Joker Folie à Deux : que signifie vraiment la fin controversée du film ?
Après le succès immense de 2019, Todd Phillips propose avec "Joker : Folie à Deux" une suite audacieuse qui mêle thriller psychologique, drame judiciaire et comédie musicale. Porté par Joaquin Phoenix et Lady Gaga, le film étonne par ses choix narratifs, surtout dans sa conclusion déroutante. Voici un décryptage détaillé pour comprendre les subtilités de ce dénouement inattendu.
La chute d'Arthur Fleck : un Joker sans héritage
Dans Joker : Folie à Deux, sorti au cinéma en octobre 2024, Arthur Fleck (Joaquin Phoenix) se retrouve enfermé à l'asile d'Arkham dans l'attente de son procès pour les meurtres du premier film. Sa condition se détériore progressivement jusqu'à sa rencontre avec Lee Quinzel/Harley Quinn (Lady Gaga), admiratrice obsédée par le Joker. Cette rencontre ravive brièvement son chaos intérieur. Pourtant, lors du procès, Arthur rejette explicitement son identité de Joker et affirme devant le tribunal qu'il n'y a jamais eu que « Arthur », simple meurtrier tourmenté, sans réelle ambition criminelle. Cette révélation brise alors le mythe construit par ses partisans, notamment par Lee.
Ce revirement radical est interrompu par une explosion qui libère temporairement Arthur. Cependant, le film insiste sur son incapacité à incarner durablement le Joker. Lee Quinzel rejette finalement Arthur avec mépris après ce renoncement au rôle symbolique qu'elle idolâtrait. Ainsi, Todd Phillips déconstruit volontairement l'image du Joker et présente Arthur comme une figure tragique, prisonnier d'une folie incontrôlable, loin du génie criminel du personnage dans l'inconscient collectif.

Critique de l'idolâtrie du mal
La fin du film bouleverse définitivement la mythologie du Joker. De retour à Arkham après sa condamnation, Arthur se fait soudainement poignarder par un autre détenu aperçu discrètement plusieurs fois auparavant. Ancien admirateur, lui aussi veut se venger après qu'Arthur a finalement décrété qu'il n'était pas le Joker.
Ce jeune prisonnier s'entaille alors un sourire sur le visage, geste qui marque clairement sa prise de pouvoir sur l'identité du Joker. Cette séquence révèle une vérité dérangeante : le Joker authentique, futur ennemi emblématique de Batman, n'est finalement pas Arthur Fleck mais bien ce mystérieux assassin.
Todd Phillips affirme ainsi clairement son intention de priver Arthur du statut de « Prince du Crime » afin de critiquer plus profondément l’idolâtrie entourant les personnages violents. En faisant d’Arthur une victime plutôt qu’un héros, Phillips confronte le public à la problématique de la glorification de la folie criminelle. Le réalisateur insiste également sur l'arbitraire et le caractère interchangeable de la violence incarnée, et rappelle ainsi aux spectateurs leur propre fascination malsaine pour de tels personnages.
Toutefois, cette fin audacieuse a suscité de vives critiques chez les spectateurs. Beaucoup ont reproché à Todd Phillips un manque de cohérence narrative par rapport au premier film, notamment à cause de cette conclusion brutale qui prive Arthur Fleck d'un dénouement digne de son parcours complexe. Un risque artistique qui n’a pas fait l’unanimité.
Joker : Folie à Deux est à voir sur CANAL+.



