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Paris Police 1900 : quand les femmes se décorsètent

Au début du XXe siècle, la gent féminine cherche à s’émanciper, comme on le voit dans la Création Originale Paris Police 1900. Disponible en intégralité sur CANAL+.

Dans Paris Police 1900, les femmes ne sont pas vraiment à la fête. On enquête d’ailleurs sur un féminicide…

Cantonnées à un rôle domestique, non seulement elles n’ont pas les mêmes droits que les hommes (elles sont par exemple loin d’avoir le droit de vote, qui ne sera effectif qu’en 1944), mais en plus, les mentalités mettront du temps à évoluer.

Dans la société patriarcale d’alors, à la morale bourgeoise très rigide, elles sont considérées comme d’éternelles mineures, sous le joug du père, puis du mari.

On le voit dès le le début de la série avec le délit d’adultère, où l’épouse passe toujours pour coupable. Dans le premier épisode, les policiers en constatent un, aux côtés du « cornard » : « Ouvre morue, c’est ton mari qui te parle. »

L’adultère est sanctionné d’une peine de prison pour les femmes, tandis que les hommes ne risquent qu’une amende…

À Paris, les femmes prises en faute peuvent alors atterrir très facilement à la prison de Saint-Lazare. Un avenir peu radieux s’ouvre alors à elles. « Dans six mois, on la retrouvera au bordel. Dans un an, à la morgue », peste l’inspecteur Antoine Jouin après l’arrestation d’une jeune femme. Au XIXe, Paris, rempli de maisons closes, est effectivement la « capitale de la prostitution ».

Mais les femmes de la Belle Époque, dont on pense que la place se trouve avant tout au sein du foyer, cherchent à s’émanciper. Par le travail, d’abord. Elles peuvent notamment occuper des emplois dans l’enseignement ou le commerce. Mais les plus modestes sont plutôt ouvrières…

Par l’éducation, aussi : en 1880, elles peuvent enfin entrer au lycée. Pour autant, les choses sont loin d’être simples. Hélène Chagnolle, par exemple, prise en délit d’adultère dans la série, ne sait pas lire.

L’avocate Jeanne Chauvin (ci-dessus, Eugénie Derouand), quant à elle, n’a pas le droit d’exercer. Cette féministe, qui a réellement existé, sera la première à plaider en France, en 1901. En attendant, les policiers (que des hommes) ricanent quand elle tente d’assister un client au commissariat, impuissante. Déterminée, elle ne lâchera pas le morceau si facilement.

Dans la sphère intime, ce n’est pas plus glorieux. L’oppression est quotidienne. Les femmes se font battre ou malmener par leur mari. Le préfet Lépine lance ainsi à son épouse : « Je serai assez exposé, une fois en poste, pour ne pas avoir à gérer vos défaillances, ma chère. »

Meg Steinheil (autre personnage historique, joué par Évelyne Brochu, ci-dessous), mal mariée, cherche à obtenir une source de revenus pour élever sa fille.

Courtisane et espionne, objet de toutes les convoitises, elle se relève toujours, malgré les coups bas.

« Quand une catégorie de la population a moins de droits qu’une autre, cette catégorie est immédiatement exploitée par l’autre, économiquement, socialement, sexuellement. J’ai voulu en parler », a expliqué le créateur de la série, Fabien Nury.

L’occasion d’aborder, surtout, le lent chemin vers l’émancipation de ces femmes.

Paris Police 1900, une Création Originale créée par Fabien Nury. Tous les épisodes disponibles sur CANAL+.