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Un peu de sérieux : le tournant dramatique de Jason Reitman à l’honneur sur CINÉ+

Posté par Cinéma Canal le 14 septembre 2021
En réussissant l’exploit de sortir trois premiers longs-métrages tous aussi réussis que remarqués, le cinéaste canadien s’est forgé une place à part dans le paysage du cinéma indépendant. À quelques semaines de la sortie de son premier blockbuster, le très attendu SOS FANTÔMES : L'HÉRITAGE, CINÉ+ rediffuse trois films récents de Jason Reitman qui gagneraient à être revisités.
De la comédie au drame

Ce n’est pas un secret, la dimension dramatique était déjà bien présente dans le plus gros succès de Jason Reitman, son deuxième long-métrage déjà culte JUNO (2007), qui osait traiter avec un humour délicat les questions très sensibles découlant de la grossesse d’une mineure, rôle inoubliable joué par un Elliot Page alors inconnu du grand public, le tout sur une bande-originale indie beaucoup trop choupinette. Et on distinguait déjà aussi le penchant du réalisateur canadien pour la satire sociale dans THANK YOU FOR SMOKING (2005) et IN THE AIR (2009), qui décriaient respectivement et intelligemment les lobbies du tabac et l’univers de l’entreprise. En 2011, il n’était donc pas très surprenant de voir Jason Reitman cacher dans l’apparente comédie YOUNG ADULT un sous-texte beaucoup plus sombre.

Mettant en scène une Charlize Theron renversante en trentenaire célibataire déprimée et obsédée par l’idée de reconquérir un amour de jeunesse désormais marié et père de famille, YOUNG ADULT questionne l’obsession de notre société pour la nostalgie, le conformisme et la jeunesse. Et si l’actrice sud-africaine incarne une sorte d’ado très attardée vue comme une marginale, c’est grâce à la patte de la scénariste Diablo Cody, à qui l’on doit déjà le personnage d’outsider si adorable de JUNO. Ce n’est pas un hasard non plus si les rires déclenchés devant les outrances de l’anti-héroïne de YOUNG ADULT sont plutôt amers, car même si le film a été vendu comme une comédie, il explore en réalité le traumatisme d’un personnage féminin sous un angle que le cinéma choisit encore trop rarement.

De la romance 80’s aux relations dématérialisées

Après cette comédie volontairement plus dramatique que drôle, Jason Reitman était enfin prêt à passer à une pure romance complètement affranchie de sa touche d’humour douce-amère si distinctive. Cela étant, avec la prise de risque LAST DAYS OF SUMMER (2013), il n’a pas totalement renoncé à l’adolescence : incarnée par Gattlin Griffith, celle-ci est encore présente au milieu d’un couple aussi brûlant qu’improbable. Improbable car ce bon vieux Josh Brolin joue – à la perfection – un prisonnier recherché pour son évasion, et qui force la pauvre Adele – Kate Winslet, évidemment parfaite aussi – à le cacher dans leur maison, alors que cette mère célibataire souffre déjà des séquelles d’un passé traumatisant. Oui mais voilà, grâce à la magie du cinéma, la tension entre ces deux-là va évidemment monter, culminant dans une scène assez dingue de préparation d’une tarte aux pêches. Film lumineux, LAST DAYS OF SUMMER n’émeut pas que grâce à son casting et à la réalisation feutrée de Jason Reitman : il est difficile de rester insensible à ces deux personnages qui ont tous les deux beaucoup à reconstruire.

Mais alors que ce film nous plonge dans une Amérique rurale du passé (années 1980) que le cinéma affectionne tant, le long-métrage suivant de Jason Reitman se projette lui vers l’un des grands thèmes de l’époque actuelle. Car avec MEN, WOMEN & CHILDREN (2014), le réalisateur s’attaque à une montagne : l’impact de notre addiction au web sur nos relations amoureuses et familiales, en profitant de l'occasion pour remettre le grand thème de l'adolescence au premier plan. Néanmoins, parents comme enfants, personne n’est épargné par ce film : Jennifer Garner se transforme par exemple en mère qui filtre maladivement toutes les communications de sa malheureuse fille alors que cette dernière tente de nouer une relation avec un garçon de son âge. Jason Reitman évoque aussi de sérieux enjeux toujours d’actualité aujourd’hui, comme l’addiction au porno, les ravages de l’anorexie, ou encore le narcissisme encouragé par la culture du selfie et les réseaux sociaux. Mais la meilleure raison de regarder MEN, WOMEN & CHILDREN, c’est très clairement son casting : en plus de Jennifer Garner, on y retrouve des étoiles montantes d’aujourd’hui à leurs débuts (Timothée Chalamet, Kaitlyn Dever, Ansel Elgort), mais aussi des stars qu’il n’est plus nécessaire de présenter : Dean Norris, Judy Greer, Adam Sandler et Emma Thompson. Des noms dont il faut profiter en coupant votre téléphone, de préférence.

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