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Il y a 8 ans, Timothée Chalamet jouait dans un western sanglant au tournage très original

Avec Hostiles (2018), disponible sur CANAL+, Timothée Chalamet a croisé des acteurs de talent et participé à un western superbe, tourné de manière très atypique.

Timothée Chalamet aux côtés de Batman dans HOSTILES

Si aujourd’hui Timothée Chalamet est considéré comme l’une des plus grandes stars d'Hollywood et qu’il enchaîne les premiers rôles majeurs (WONKA, DUNE, MARTY SUPREME…), son nom n’était pas encore sur toutes les lèvres il y a une dizaine d’années. Même s’il a été véritablement révélé au monde entier grâce à CALL ME BY YOUR NAME (2017), le comédien a continué à l'époque de jouer quelques rôles secondaires marquants, comme dans HOSTILES (2018).

Sa présence à l'écran n’a rien d'anecdotique. Car ce projet a été l’occasion idéale pour le jeune acteur de donner la réplique à des comédiens confirmés, à commencer par Christian Bale. L’inoubliable interprète du Chevalier Noir dans la trilogie THE DARK KNIGHT de Christopher Nolan retrouvait pour l’occasion le réalisateur Scott Cooper, qui l’avait déjà dirigé dans LES BRASIERS DE LA COLÈRE (2013).

La distribution du film s'avère d'ailleurs impressionnante, complétée par Rosamund Pike, le légendaire Wes Studi (LE DERNIER DES MOHICANS), Jesse Plemons (terrifiant dans CIVIL WAR) ou encore Q'orianka Kilcher (révélée en Pocahontas dans LE NOUVEAU MONDE).

Un western dans la lignée de John Ford et Clint Eastwood

Malgré ce casting cinq étoiles et des critiques excellentes, HOSTILES est un peu passé sous les radars lors de sa sortie en salles. Pourtant, le long-métrage de Scott Cooper mérite d’être réhabilité tant il parvient à ressusciter la grandeur du western, en convoquant à la fois des thématiques de John Ford et la noirceur crépusculaire de Clint Eastwood.

Le récit se déroule en 1892. Le capitaine Joseph J. Blocker est chargé d’escorter Yellow Hawk, un chef de guerre cheyenne mourant qui a été autorisé à retourner sur ses terres tribales pour y finir ses jours. Une mission que Blocker accepte à contrecoeur, étant donné son lourd passé avec Yellow Hawk, responsable de la mort de plusieurs soldats américains.

Pour mener à bien cette traversée, le capitaine s'entoure du sergent Metz, du caporal Woodson, du lieutenant Kidder et d'une jeune recrue, le soldat DeJardin (Timothée Chalamet). En chemin, le convoi croise la route de Rosalee, traumatisée par des Comanches qui viennent de massacrer sa famille. Malgré les rancœurs et le ressentiment mutuel qui opposent les Américains et les Cheyennes, le groupe va devoir s'unir pour survivre face à l'environnement et aux menaces extérieures.

Un tournage chronologique au service des personnages

Avec HOSTILES, Scott Cooper questionne avec force l‘Histoire de l’Amérique, profondément marquée par la violence et le racisme envers les populations autochtones. Dès la séquence d’ouverture, d'une grande brutalité, le cinéaste assume cette violence. Tout au long du film, ce sont les fêlures, la détresse et les traumatismes des personnages qui dictent le rythme de l'intrigue, sans jamais céder au sensationnalisme gratuit.

Si les protagonistes apparaissent brisés au début du long-métrage, leur évolution vers la rédemption et l'empathie frappe par son authenticité. Ce rendu provient d'un choix de production particulièrement rare puisqu’HOSTILES a été tourné dans l’ordre chronologique du scénario.

Dans le cas d'un "road-movie à cheval" comme HOSTILES, cette logistique faisait sens puisque les personnages se déplacent sans revenir en arrière. Mais cette méthode a surtout permis aux acteurs de vivre physiquement le voyage, l'épuisement et le rapprochement progressif de leurs personnages entre eux. Une opportunité rare pour les comédiens, qui ont offert un rendu excellent.