LA FINE FLEUR : Catherine Frot, une actrice à la popularité inoxydable

Posté par Cinéma Canal le 15 mars 2022
Nommée un nombre incalculable de fois aux César, elle est aussi l’un des visages les plus appréciés du public français. Après avoir enchaîné les succès populaires pendant des années, Catherine Frot a enfin obtenu la consécration qu’elle méritait en 2016 en remportant le César de la meilleure actrice pour son rôle bouleversant dans MARGUERITE (Xavier Giannoli, 2015). Un classique disponible sur CANAL+ en même temps que LA FINE FLEUR (Pierre Pinaud, 2021), une comédie récente diffusée sur OCS.
Une comédie sociale qui touche juste

Le réalisateur et scénariste Pierre Pinaud a pris son temps pour écrire et réaliser son deuxième long-métrage, dédié à sa maman décédée après la sortie de son premier film, PARLEZ-MOI DE VOUS (2012). Et après Karin Viard en animatrice de radio, c’est une autre grande actrice du cinéma français qui occupe le premier rôle de LA FINE FLEUR : Catherine Frot. Elle y joue Ève, une vieille gloire de la création de roses, dont l’exploitation horticole artisanale périclite face à la concurrence redoutable des gros industriels comme la figure très sournoise de Lamarzelle (Vincent Dedienne), qui se propose pour racheter l’affaire déclinante d’Ève. Mais l’héroïne du film préfère mourir que de céder l’entreprise de son père à ce fossoyeur des traditions florales ancestrales. Sa secrétaire (Olivia Côte) pense pouvoir la sauver en faisant appel à trois personnes en quête de réinsertion, mais qui n’y connaissent évidemment rien en matière de roses. Malgré ses réticences initiales à l’idée de devoir collaborer avec ces pieds nickelés de l’horticulture, Ève va bien devoir mettre de l’eau dans son vin et fendre l’armure pour collaborer avec eux et surtout leur transmettre son savoir-faire si rare et délicat...

Des personnages déshérités qui luttent ensemble dans un combat déséquilibré face à un ogre obsédé par le profit : LA FINE FLEUR sent bon la comédie sociale et le feel-good movie, une spécialité britannique dans laquelle Pierre Pinaud est ici très à l’aise. Le réalisateur français est parti de la réalité industrielle et sociale bien réelle d’un secteur en difficulté face à la concurrence de la mondialisation, pour rendre hommage à une tradition qui se perd mais aussi aborder l’élitisme de notre société, qui laisse de côté celles et ceux qui n’ont pas la chance de naître dans des familles privilégiées. Très à son aise dans ce rôle touchant de créatrice manuelle qu’elle a dû apprendre de A à Z, Catherine Frot porte le film, bien aidée par une photographie et des décors qui mettent en valeur la dimension éminemment sensorielle des fleurs qui sont au cœur de l’intrigue.

Chanter faux pour faire émerger du beau

Après ses débuts au cinéma en 1980, Catherine Frot a dû attendre un certain temps pour devenir l’actrice si populaire que l’on connaît aujourd’hui. Cette métamorphose a eu lieu à la veille des années 2000 grâce à son rôle dans le quatrième film de Cédric Klapisch, UN AIR DE FAMILLE (1996), pour lequel elle a récolté le César de la meilleure actrice dans un second rôle. Dès lors, elle devient une tête d’affiche incontournable, notamment dans les comédies, à commencer par LE DÎNER DE CONS (1998), le film cultissime de Francis Veber. Mais c’est en prenant un tournant nettement plus dramatique que Catherine Frot a atteint l’apogée de sa carrière en 2015, en jouant dans MARGUERITE le rôle très émouvant d’une richissime femme âgée du Paris des années 20, qui aime plus que tout la musique, sans que cela soit réciproque.

La pauvre Marguerite Dumont a l’habitude de chanter affreusement faux devant un public constitué de proches, mais elle n’en a pas conscience et personne n’ose le lui dire. Confortée dans la fausse idée qu’elle est douée pour le chant, elle a l’idée folle de donner un concert à l’opéra devant un public qui ne la connaît pas… Film tragicomique d’une beauté singulière, MARGUERITE avait marqué en 2015 le retour au premier plan de Xavier Giannoli, réalisateur césarisé cette année pour un autre grand film d’époque, le flamboyant ILLUSIONS PERDUES (2021). Et il avait fait de Catherine Frot la grande favorite pour empocher enfin le César de la meilleure actrice après cinq échecs. Un statut assumé lors de la cérémonie, où l’actrice a logiquement triomphé après avoir conquis la critique et le public dans les salles. Une gageure qui n’est pas à la portée de toutes les actrices.

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