Le Jeu : quand les acteurs jouent avec le téléphone

Posté par Rosario Ligammari le 20 Septembre 2019
Le portable occupe une place importante dans notre vie ; il est donc logique que le cinéma se l'approprie. Dans les films dramatiques, le téléphone pleure. Dans les films d'horreur, c'est la terreur sur la ligne. Dans les comédies, il donne de sacrés numéros d'acteurs. Dans Le Jeu, il est surtout source de problèmes... et de drôlerie.
« Allô, qui est à l'appareil ? »

Récemment, The Guilty (Gustav Möller, 2018) a relevé une sacrée prouesse déjà échafaudée par Burried (Rodrigo Cortès, 2010): tenir tout un film « par téléphone ». On y suit les échanges en ligne entre un opérateur du 112 et une femme en danger qu'on ne verra jamais. Résultat : une grande performance du personnage qui se démène à la sauver ; et une encore plus belle performance de l'acteur Jacob Cedergren qui se démène à jouer avec... un téléphone.

Lorsqu'il y a un combiné, en général le film s'applique à activer le haut-parleur, de façon à ce qu'on entende ce qui se dit à l'écran et hors champ. Beaucoup de thrillers (la saga Die Hard de John McTiernan) et de films d'horreur (Terreur sur la ligne de Fred Walton, 1979) ont joué sur la dimension anxiogène de la voix qui « voit tout ». Scream (Wes Craven, 1997) est sans doute l'un des plus intéressants en ce qu'il témoigne de l'époque des téléphones sans fil puis de l'arrivée des portables. De plus, en même temps que la série de films a progressé, la technologie a évolué – dans Scream 4 (Wes Craven, 2011), le tueur envoie des MMS.

Numéros d'acteurs

La voix du récepteur étant souvent ajoutée en post-synchronisation, l'acteur parle dans l'appareil mais en réalité dans le vide absolu. Il doit gesticuler et hausser le ton face à personne, rire tout seul ou se couper lui-même la parole ; sa prestation se révèle alors plus proche du one-man show que d'un dialogue traditionnel de cinéma puisqu'il s'agit de donner la réplique à un objet.

Dans le genre « blagues téléphoniques », on pense bien sûr aux Visiteurs (Jean-Marie Poiré, 1993), quand Jacquouille La Fripouille découvre l'existence du téléphone et, on peut le dire, qu'il joue littéralement avec. Pour rester dans la série des classiques humoristiques français, dans Le père Noël est une ordure (Jean-Marie Poiré, 1982), Pierre et Thérèse travaillent chez SOS Amitiés, donc par téléphone. Si dans le film toute la troupe du Splendid répond présent, il y en a un qu'on ne voit pas, c'est Michel Blanc. En revanche, à travers son monologue hystérique à l'autre bout du fil, on l'entend.

Le téléphone, source d'humour et... d'ennuis

S'il faut éteindre les téléphones avant chaque projection, les portables, eux, envahissent les films. Logique : ils envahissent nos vies. Depuis Le Téléphone rose (Edouard Molinaro, 1975), tout a tellement changé... Mais quelque chose demeure : dans le registre comique, le téléphone reste incontestablement un gadget de drôlerie. En plus d'être multi-usage, il renferme notre vie privée, donc peut causer des problèmes si par malheur on tombe sur une mauvaise surprise.

C'est tout le sujet du film Le Jeu (Fred Cavayé, 2018) : le téléphone fait office de jouet, mais il se pourrait bien qu'il n'y ait que des perdants. Un groupe d'amis (Bérénice Bejo, Doria Tillier, Suzanne Clément, Stéphane De Groodt, Roschdy Zem, Vincent Elbaz et Grégory Gadebois) veut sortir les téléphones pour échanger des données personnelles (professionnelles, amoureuses, etc) qui tomberont pendant la soirée. Dans ce contexte, jouer avec le téléphone revient à jouer avec le feu.

Moralité de l'histoire : on peut jouer avec le téléphone au cinéma ; mais dans la vie c'est... à vos risques et péril.

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