Aller au menuAller au contenu principalAller à la recherche

LE CAS RICHARD JEWELL : une injustice dénoncée par Clint Eastwood dans un drame poignant

Clint Eastwood s’intéresse à un héros déchu et injustement accusé de terrorisme avec LE CAS RICHARD JEWELL. Un film bouleversant, qui se veut extrêmement fidèle à la réalité.
Posté par Kevin Romanet le 18 janvier 2021
« Une bonne embrouille à l’américaine »

Avec LE CAS RICHARD JEWELL, Clint Eastwood continue de se pencher sur des citoyens ordinaires à l’origine d’actes extraordinaires. Une ambition dans la lignée du cinéma de Frank Capra, qui a déjà donné naissance à SULLY et LE 15H17 POUR PARIS. Plus soigné que le drame sur l’attentat du Thalys dans sa conception, le dernier film en date du monstre sacré est un bijou d’émotion, porté par une distribution prestigieuse.

L’élément qui a attiré Clint Eastwood vers l’histoire de Richard Jewell, qu’il présente comme « une bonne embrouille à l’américaine », est la manière dont un traitement médiatique peut faire basculer des vies. L’agent de sécurité brillamment incarné par Paul Walter Hauser, véritable révélation, passe du statut de héros à celui de suspect en un temps record dans le long-métrage.

Dans la nuit du 26 au 27 juillet 1996, Richard Jewell repère un sac à dos contenant des explosifs dans le parc du Centenaire d’Atlanta, où des concerts sont organisés en marge des Jeux Olympiques. Après avoir alerté ses supérieurs, il fait évacuer des techniciens situés à proximité et parvient à établir un périmètre autour du colis avec l’aide de ses collègues. 

Près d’une heure après sa découverte, la bombe explose, provoquant la mort de deux personnes et faisant plus de 100 blessés. Trois jours après le drame, l’Atlanta Journal-Constitution révèle que le FBI soupçonne Richard Jewell d’être à l’origine de l’attentat terroriste. L’information du quotidien local est relayée massivement dans tout le pays. Ces suspicions étaient néanmoins basées sur une enquête incomplète.

Rétablir la vérité autour de Richard Jewell

LE CAS RICHARD JEWELL se veut extrêmement réaliste dans sa reconstitution et sa représentation des faits, à commencer par le harcèlement médiatique dont ont été victimes Richard Jewell et sa mère Bobi, interprétée par Kathy Bates.

S’il a été blanchi, le cauchemar ne s’est pas arrêté là où le film se termine pour Richard Jewell, puisque sa réputation n’a jamais été totalement restaurée. En 1997, Marie Brenner lui consacre une longue investigation dans Vanity Fair, intitulée American Nightmare : The Ballad of Richard Jewell. Certains dialogues sont directement tirés de cette source d’inspiration, à l’image des savoureuses mises en garde aux agents du FBI de Watson Bryant, son avocat incarné par Sam Rockwell.

Dans cet article qui a servi de point de départ au long-métrage passionnant de Clint Eastwood, la journaliste explique qu’après l’affaire, l’homme injustement accusé n’a pas été reconnu comme innocent, mais comme quelqu’un « pouvant être innocent ». « Je pense que je ne récupérerai jamais ça », lui confie d’ailleurs l’ex-suspect pendant leur rencontre. Malgré la difficulté à reprendre une vie normale, Richard Jewell a par la suite réussi à retrouver du travail au sein des autorités, accomplissant son rêve de devenir policier. En 2006, Sonny Perdue, gouverneur de l’État de Géorgie, l’a publiquement remercié pour avoir sauvé de nombreuses vies.

Le réalisateur oscarisé d’IMPITOYABLE a aussi voulu rendre hommage à Richard Jewell, décédé d’un arrêt cardiaque à 44 ans en 2007. Pour cela, le cinéaste a pu compter sur la présence de sa mère Bobi et de Watson Bryant pendant le tournage, déterminés à rétablir la vérité autour d’un homme broyé par un système en lequel il croyait pourtant profondément.

LE CAS RICHARD JEWELL, disponible sur CANAL+ dès le 2 février

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Toutes les vidéos cinéma, films et émissions sont disponibles sur myCANAL

Suivez Cinéma Canal+ sur :

Facebook

Twitter

Instagram