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Il est temps de redécouvrir les débuts de Steven Spielberg

Posté par Alexis Lebrun le 7 juillet 2021
Alors que le wonder boy du Nouvel Hollywood a déjà passé le cap des cinquante ans de carrière, ses jeunes années de réalisateur sont mises à l’honneur ce mois-ci sur TCM Cinéma. Et c’est une excellente initiative, car derrière ses cartons les plus célèbres, la filmographie de Steven Spielberg recèle aussi des pépites un peu moins connues mais qui méritent largement qu’on s’y intéresse.
Des débuts fulgurants

Si Spielberg a tourné plusieurs courts-métrages et un premier long-métrage artisanal (FIRELIGHT, 1964), dans les années 1960, son premier projet d’envergure doit attendre 1971, et c’est à l’origine un téléfilm, le très culte DUEL. À seulement vingt-cinq ans, le réalisateur impressionne alors déjà par son sens de la mise en scène, avec cette course-poursuite démente entre un malheureux conducteur (Dennis Weaver) et un camion-citerne très flippant, qui le poursuit au cœur du désert de Californie.

Après ce film pas comme les autres, à mi-chemin aussi entre thriller et western, Spielberg poursuit dans la même pour son premier vrai long-métrage sorti au cinéma, l’excellent road movie SUGARLAND EXPRESS (1974), où une femme incarnée par Goldie Hawn se met en tête de retrouver les membres de sa famille. Problème : son mari est incarcéré et leur fiston est lui coincé en famille d’accueil. Pas de quoi effrayer notre héroïne, qui se lance tête baissée dans ce projet fou, et s’attire forcément l’attention des forces de l’ordre. SUGARLAND EXPRESS est une anomalie délicieusement enivrante dans la filmographie de Spielberg, et reste d’ailleurs son seul et unique film sélectionné en compétition à Cannes, où il a gagné le prix du scénario.

Et même si ce projet fait un petit bide au box-office, la carrière du réalisateur s’apprête alors déjà à décoller. Car un an plus tard, Spielberg sort dans les salles ce qui est souvent considéré comme le tout premier blockbuster de l’histoire, l’inoubliable LES DENTS DE LA MER (1975). Tout le monde connaît l’histoire : le public du monde entier se presse dans les salles pour trembler de peur devant l’ambiance unique du film, et ne plus jamais voir de la même façon la baignade.

Film charnière pour Hollywood, LES DENTS DE LA MER fait un carton historique au box-office et reste encore aujourd’hui l’un des plus gros succès de Spielberg, sans compter qu'il a entraîné dans son sillage la création d’innombrables films de requins tueurs. Mais aucun n’arrive vraiment à la cheville du premier d’entre eux : LES DENTS DE LA MER appartient au cercle très fermé des classiques intemporels dont l’influence se ressent encore aujourd’hui.

Il n’y a pas qu’E.T. et Indy dans la vie

On le sait, au début des années 1980, Spielberg devient une star internationale en enchaînant trois de ses films les plus célèbres, E.T., L'EXTRA-TERRESTRE (1982) et les deux premiers INDIANA JONES (1981 et 1984). Il profite alors de la liberté dont il dispose pour réaliser des projets un peu moins grand public, en commençant en 1985 par le drame historique LA COULEUR POURPRE, où il s’attaque à toutes les violences subies par les femmes noires au début du vingtième siècle aux Etats-Unis, via un personnage de jeune fille maltraitée, jouée par Whoopi Goldberg et dont c’est le tout premier rôle au cinéma.

Avec ce film, Spielberg montre qu’il était capable de faire autre chose que des blockbusters à succès, ce qu’il confirme deux ans plus tard en prenant le risque d’adapter au cinéma l’œuvre de l’écrivain J. G. Ballard, avec EMPIRE DU SOLEIL (1987). Il se frotte cette fois à la triste réalité historique de la Seconde Guerre mondiale, en racontant l’histoire d’un jeune britannique vivant à Shanghai et qui a le malheur d’être emprisonné par l’armée japonaise après l’entrée en guerre du pays contre les Etats-Unis et leurs alliés. Très beau film sur le passage à l’âge adulte et la fin de l’innocence d’un enfant forcé d’apprendre à se débrouiller sans ses parents dans un camp, EMPIRE DU SOLEIL marque aussi les débuts au cinéma du tout jeune Christian Bale, qui joue brillamment le rôle principal du haut de ses treize ans.

Après un nouveau retrour aux blockbusters avec le troisième volet de la saga INDIANA JONES (1989), Spielberg signe la même année un remake du film UN NOMMÉ JOE (Victor Fleming, 1943), nommé ALWAYS.

Dernière apparition d’Audrey Hepburn sur le grand écran, ALWAYS (1989) met en scène un pompier décédé qui revient sur Terre sous la forme d’un ange et communique avec l’esprit de sa femme. Un film émouvant sur le deuil et la persistance des sentiments par-delà la mort, autrement dit : préparez-vous à pleurer.

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