James Bond : soixante ans de méchants inoubliables

Posté par Alexis Lebrun le 4 avril 2022
Comme les gadgets, les femmes fatales, les destinations paradisiaques et les grosses cylindrées, les antagonistes diaboliques sont un passage obligé inscrit dans l’ADN des films James Bond depuis leurs débuts. Autant dire qu’au cours de ses aventures, l’agent 007 a triomphé de dizaines de méchants plus ou moins redoutables et mémorables. Voici nos préférés.
Un increvable génie du mal

Difficile de débuter un article sur les antagonistes de James Bond autrement qu’en évoquant la figure très culte d’Ernst Stavro Blofeld, le patron de la terrible organisation criminelle SPECTRE, dont l’acronyme – Service Pour l'Espionnage, le Contre-espionnage, le Terrorisme, la Rétorsion et l'Extorsion – indique que son programme maléfique ne déconne pas du tout. Présent dès le deuxième film James Bond – BONS BAISERS DE RUSSIE (Terence Young, 1963) –, Blofeld est d’abord une figure mystérieuse dont on ne voit pas le visage, mais qui suffit à nous glacer en caressant son chat persan avec une main qui laisse apparaître une bague où se dessine la pieuvre, emblème du SPECTRE. On découvre son visage chauve balafré par une énorme cicatrice dans ON NE VIT QUE DEUX FOIS (Lewis Gilbert, 1967), mais Blofeld a eu droit à de nombreuses incarnations au fil des années, jusqu’à son retour dans SPECTRE sous les traits d’un acteur expert en méchants (Christoph Waltz) dans SPECTRE (Sam Mendes, 2015) et MOURIR PEUT ATTENDRE (Cary Joji Fukunaga, 2021).

Adepte des cols Mao et des piranhas, le grand patron du SPECTRE a surtout un projet plus simple à énoncer qu’à réaliser : dominer le monde. Afin d’y parvenir, il emploie une véritable armée de méchants, dont les célèbres Dr No (Joseph Wiseman), Emilio Largo (Adolfo Celi) dans OPÉRATION TONNERRE (Terence Young, 1965) et surtout l’abominable Auric Goldfinger (Gert Fröbe), qui n’hésite pas à découper Bond en deux avec un laser (en partant de l'entrejambe) ou à faire étouffer la pauvre Jill (Shirley Eaton) en recouvrant entièrement son corps de peinture d’or… Et avant de faire son retour dans SPECTRE, Blofeld a envoyé trois méchants tous aussi ignobles les uns que les autres pour tenter de se débarrasser enfin de Bond. Mais ni Le Chiffre (Mads Mikkelsen) – qui a massacré les bijoux de famille de 007 à l’aide d’une corde dans CASINO ROYALE (Martin Campbell, 2006) –, ni Dominic Green (Mathieu Amalric) dans QUANTUM OF SOLACE (Marc Forster, 2008) ni le très dérangé Raoul Silva (Javier Bardem) dans SKYFALL (Sam Mendes, 2012) n’ont évidemment survécu à leur mission.

Des hommes de main qui hantent nos cauchemars

Dans les films James Bond, les antagonistes principaux ne sont pas toujours les méchants les plus effrayants. La saga a ainsi fait émerger une galerie de personnages secondaires bigarrés spécialisés dans l’accomplissement des basses besognes et devenus presque aussi légendaires que 007 lui-même auprès des fans. C’est le cas d’Oddjob (Harold Sakata), le majordome coréen qui sévit dans GOLDFINGER (Guy Hamilton, 1964) avec son célèbre chapeau melon capable de décapiter un individu. Mais en matière d’hommes de main, on ne fait pas mieux que les ennemis affrontés par Roger Moore, au premier rang desquels figure le génial Requin et ses redoutables dents en acier, interprété par le géant Richard Kiel, qui souffrait d’acromégalie.

Ce colosse est apparu pour la première fois dans L’ESPION QUI M’AIMAIT (Lewis Gilbert, 1978) avant de se retrouver l'année suivante au service de Drax (Michael Lonsdale), dans la suite confiée au même réalisateur, MOONRAKER. La fin du film, où Requin devient gentil et sauve Bond avant de boire du champagne avec sa petite amie à couettes Dolly (Blanche Ravalec) dans une station spatiale à la dérive appartient à la légende de la saga. Le pauvre Roger Moore a aussi dû se coltiner Locque (Michael Gothard), le tueur froid de Kristatos dans RIEN QUE POUR VOS YEUX (John Glen, 1981), l’occultisme Voodoo du Baron Samedi (Geoffrey Holder) dans VIVRE ET LAISSER MOURIR (Guy Hamilton, 1973), le garde du corps indien de Louis Jourdan dans OCTOPUSSY (John Glen, 1983) et bien sûr le nain Tric-Trac (Hervé Villechaize), domestique de Scaramanga dans L’HOMME AU PISTOLET D’OR (Guy Hamilton, 1974). Pfiou…

Des femmes de plus en plus fatales

Si la gent féminine est bien sûr largement sous-représentée parmi les grands méchants de l’histoire de James Bond, certains personnages de femmes fatales qui tentent de zigouiller 007 sont tout de même restés dans les mémoires. C’est le cas par exemple de la très culte May Day jouée par Grace Jones dans DANGEREUSEMENT VÔTRE (John Glen, 1985), qui arbore un look aussi incroyable que ses capacités physiques surhumaines, et qui finit par se sacrifier pour sauver le Bond en préretraite de Roger Moore. Nul sacrifice en revanche chez Xenia Onatopp (Famke Janssen), la tueuse à gages SM complètement allumée de GOLDENEYE (Martin Campbell, 1995), qui écrabouille ses victimes entre ses cuisses et en tire un plaisir sexuel non-dissimulé… On retrouve aussi des penchants un peu malsains chez une autre grande antagoniste de l’ère Pierce Brosnan : Elektra King, la jeune femme que l’on prend pour une malheureuse victime innocente du syndrome de Stockholm, mais qui tire en fait toutes les ficelles depuis le début.

Sa façon de broyer le cou de James Bond à l’aide d’une garotte tout en l’embrassant est sans aucun doute l’une des meilleures raisons de regarder LE MONDE NE SUFFIT PAS (Michael Apted, 1999). Enfin, il n’est heureusement pas nécessaire d’avoir forcément le physique de Sophie Marceau pour incarner une méchante qui tue dans un film 007. Une réalité démontrée dès 1963 dans BONS BAISERS DE RUSSIE par Rosa Klebb (Lotte Lenya), qui n’a pas hésité à trahir l’URSS pour rejoindre le SPECTRE. Mais malgré son déguisement en femme de chambre, elle ne parvient pas à se venger de Bond pour le compte de son organisation… Car c’est bien connu, aucun méchant, aussi grandiose et démoniaque soit-il, ne peut triompher de l’agent 007.

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