Les Sauvages jettent une lumière crue sur la France d’aujourd’hui

La série Les Sauvages, nouvelle Création Originale de Rebecca Zlotowski d’après l’œuvre de Sabri Louatah, brosse un portrait sans concession de l’époque.

Quatre tomes, c’est bien ce qu’il fallait pour construire cette fresque vibrante, entre politique-fiction et saga familiale, parue entre 2012 et 2016 et signée Sabri Louatah, dont on pourra découvrir prochainement l’adaptation sur CANAL+.

À travers le destin de deux familles, des banlieues de Paris à celles de Saint-Étienne, la tétralogie comme la série nous plongent au cœur de la France d’aujourd’hui, à la fois multiculturelle, déboussolée, mais surtout, fracturée, comme on va très vite le constater.

Tout commence à un moment de « cristallisation extrême » : la veille du deuxième tour de l’élection présidentielle.

Le charismatique candidat de gauche Idder Chaouch (Roschdy Zem), d’origine algérienne, est donné favori. Cette sorte d’Obama français aux idées humanistes suscite un espoir immense chez une grande partie de la population (et beaucoup de haine chez l’autre).

Pour compléter le tableau, sa fille Jasmine (Souheila Yacoub) sort avec un jeune premier, Fouad Nerrouche (Dali Bensallah), acteur montant de télévision. Mais à peine élu, le nouveau président se fait tirer dessus. La famille de Fouad serait-elle impliquée ?

De mariages kabyles en maisons d’arrêt, de QG de campagne parisiens branchés aux cités de « Sainté », cette saga fébrile jette une lumière crue sur une France où le mythe Black-Blanc-Beur a fait long feu, où l’ascenseur social est souvent en panne et où Chaouch est perçu comme « le seul capable de relancer la machine de l’intégration ».

Avec une communauté tantôt soudée ou désunie, tiraillée par ses questions identitaires, entre le chanteur de musique berbère Lounis Aït Menguellet et Kanye West, pression familiale et désir de liberté, volonté de s’intégrer ou de se replier vers sa communauté, voire des idéologies extrêmes. 

Et une France fragile, elle aussi tiraillée sur ses questions identitaires, coupée en deux, où il faut mieux être du bon côté de la barrière, et où un groupe n’hésitera pas à surveiller, contrôler et écraser l’autre.

Une France rendue par la force des choses hystérique et schizophrène, et dans laquelle chacun aura bien du mal à trouver sa place.
 

Les Sauvages, Création Originale, le 23 septembre sur CANAL+.