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Pourquoi il faut (re)voir Californication, la seule série vraiment "sex, drugs & rock’n’roll"

Posté par Alexis Lebrun le 4 mai 2020
Pendant sept saisons, Hank Moody a incarné l’écrivain de fiction que presque tous les hommes voulaient être. Six ans après ses adieux, n’est-il pas grand temps de retourner dans le Los Angeles mi-rêve, mi-cauchemar de Californication ?
Parce que le Hank Moody joué par David Duchovny est irrésistible

La meilleure raison de regarder Californication est évidemment son interprète principal. Après être devenu une star en incarnant Fox Mulder dans X-Files, David Duchovny s’est complètement réinventé avec le rôle comique de Hank Moody, sur qui la série est centrée. Ce personnage est l’un des plus iconiques des dernières années, et pour cause. C’est un ancien écrivain à succès exilé à Los Angeles, qui tente de reconquérir son ex et sa fille malgré son goût immodéré pour le sexe, l’alcool, et la drogue. Avec son talent inné, son allure faussement débraillée, son hygiène de vie douteuse, sa Porsche déglinguée, sa franchise désarmante, son humour cinglant, son auto-dérision et son charme ravageur, il incarne une vision totalement fantasmée de l’artiste débauché et tourmenté, mais qui fonctionne à merveille.

Duchovny apporte au personnage un mélange de candeur, de flegme et de décontraction, et surtout un sens inné de la diction et de l’improvisation qui transforment de bonnes répliques en phrases cultes. Et on aurait tort de cantonner sa prestation à la comédie : le Hank Moody qu’il incarne possède une face sombre qui le rend particulièrement attachant, malgré ses choix plus que douteux et les innombrables erreurs qu’il reproduit en permanence.

Parce que c’est une vraie série pour adultes

Comme son nom l’indique, Californication n’est pas un show qui a peur d’aborder le sexe, et encore moins de le montrer. Ce dernier est même au cœur de la série, et dès le deuxième épisode, on peut arrêter de compter les scènes à ne pas montrer à vos enfants. Californication n’a jamais lésiné sur les scènes de débauche où fesses, seins, drogues et alcool se mélangent à l’excès, et les dialogues ont aussi une saveur très crue. Tout cela est un peu moins sulfureux aujourd’hui, mais quand la série a débarqué en 2007, ce parfum général était très rafraîchissant pour l’époque.

Et surtout, Californication parle de sexe avec humour : les personnages masculins principaux incarnés par David Duchovny et Evan Handler (l’inoubliable Charlie Runkle) se retrouvent toujours dans des situations improbables (et drôles) qui rappellent bien que l’on est dans une série comique et pas dans un porno soft. Californication met aussi en scène un personnage au comportement autodestructeur qui souffre de multiples addictions (clope, drogue, alcool), ce qui a évidemment des conséquences fâcheuses sur sa vie.

Parce que c’est une déclaration d’amour au rock et à L.A.

Enfin, ce serait une erreur de réduire Californication à une série comique légère sur le sexe et la débauche en général. Les dialogues et les décors sont en effet bourrés de références à l’histoire de la musique rock des 60 dernières années, en particulier la scène californienne et des artistes comme le trop méconnu Warren Zevon. Le personnage principal est très librement inspiré de l’écrivain américain Charles Bukowski, célèbre pour ses frasques, et c’est aussi le cas de plusieurs personnages secondaires : Janie Jones est une référence à la chanson de The Clash, et le personnage mémorable du producteur Lew Ashby est basé sur le vrai producteur de légende Rick Rubin. Plusieurs scènes ont d’ailleurs été tournées dans le studio manoir de ce dernier, « The Mansion. »

Et de très nombreux artistes jouent même dans la série : Marilyn Manson, Steve Jones, RZA, Henry Rollins, Tommy Lee, Zakk Wylde, Rick Springfield, Zoë Kravitz… Inutile de préciser que la musique du show est au diapason, mais en dehors de cela, Californication est aussi l’une des meilleures séries sur Los Angeles. Principalement tournée à Venice, elle explore des lieux connus et moins connus de la ville, et notamment le L.A. nocturne, avec un regard et un grain qui respirent l’amour pour la cité des anges. En d’autres termes, si Los Angeles vous fait rêver, Californication est une excellente façon de la (re)découvrir.

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