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Matt Damon, bien plus qu’un beau gosse bankable

Posté par Alexis Lebrun le 6 mai 2021
C’est l’un des acteurs les plus rentables d’Hollywood au box-office, et sa réputation en tant que scénariste et producteur à succès n’est plus à faire non plus. Alors que Matt Damon vient de passer l’air de rien le cap de la cinquantaine, le bostonien est à l’honneur ce mois-ci sur TCM Cinéma, avec la diffusion de quatre films récents, tous tournés avec des poids lourds du cinéma anglo-saxon.
L’explosion avec Steven Soderbergh

Au tournant de l’an 2000, Matt Damon est déjà une star qui a tourné dans quelques grands succès et films majeurs de la fin des années 1990. Surtout, il a déjà gagné un Oscar du meilleur scénario original en écrivant avec son vieux pote Ben Affleck le très culte WILL HUNTING (Gus Van Sant, 1997), dans lequel il s’est aussi révélé en tant qu’acteur. Mais Matt Damon intègre véritablement la caste des stars absolues en rejoignant le casting du clinquant OCEAN’S ELEVEN (2001), un succès critique et surtout public où il côtoie entre autres George Clooney et Brad Pitt – avec qui il se lie d’amitié aussi. Mais le film marque surtout sa première collaboration avec le réalisateur américain Steven Soderbergh, dont il deviendra vite un grand fidèle – fidélité auprès de certains cinéastes qui est d'ailleurs une marque de fabrique de Matt Damon.

Après les suites OCEAN’S TWELVE (2004) et OCEAN’S THIRTEEN (2007), il refait ainsi équipe avec Soderbergh dans THE INFORMANT! (2009), une adaptation d’un livre d’investigation où l’on retrouve la patte comique des trois films de casse de Soderbergh. Matt Damon y incarne Mark Whitacre, un cadre d’une multinationale américaine de l’agroalimentaire, qui décide de devenir une taupe pour le FBI afin de dénoncer les pratiques plus que douteuses de son employeur. Problème : il joue un double-jeu et a d’autres idées en tête pour tirer des avantages de cette situation. Matt Damon régale dans ce rôle particulièrement drôle, où il prend un plaisir évident à jouer à l’imbécile, affublé d’un look improbable et assez inoubliable dans sa filmographie.

Une autre trilogie à succès avec Paul Greengrass

Dans les années 2000, Matt Damon fait ce qu’il veut : il tourne avec Scorsese, Coppola, De Niro, Gilliam et les frères Farrelly, et pour cause : il est devenu une machine à succès en jouant l’agent de la CIA Jason Bourne dans une trilogie entamée en 2002 avec LA MÉMOIRE DANS LA PEAU (Doug Liman, 2002) et poursuivie sous la houlette du réalisateur britannique Paul Greengrass avec LA MORT DANS LA PEAU (2004) et LA VENGEANCE DANS LA PEAU (2007), qui sont tous de très gros succès au box-office.

Rien d’étonnant donc si en 2010, Matt Damon retrouve Paul Greengrass dans GREEN ZONE, un film de guerre porté par des scènes d’action à couper le souffle, et qui a surtout une grande vertu politique : il met les pieds dans le plat pour dénoncer le mensonge des Etats-Unis prétexte au déclenchement de la guerre en Irak en 2003, selon lequel le pays de Saddam Hussein cachait des armes de destruction massive. Une triste réalité plutôt bien connue chez nous, mais GREEN ZONE reste une formidable leçon d’histoire récente mise à portée du grand public en utilisant toute la puissance du cinéma hollywoodien. Rare et rafraîchissant, sans compter que Matt Damon enfile le bleu de chauffe pour défendre ses convictions, dans ce rôle physique où il joue un militaire un peu trop idéaliste pour cette guerre.

Un passage réussi chez Clint Eastwood

À peu près au même moment, Matt Damon se frotte avec INVICTUS (Clint Eastwood, 2009) à un autre sujet historique ô combien douloureux : l’apartheid en Afrique du Sud. Dans ce qui est l’un des meilleurs films du réalisateur américain, il incarne le capitaine de l’équipe de rugby sudafricaine Francois Pienaar, lors du périple victorieux des Springboks à la Coupe du monde de rugby 1995, organisée justement en Afrique du Sud. Il y donne la réplique à Morgan Freeman, qui interprète le président nouvellement élu Nelson Mandela, juste après sa libération de prison et la fin du régime de ségrégation raciale du pays.

Pour autant, l’Afrique du Sud reste bien sûr extrêmement divisée, et cet événement mondial est l’occasion d’entamer un semblant de réconciliation, sauf que l’équipe nationale n’est alors pas vraiment favorite du tournoi… Evidemment, ce terreau est idéal pour Hollywood et surtout pour quelqu’un comme Clint Eastwood, qui fait d’INVICTUS une épopée sportive épique. L'acteur-réalisateur a surtout été bien inspiré de faire appel à Morgan Freeman et Matt Damon, qui portent le film au point d’avoir été tous les deux nommés aux Oscars.

L’année suivante, Clint Eastwood et Matt Damon remettent ça en collaborant sur AU-DELÀ, un film fantastique qui fait un peu figure d’ovni dans la filmographie du réalisateur américain. Matt Damon y joue un gars du peuple et ancien médium, capable de communiquer avec les morts, mais qui préfèrerait s’en passer.

Il partage l’affiche avec une actrice française et pas n’importe laquelle : Cécile de France, qui joue une journaliste rescapée du terrible tsunami de 2004, où elle a vécu une expérience de mort imminente. Ce film (où l’on retrouve également Bryce Dallas Howard) ose lui aussi aborder un thème pour le moins complexe, mais il faut croire que quand on s’appelle Matt Damon, on n’a pas peur de la vie après la mort.

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