The Gilded Age (OCS), un Downton Abbey américain au casting luxueux

Posté par Alexis Lebrun le 24 janvier 2022
En projet depuis le milieu des années 2010, le nouveau « period drama » de Julian Fellowes est l’une des séries les plus attendues de ce début 2022. Annoncée particulièrement fastueuse en matière de décors comme de costumes, et dotée d’un casting de prestige, The Gilded Age (OCS) possède en effet a priori quelques arguments pour attirer les fans de Downton Abbey.
Période dorée

Décidément, les petits problèmes des plus riches ont la cote chez HBO. Alors que les embrouilles de la famille Roy dans Succession (OCS) n’en finissent pas de fasciner un cercle de fidèles de plus en plus important, la nouvelle grosse production signée HBO s’intéresse au Gilded Age, cette période de l’histoire américaine marquée par des révolutions technologiques et une prospérité dorée, qui a commencé avec la guerre de Sécession (1865), et a duré jusqu’à l’aube du 20ème siècle. La série l'explore par le biais de personnages fictifs, mais vraisemblablement inspirés des grandes figures industrielles emblématiques du New York de la fin du 19ème siècle. Car ce que The Gilded Age raconte, c’est l’avènement d’un nouveau monde, ou plutôt des nouveaux riches qui viennent bousculer l’ordre établi à New York. Cette révolution est illustrée dans la série par la famille de George Russell (Morgan Spector), un « baron voleur » sans pitié qui a fait fortune avec l’explosion du chemin de fer, et qui s’installe avec sa femme Bertha (Carrie Coon) dans un véritable palais sur la fameuse Cinquième Avenue.

Ces nouveaux arrivants donnent la nausée à Agnes van Rhijn (Christine Baranski), une veuve mondaine friquée qui n’a qu’une priorité dans la vie : défendre à tout prix les valeurs et les traditions de la vieille aristocratie face aux assauts de cette bourgeoisie qu’elle considère comme illégitime. Et l’affrontement s’annonce royal, car Bertha Russell a l’ambition d’une superprédatrice, et a bien l’intention d’utiliser la fortune de son mari pour mettre le pied dans la porte de la haute société new-yorkaise et se hisser à son sommet. Au milieu de cette lutte générationnelle et sociale, on retrouve Marian (Louisa Jacobson), une jeune fille naïve et sans le sou qui débarque chez sa tante Agnes après avoir dû quitter la campagne de sa Pennsylvanie natale à la mort de son père. Ballotée entre obligation d’enfiler le corset étouffant de la tradition et volonté de découvrir les joies de la modernité, ce personnage est la véritable héroïne de la série. Elle se lie d’amitié avec Peggy Scott (Denée Benton), une apprentie écrivaine afro-américaine diplômée et forcée de faire croire qu’elle est femme de chambre dans une société ouvertement raciste, qui l’assigne aux tâches subalternes.

Christine Baranski vs Carrie Coon, un face-à-face de rêve

On l’a dit en introduction, The Gilded Age est une série qui respire les grands moyens. HBO et NBC se sont disputé le projet avant que la chaîne payante n’emporte le morceau en 2019. Et elle n’a pas lésiné sur le budget alloué aux neuf épisodes de la série, tournés dans des décors somptueux et avec une abondance de costumes d’époque qui donne le tournis. Il faut dire que l’on ne peut presque rien refuser à Julian Fellowes depuis le succès persistant de Downton Abbey (Netflix), série d’époque achevée en 2015 mais qui est devenue un véritable phénomène mondial. Elle continue de passionner des hordes de fans, à tel point qu’un deuxième film faisant suite à la dernière saison doit d’ailleurs arriver au cinéma cette année, après un premier essai sorti en 2019. Il sera difficile pour The Gilded Age de reproduire le succès surprise de Downton Abbey, qui a remis au goût du jour l’aristocratie britannique du début du vingtième siècle. Mais le contexte américain de la nouvelle série de Julian Fellowes est au moins aussi intéressant, et The Gilded Age peut surtout compter sur un casting doré.

Les fans de The Good Wife et de son excellent spin-off The Good Fight savent à quel point Christine Baranski est une actrice géniale, et on peut en dire autant de Carrie Coon, mémorable Nora Durst dans le chef-d’œuvre The Leftovers (OCS), mais aussi apparue dans la troisième saison de Fargo (Netflix) et dans le drame conjugal The Nest (Sean Durkin, 2020) aux côtés de Jude Law. La seule perspective d’un face-à-face entre Christine Baranski et Carrie Coon est un argument suffisant pour regarder la série, mais on aura aussi le bonheur de retrouver Cynthia Nixon (Miranda de Sex and the City sur OCS), Taissa Farmiga (American Horror Story sur Netflix), Morgan Spector (The Plot Against America) et surtout Louisa Jacobson, qui n’est autre que la fille d’une certaine Meryl Streep, et qui fait ici ses débuts à la télévision. Avec un scénariste comme Julian Fellowes à la barre, tout ce joli petit monde devrait se livrer à un jeu de massacre assez réjouissant dans les salons feutrés du New York de 1882. Suffisant pour nous convaincre que l’âge d’or des séries n’est pas terminée ?

The Gilded Age épisodes 1 à 9, dès maintenant en US+24 sur OCS, disponible avec CANAL+.