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Flics sous pression, ascenseur social en panne… Pourquoi Engrenages est ancrée dans le réel

En s’emparant de thèmes forts (ultra gauche, clandestins…), la série parle de la société tout entière, et de ses dysfonctionnements à tous les étages.

Engrenages n’est pas dans une tour d’ivoire : la série montre la réalité crue. Parce qu’elle s’est entourée de consultants, issus de la police et de la justice, pour la conseiller.

Mais aussi parce qu’elle nous plonge dans une France ultra réaliste, en proie à de nombreux problèmes, de la petite voyoucratie à la délinquance en col blanc.

Au fil des saisons, Engrenages met le doigt sur des thématiques qui font la une des journaux et des problèmes de société qui donnent des sueurs froides aux politiques. Comme les trafics d’humains ou de drogues, pour commencer.

Dans la saison 2, on suit par exemple le commerce de stupéfiants des frères Larbi, depuis des cités au bord de l’implosion jusqu’aux go-fast vers l’Espagne.

À l’opposé de ce genre de business lucratif, Engrenages montre aussi, constamment, la misère sociale. Avec un Paris pauvre, une banlieue en déshérence. Des SDF livrés à eux-mêmes, jeunes ou plus âgés, entre squats ou foyers de réinsertion, souvent les premiers interlocuteurs de la 2e DPJ.

Tout comme les prostituées, victimes de toutes sortes de violences. Ou la communauté Rom, entassée dans des camps dans des conditions insalubres. Ou encore les sans-papiers.

En saison 4, le DPJ se penche d’ailleurs sur le milieu de l’ultra gauche, qui vient en aide aux nouveaux arrivants, se bat contre les prisons et centres de rétention, et veut « foutre en l’air le système ».

Un système dont les dysfonctionnements sont régulièrement épinglés : dans Engrenages, des maires, corrompus, peuvent racketter leurs administrés ou acheter la paix sociale, par exemple. Ou, à un échelon plus élevé encore, certains voyous, qui ne sont pas ceux qu’on croit, sont protégés au plus haut niveau…

Mais le DPJ n’est pas irréprochable non plus : Engrenages montre des policiers qui dérapent fréquemment. Laure et Gilou passent leur temps à sortir des clous, se couvrir entre eux, violenter des protagonistes (Laure en a même aspergé un d’essence, ou du moins, le lui a fait croire).

Des policiers que l’on voit aussi sous pression, poussés à faire du chiffre. Ainsi, le commissaire Herville est-il contraint de demander à ses équipes, déjà surchargées, de courser des voleurs de colliers à la tire, pour faire plaisir au préfet et à la presse.

La machine judiciaire, également, est montrée avec tous ses problèmes. Le si droit juge Roban doit fréquemment se battre contre sa hiérarchie, laquelle protège parfois les intérêts d’individus haut placés (hommes politiques ou non), qui tabassent leur femme ou fraudent.

« Les francs-tireurs n’ont pas leur place dans la magistrature », s’entend dire Roban (qui a parfois, lui aussi, pris quelques libertés avec les procédures).

Bref, criminels, policiers ou magistrats, personne n’est montré sous un faux jour dans Engrenages. C’est peut-être aussi pour ça que c’est la série préférée des flics et des voyous…

Engrenages, Création Originale, saison 8 disponible sur CANAL+.