5 raisons de voir Tokyo Vice, la série la plus stylée de la rentrée

Posté par Alexis Lebrun le 15 septembre 2022
D’ores et déjà renouvelé pour une deuxième saison par HBO Max aux États-Unis, ce polar sombre et tendu qui a bénéficié de la présence du grand Michael Mann débarque en France sur CANAL+. Un événement sériel à ne surtout pas manquer, et on vous explique pourquoi.
Une histoire vraie haletante

Comme tant de séries ces derniers temps, Tokyo Vice est l’adaptation d’un livre qui dépeint des faits réels. Ici, il s’agit du bouquin éponyme publié en 2009 (2016 en France) par le journaliste américain Jake Adelstein. Et on comprend vite pourquoi l’histoire de celui-ci est aujourd’hui adaptée à la télévision. Ce garçon est en effet le premier étranger à avoir réussi l’examen d’entrée pour travailler dans un fameux journal japonais, connu pour avoir le plus gros tirage du monde.

Mais ce n’est pas tout. Jake Adelstein n’est pas seulement passionné par la culture japonaise, il a aussi une vocation bien particulière : travailler sur les affaires criminelles. Cela tombe bien, il fait ses débuts au journal en travaillant sur les pages police-justice. Et alors que sa hiérarchie le tyrannise en lui demandant de relater les rapports de police sans poser de questions, Adelstein ne peut pas s’empêcher de chercher la vérité.

Il découvre que plusieurs suicides qui n’ont théoriquement rien à voir entre eux sont en fait peut-être liés aux yakuzas, la mafia japonaise sur qui il est préférable de ne pas enquêter si on tient à la vie. Pas de quoi effrayer Jake Adelstein, qui se retrouve chaperonné par un flic chevronné et old school, spécialiste du crime organisé, Hiroto Katagiri.

Une plongée fascinante dans les bas-fonds de la nuit tokyoïte

Il collabore avec ce dernier mais est aussi en contact avec les yakuzas pour avoir des infos, le genre de double-jeu très dangereux qui peut vite vous mener six pieds sous terre. Il y a donc du suspense et beaucoup de tension dans Tokyo Vice, puisque l’on découvre en même temps que le personnage principal l’univers très codifié et impressionnant des yakuzas, avec ses rites, ses règles et sa violence.

Cette plongée fascinante dans la nuit interlope de Tokyo est accompagnée de rencontres avec des personnages très crédibles qui ancrent la série dans le réel. C’est le cas de Sato, un jeune yakuza qui collecte l’argent d’un « hostess club », et où travaillent Samantha et Polina, une Américaine et une Européenne qui croisent quotidiennement les flics, les journalistes et les yakuzas dans ce lieu de rencontre caractéristique du Japon.

Une production très soignée, marquée par l’empreinte de Michael Mann

Cet envers de la capitale japonaise est absolument passionnant, et s’il est si difficile de détourner les yeux de Tokyo Vice, c’est aussi parce que l’apparence visuelle de la série est extrêmement soignée. Tous les décors – en particulier nocturnes – de ce Tokyo des années 1990 sont particulièrement soignés et stylisés, et la série a la chance de pouvoir compter sur la participation de la légende Michael Mann, réalisateur du premier épisode et producteur de cette première saison, où son influence se fait assez sentir pour dire qu’il a posé les bases de l’esthétique très classe de Tokyo Vice.

Dix ans après l’échec très injuste de sa dernière série, Luck (OCS), l’homme de Miami Vice et le roi du polar néo-noir revient à la télévision avec un projet taillé pour lui, et où il fait encore montre de sa maîtrise inégalable du filmage des grandes métropoles et de leurs néons la nuit.

Une immersion dans la société japonaise aux côtés d’un outsider

Les spécificités culturelles du Japon nous fascinent et sont une source d’inspiration inépuisable pour la fiction. Après Sofia Coppola dans Lost in Translation (2003), Tokyo Vice en donne une nouvelle vision loin des clichés idylliques grâce à son personnage principal, un homme déterminé à s’intégrer pleinement dans la société japonaise, et que l’on suit donc dans son quotidien et sa découverte du Japon des marginaux avec beaucoup d’intérêt, même quand il n’est pas occupé à infiltrer les yakuzas.

Car malgré son excellente maîtrise de la langue japonaise, le Jake Adelstein de la série reste un outsider, un « gaijin » (étranger) souvent mal vu et bizuté à son travail, où le journal obéit à des règles pour le moins déroutantes, comme la police d’ailleurs. L’immersion dans cette ambiance si particulière est bien sûr renforcée par les décors authentiques de Tokyo déjà évoqués, mais aussi par le fait que la série ait été largement tournée en japonais, ce qui nous amène naturellement à parler de son casting.

Un casting international mené par Ansel Elgort

Comme le personnage qu’il interprète, l’acteur principal de Tokyo Vice a passé beaucoup de temps à apprendre le japonais pour être au niveau du rôle. Avec son visage juvénile et ses cheveux en bataille, Ansel Elgort se glisse très bien dans la peau du jeune premier ambitieux qui prend des risques démesurés pour son enquête. Après sa révélation dans Baby Driver (Edgar Wright, 2017) et sa confirmation dans le récent West Side Story (Steven Spielberg, 2021), l’acteur new-yorkais trouve avec cette première apparition dans une série un très beau tremplin pour un avenir qu’on imagine brillant.

En revanche, il ne peut pas encore rivaliser avec le charisme de celui qu’il trouve en face de lui dans le rôle du flic mentor, le Japonais Ken Watanabe, connu notamment pour ses rôles chez Christopher Nolan. Le casting compte aussi deux actrices très convaincantes dans les rôles de Samantha et Polina, mentionnées plus haut : la première est jouée par Rachel Keller, habituée des séries grandioses de Noah Hawley (Fargo sur Netflix, Legion sur Disney+), et la deuxième par Ella Rumpf, actrice franco-suisse pas inconnue chez nous, puisqu’elle a joué dans le premier film de Julia Ducournau, la sensation Grave (2016).

Découvrez la série événement Tokyo Vice, seulement sur CANAL+, avec 2 nouveaux épisodes tous les jeudis.