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Paris Police 1900 : la police scientifique bien avant Les Experts

La Création Originale Paris Police 1900, disponible sur CANAL+, nous montre la genèse de la police scientifique française, avec le personnage d'Alphonse Bertillon.

« Bertillonez-moi. » Paris Police 1900 met en scène, entre autres personnages historiques, un certain Alphonse Bertillon (1853-1914), joué par Christian Hecq, sociétaire de la Comédie-Française.

Ce criminologue (par ailleurs anti-dreyfusard convaincu, comme on le verra dans la série) est un pionnier de l’anthropométrie judiciaire, créateur du fameux système Bertillon, ou bertillonage.

Pour mieux identifier les criminels, notamment les récidivistes, celui-ci a une idée révolutionnaire : les photographier de face et de profil, prendre leurs empreintes digitales, mais aussi les mesurer de pied en cap, de la longueur des avant-bras à l’écartement des yeux.

Très méticuleusement : « Le bertillonnage ne souffre pas l’imprécision. » Et les décrire, tout simplement. C’est le « portrait parlé ». Bertillon consigne également les signes particuliers des prévenus, comme des cicatrices ou tatouages.

La préfecture de police est réticente, mais finit par adopter ce système en 1883, avec la création d’un bureau d’identité, et la bénédiction du préfet Lépine.

Dans Paris Police 1900, Bertillon est un personnage plutôt comique. Quoiqu’assez imbu de lui-même, il se rend bien compte que sa méthode innovante n’est pas infaillible. « La science progresse, Messieurs, mais elle a ses limites. » 

Cela ne l’empêche pas de lancer des traits d’humour, comme lors de la scène où il « bertillone » un prévenu en entonnant une chanson paillarde sur les morpions et les poux, De profundis morpionibus, reprise en chœur par ses assistants…

Mais au-delà du bertillonage, on assiste également aux balbutiements de la police scientifique en général.

Ainsi, les policiers, qui enquêtent sur un corps de femme retrouvé dans une valise dans la Seine, tentent de déterminer de quel pont a été jetée la victime, en prenant en compte la vitesse du courant.

Mieux, ils font une expérience, lançant des valises remplies de viande de mouton dans le fleuve. Des techniques de reconstitution qui pourraient être encore usitées aujourd’hui (mais plutôt à l’aide de mannequins).

En revanche, il y avait une chose qui n’était pas du tout au point dans la police : les archives. L’inspecteur Jouin, qui doit compulser des centaines de classeurs pour trouver ce qu’il cherche, en sait quelque chose.

Et aussi… les violences policières. L’inspecteur Joseph Fiersi a par exemple la mandale facile. Les fonctionnaires n’hésitent pas à menacer les citoyens qu’ils interrogent, leur promettant par exemple d’envoyer leur femme en prison s’ils ne collaborent pas.

Une police violente donc, à l’image de l’époque. Mais qui a largement contribué à façonner l’anthropométrie d’aujourd’hui.

Paris Police 1900, une Création Originale créée par Fabien Nury, disponible en intégralité sur CANAL+.