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SONIC, LE FILM : une adaptation du jeu vidéo qui décoiffe

Posté par Alexis Lebrun le 11 décembre 2020
Après avoir connu une production tumultueuse marquée par une refonte du design du personnage de SEGA, cette adaptation très attendue par les fans de Sonic remplit miraculeusement sa mission. Avec SONIC, LE FILM, Jeff Fowler a réalisé un long-métrage fidèle à la licence, et capable de fédérer un très large public autour d’une histoire simple mais rythmée.
Retour à Green Hill(s)

La scène d’introduction de SONIC, LE FILM se déroule dans un lieu très familier des fans de la licence, puisqu’il s’agit d’une recréation du célèbre niveau d’introduction du jeu SONIC THE HEDGEHOG sorti sur Mega Drive en 1991 : Green Hill. On y découvre un Sonic qui court toujours aussi vite, poursuivi par une tribu qui en veut à ses pouvoirs uniques, ce qui le contraint à utiliser l’un de ses fameux anneaux pour se téléporter sur une autre planète. Il débarque alors à… Green Hills, une petite ville fictive paisible du Montana, où il vit caché de la population et souffre de l’isolement (un scénario visionnaire de l’année 2020). Les ennuis commencent lorsqu’il déclenche involontairement une gigantesque impulsion électromagnétique qui coupe le courant dans toute la région nord-ouest pacifique des Etats-Unis.

Le voilà traqué par Washington qui fait appel à un scientifique aux méthodes peu recommandables, Ivo Robotnik. Ce dernier veut voler les pouvoirs de Sonic pour dominer le monde, mais notre héros est heureusement aidé par un Bon Samaritain qui ne peut pas lui résister : le shérif de Green Hills. Ce duo improbable se retrouve embarqué malgré lui dans un road trip sur la côte ouest en direction de San Francisco, où la compagne du shérif et les autres anneaux de Sonic se trouvent. Entre deux attaques menées par les drones de Robotnik, Sonic découvre les joies (et les dangers) du rêve américain, mais se fait surtout pour la première fois un ami qui l’accepte comme il est…

Le grand comeback de Jim Carrey dans un rôle de fou furieux

Bien sûr, le hérisson bleu de SEGA est logiquement le personnage de SONIC, LE FILM qui a le plus défrayé la chronique. Car après la diffusion de la première bande-annonce, la production a pris la décision inédite de repousser la sortie du film afin de retravailler le design initialement envisagé pour Sonic, devenu la risée absolue du web. Un choix inédit mais payant : la nouvelle version du personnage qui apparaît dans le film est parfaitement satisfaisante pour l’immense majorité des fans. Et elle est en plus très bien doublée par Ben Schwartz (PARKS AND RECREATION, 2009), dont le visage a aussi été utilisé pour la motion capture du visage de Sonic.

Mais le film a surtout fait appel à Jim Carrey pour donner corps à la folie de son antagoniste, le terrible Docteur Robotnik (Eggman). Carrey en fait des caisses avec ce méchant et s’amuse beaucoup à le blinder de tics de gestuelle et de grimaces absurdes, mais il faut avouer qu’il est l’acteur idéal pour jouer ce genre de cinglé. Ses prestations mémorables dans THE MASK (Chuck Russell, 1994) et LE GRINCH (Ron Howard, 2000) parlent pour lui dans ce registre, tout comme le personnage très envahissant et flippant qu’il incarne dans DISJONCTÉ (Ben Stiller, 1996), ou encore l’un des deux célèbres idiots de DUMB AND DUMBER (Peter et Bobby Farrelly, 1994). Et depuis les deux films ACE VENTURA qui ont fait de lui une star, on sait que Jim Carrey et les animaux font bon ménage au cinéma. Enfin, il serait injuste de ne pas mentionner ce bon vieux James Marsden, tellement sympa dans le rôle du shérif qu’on aimerait remplacer Sonic pour partir en road trip avec lui.

Jeux vidéo et cinéma, une histoire mouvementée

Pour les films qui adaptent en prises de vues réelles des licences célèbres de l’histoire du jeu vidéo, il existe une hantise universelle : être comparé à SUPER MARIO BROS. (Rocky Morton et Annabel Jankel, 1993). Certes, il s’agit de la première adaptation en live-action d’un jeu vidéo, mais ce film est surtout devenu un nanar culte, ce qui est complètement mérité. Dans les années suivantes, les adaptations de jeux vidéo au cinéma sont souvent restés dans le registre des séries B, en réussissant rarement à convaincre. RESIDENT EVIL est bien parvenu à donner naissance à une franchise de films à succès complètement indépendante des jeux de Capcom, mais cela reste une exception. Il a fallu attendre la dernière décennie pour que les plus gros noms du jeu vidéo aient droit à de grosses productions hollywoodiennes à succès qui ne s’adressent pas seulement aux fans, mais qui cherchent au contraire à redonner une nouvelle vie à de vieilles licences en élargissant leur audience.

On pense notamment à PRINCE OF PERSIA : LES SABLES DU TEMPS (Mike Newell, 2010), ASSASSIN’S CREED (Justin Kurzel, 2016), WARCRAFT : LE COMMENCEMENT (Duncan Jones, 2016) ou encore NEED FOR SPEED (Scott Waugh, 2014). Plus récemment encore, deux adaptations bien meilleures que toutes celles citées précédemment peuvent donner de l’espoir pour l’avenir du jeu vidéo au cinéma. D’abord, le reboot TOMB RAIDER (Roar Uthaug, 2018), avec Alicia Vikander dans le rôle de Lara Croft, a montré le chemin parcouru par la licence au cinéma depuis les deux films réalisés avec Angelina Jolie au début des années 2000. Enfin, avec POKÉMON : DÉTECTIVE PIKACHU (Rob Letterman, 2019), la célèbre franchise de Nintendo a tapé dans le mille avec son premier film en prises de vues réelles, puisqu’il constitue sans doute la meilleure adaptation d’un jeu vidéo au cinéma. Une réussite qui aura logiquement droit à une suite, comme SONIC, LE FILM, car les deux adaptations ont battu des records au box-office. Prometteur pour l’avenir des relations entre jeu vidéo et cinéma.

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