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RESISTANCE ou l'héroïsme du mime Marceau pendant la guerre

Posté par Rosario Ligammari le 24 octobre 2020
Tout le monde connaît Marcel Marceau, figure incontournable du mime, en France et à travers le monde. En revanche, on connaît moins le mime Marceau en tant que résistant. Et c'est justement sur la face héroïque de l'homme que revient RESISTANCE, long-métrage bouleversant de Jonathan Jakubowicz inédit en salles et diffusé pour la première fois sur CANAL+ le 25 novembre.
Marcel Marceau, un grand mime

Avec RESISTANCE (2020), Jonathan Jakubowicz réalise un film dédié au grand homme qu'était Marcel Mangel (interprété ici par Jesse Eisenberg), plus connu sous le nom de Marcel Marceau. Avec son personnage de Bip, Marceau est incontestablement l'une des plus grandes figures du mime, en France certes, mais aussi aux États-Unis (c'est notamment lui qui a inspiré le moonwalk à Michael Jackson) ainsi qu'en Chine et au Japon.

Immense admirateur de Charlie Chaplin, Marcel Marceau a aussi beaucoup de liens avec le cinéma. Il a en effet joué dans BARBARELLA (Roger Vadim, 1968) ou dans LA DERNIERE FOLIE DE MEL BROOKS (Mel Brooks, 1976), film où il est le seul personnage qui parle (pour dire deux mots : « oui » et « non »). Plus généralement, le mime et le cinéma muet, en particulier le burlesque, ont des liens étroits, si l'on se réfère à des légendes telles que Buster Keaton, Etienne Decroux ou Charlie Chaplin. Il est donc tout à fait naturel que le cinéma rende hommage au mime Marceau.

Et un grand résistant

Sauf que RESISTANCE n'est pas un biopic qui retrace toute la vie du mime. Le réalisateur a mis en lumière une face moins connue de l'homme au visage peint en blanc : celle du résistant. C'est sous l'influence de son cousin Georges Loinger et de son frère Simon Mangel que Marceau finit par intégrer les rangs de la Résistance en 1942 à Limoges, alors qu'il vient tout juste d'être adulte – il n'a que dix-neuf ans. C'est aussi à partir de là qu'il va prendre le nom de Marceau. Et qu'il va devenir un héros.

En effet, en plus d'égayer les enfants orphelins de parents tués par les nazis, ses talents d'acteurs sauvent la vie de plusieurs d'entre eux. Marceau réussit à faire fuir des centaines d'enfants de l'Occupation en leur faisant croire qu'ils partent en vacances, eux en uniformes de scout et lui déguisé en chef de patrouille. Pour ne pas se faire repérer, il leur enseigne la technique dite « du silence ». Et s'ils ont peur, il les rassure avec le mime et l'humour. Il parvient ainsi à les amener à la frontière suisse jusqu'à ce qu'ils soient entre les mains des passeurs.

Le rire face à l'atrocité

S'il paraît délicat de mélanger nazisme et comédie, de nombreux films populaires l'ont fait, de LA GRANDE VADROUILLE (Gérard Oury, 1966) à PAPY FAIT DE LA RESISTANCE (Jean-Marie Poiré, 1983). Mais s'il y a bien un long-métrage qui renvoie à RESISTANCE, c'est LA VIE EST BELLE (Robert Benigni, 1999).

Dans ce film, Roberto Benigni – autant le réalisateur que le personnage qu'il incarne à l'écran – tord la réalité du nazisme pour la rendre « acceptable » aux yeux de son enfant. Et c'est ainsi qu'il le sauve. Enfin, concernant le nazisme détourné par l'humour, il est bien sûr impossible de ne pas mentionner la référence absolue qu'est LE DICTATEUR (sortie en France en 1945), le premier film parlant de Charlie Chaplin. Charlot, l'influence ultime du mime Marceau...

Rencontres de cinéma avec Jesse Eisenberg

Pour accompagner la diffusion exclusive de ce film labelisé CANAL+PREMIÈRE, l’interprète américain de Marcel Marceau était l’invité virtuel de "Rencontres de cinéma". Actuellement sur le tournage de son premier long-métrage en tant que réalisateur, c’est par visioconférence et depuis son mobil-home que Jesse Eisenberg s’est confié à Laurent Weil. Ils ont abordé de nombreux points : les similitudes avec le mime Marceau qui l’ont poussé à accepter ce rôle, ce qu’il a fait durant son confinement, l’impact de l’administration de Donald Trump sur la culture…

"Quand j’ai lu le scénario, j’ai commencé à faire des recherches et j’ai découvert tout ce qu’on avait en commun."

Les coïncidences biographiques qui les relient sont surprenantes, comme si Jesse Eisenberg était fait pour jouer Marceau… Comme ce dernier, l'acteur a passé du temps à essayer de monter des spectacles, et non seulement la famille de son père vient de la même région de Pologne que celle de Marceau, mais sa mère était clown et une grande admiratrice du célèbre mime dont elle s’est inspirée. Pour Eisenberg, RESISTANCE est donc un hommage à ses parents qui ont d’ailleurs assisté au tournage.

Résistance (inédit en salles), disponible dès le 25/11 sur CANAL+

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