Vrais pandas, effets spéciaux : comment a été tourné le film Moon le panda ?
"Moon le panda" au cinéma ce mercredi 9 avril est le nouveau long-métrage de Gilles de Maistre. Le réalisateur poursuit ici un travail entamé depuis plusieurs années autour des liens entre les humains et les animaux sauvages. Après "Mia et le lion blanc", "Le Loup et le lion" et "Le Dernier jaguar", il choisit cette fois de tourner au cœur de la Chine, avec des pandas filmés dans leur environnement naturel.
Un cinéma tourné vers le monde animal
Depuis 2018, le réalisateur Gilles de Maistre a développé une approche centrée sur la cohabitation entre enfants et animaux. Ses films, tournés sur plusieurs continents, reposent sur le choix de filmer de véritables animaux sans recours aux images de synthèse. Cette méthode demande une préparation particulière et une grande adaptation sur le terrain, notamment pour garantir la sécurité des équipes et des animaux.
Ainsi, Mia et le lion blanc avait été tourné en Afrique du Sud pendant trois ans, afin que l’actrice principale puisse nouer une vraie relation avec l’animal. Le loup et le lion suivait la même logique avec des animaux recueillis au Canada. "Moon le panda" s’inscrit dans cette continuité, avec un tournage entièrement réalisé dans une réserve du Sichuan.
L’histoire suit Tian, un garçon de douze ans envoyé vivre chez sa grand-mère après le départ de sa mère pour Pékin. Isolé, il découvre la forêt voisine et fait la rencontre d’un bébé panda, avec lequel il tisse un lien secret. Il décide de le baptiser Moon.
Ce lien particulier va transformer son quotidien, tout en le confrontant à la complexité du monde adulte et aux enjeux liés à la protection des espèces.
Côté casting, c'est le jeune comédien franco-chinois Noé Liu Martane qui incarne le rôle de Tian, aux côtés de sa sœur Nina Liu Martane. On retrouve également Alexandra Lamy dans le rôle de leur mère et Sylvia Chang dans celui de la grand-mère. Le comédien Liu Ye, immense star en Chine, et véritable père des deux enfants, incarne par ailleurs leur papa à l'écran.

Un tournage encadré dans une réserve chinoise
"Moon le panda" a été tourné dans la province du Sichuan, au sein d’un centre de recherche et de reproduction dédié aux pandas géants. Pendant plusieurs mois, l’équipe de tournage a travaillé en étroite collaboration avec les soigneurs, les experts locaux et les responsables de la réserve. L’ensemble des scènes impliquant des animaux a été tourné sans effets spéciaux, en conditions réelles, dans un environnement strictement contrôlé.
Deux pandas ont participé au tournage, un adulte et un plus jeune, et intéragissaient directement avec le jeune acteur principal, Noé Liu Martane. Le réalisateur a tenu à préserver l’authenticité des comportements, sans anthropomorphisme ni recours à la technologie. Les animaux ne parlent pas, ne sont pas modifiés numériquement, et conservent leur nature sauvage tout en établissant des liens affectifs visibles à l’écran. Cette approche documentaire permet au film de capter une vérité organique difficile à obtenir par d’autres moyens.
Les scènes ont été tournées dans des décors naturels, notamment autour de Chengdu. La maison de la grand-mère, construite sur pilotis, a été intégrée au récit comme un décor central du film. Elle renforce l’ancrage réaliste du récit tout en contribuant à son ambiance visuelle, entre tradition et modernité.
Le scénario a été écrit en s’adaptant aux conditions de tournage. Il évoluait au fil des jours en fonction du comportement des pandas. Le jeune comédien Noé Liu Martane, qui incarne Tian, a pu établir un lien immédiat avec les animaux, sans entraînement préalable, ce qui a facilité les interactions naturelles.
Le tournage a été rendu possible grâce à la validation des autorités chinoises, les pandas étant considérés comme un trésor national. L’implication de partenaires locaux et la reconnaissance du parcours du cinéaste ont permis d’ouvrir les portes d’un univers rarement accessible au cinéma. Le casting a également été pensé dans une optique d’authenticité, en intégrant des enfants franco-chinois pour refléter la diversité culturelle au cœur du récit.



