois deux beaux-frères quarantenaires et immatures, contraints de vivre ensemble avec leurs parents remariés.

Ce TANGUY (Étienne Chatiliez, 2001) à l’américaine est une nouvelle merveille de drôlerie débile, et il cimente la place du duo dans le cœur des fans de comédie « slapstick » notamment. Dans HOLMES & WATSON, ils sont accompagnés par un casting de rêve pour une comédie : Rebecca Hall joue le rôle d’un médecin en avance sur son époque, Ralph Fiennes incarne le génie du mal des romans de Conan Doyle, le Professeur James Moriarty, Kelly Macdonald fait son accent écossais le plus incompréhensible dans une version lubrique de Mrs. Hudson, et Hugh Laurie fait une petite apparition dans la peau du frère de Sherlock, le très brillant Mycroft Holmes.

Sherlock Holmes et le cinéma, une histoire d’amour et de records

C’est un classement officialisé par le Livre Guinness des records en 2012 : avec 254 apparitions, Sherlock Holmes est le personnage de fiction le plus utilisé de l’histoire du cinéma et de la télévision. Et encore, ce chiffre a évidemment encore augmenté au cours des huit dernières années : HOLMES & WATSON est une énième preuve du caractère indémodable du personnage. Mais si Sherlock Holmes a été adapté des centaines de fois sur le grand et le petit écran, ce sont deux versions très récentes qui sont caricaturées par Etan Cohen et ses acteurs.

Il y a d’abord les deux films (et bientôt un troisième en 2021) avec Robert Downey Jr. et Jude Law : SHERLOCK HOLMES (Guy Ritchie, 2009) et SHERLOCK HOLMES : JEU D'OMBRES (Guy Ritchie, 2011), dont HOLMES & WATSON s’amuse à parodier les tics visuels et le montage, comme lors des scènes de combat en slow-motion avec la voix-off de Sherlock. La musique du cofondateur du groupe Devo Mark Mothersbaugh fait aussi des clins d’œil plus qu’appuyés à celle de Hans Zimmer dans les films de Guy Ritchie. Enfin, s’agissant de la psychologie de Sherlock, HOLMES & WATSON se moque assez ouvertement de la version du personnage incarnée par Benedict Cumberbatch dans l'excellente série SHERLOCK (2010), diffusée sur la BBC. Plus de 130 ans après sa création, on n’a pas fini d’entendre parler de Sherlock Holmes et de l'adapter.

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