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UNE BATAILLE APRÈS L’AUTRE : le film avec Leonardo DiCaprio est-il basé sur une histoire vraie ?

Le dixième film de Paul Thomas Anderson, UNE BATAILLE APRÈS L’AUTRE, est enfin arrivé dans les cinémas français. Porté par Leonardo DiCaprio, est-il inspiré d’une histoire vraie ? Les French 75 ont-il réellement existé ?

UNE BATAILLE APRÈS L'AUTRE : l'immense fresque de Paul Thomas Anderson

Avec UNE BATAILLE APRÈS L’AUTRE, Paul Thomas Anderson (PTA pour les intimes) signe son film le plus ambitieux (et le plus cher) de sa carrière. Ce thriller épique, tourné en 35 mm et doté d’un budget record évalué entre 130 et 175 millions de dollars, puise librement dans le roman Vineland de Thomas Pynchon.

Le cinéaste avait envisagé de porter ce livre à l’écran avant d’opter pour un récit original, nourri d’éléments du roman et centré sur un père et sa fille. L’histoire suit Bob Ferguson (Leonardo DiCaprio), ancien activiste d’un groupe révolutionnaire appelé French 75. Retiré du monde depuis seize ans après la disparition de sa compagne (Teyana Taylor), il doit reprendre les armes lorsque son ennemi juré (Sean Penn) enlève sa fille Willa (Chase Infiniti).

Père et fille sillonnent une Amérique dystopique où l’armée et la police enferment les migrants et où de mystérieux nationalistes tirent les ficelles du pouvoir. À leurs côtés, quelques alliés (Regina Hall, Benicio del Toro) rappellent les camarades de jeunesse et permettent à Paul Thomas Anderson de mêler scènes d’action, humour noir et satire politique.

 

Le film est-il basé sur une histoire vraie ?

Non, UNE BATAILLE APRÈS L’AUTRE n’est pas la reconstitution d’un fait précis. Mais il s’ancre dans une toile historique bien réelle : l’Amérique des années 1960 et 1970, secouée par les luttes contre le racisme, la guerre du Vietnam et l’autoritarisme croissant de l’État.

Le groupe révolutionnaire au cœur du film, les « French 75 », n’a jamais existé. Paul Thomas Anderson les a inventés, mais leur ADN est limpide : un héritage direct du Black Panther Party, fondé en 1966 pour défendre les droits des Afro-Américains et dénoncer la brutalité policière, du Weather Underground, mouvement issu des milieux étudiants qui s’est radicalisé dans la lutte armée et les attentats pour protester contre le Vietnam, et de la Symbionese Liberation Army (SLA), petit groupe ultraviolent rendu tristement célèbre par l’enlèvement de Patty Hearst en 1974.

À partir de ce groupe fictif, UNE BATAILLE APRÈS L’AUTRE convoque tout un pan de l’histoire américaine : les assassinats politiques de Martin Luther King, Malcolm X ou encore des Kennedy, la répression orchestrée par le FBI à travers son programme COINTELPRO qui infiltra et sabota les mouvements contestataires, et les fractures raciales et sociales dont les échos résonnent encore aujourd’hui.

Le nom choisi par Paul Thomas Anderson joue lui-même sur une double image : French 75 est à la fois le nom d’un canon de 75 mm de la Première Guerre mondiale, redouté pour sa puissance et sa cadence de tir, mais il est également le nom d'un cocktail alcoolisé à base de gin et de champagne. Un symbole parfait de ce mélange d’idéalisme, de radicalité et de violence qui traverse le film.

Dans une scène, le personnage incarné par Leonardo DiCaprio regarde LA BATAILLE D’ALGER (1966), qui devient miroir des guérillas urbaines américaines. Plus largement, UNE BATAILLE APRÈS L'AUTRE évoque la radicalisation de la gauche américaine, les traumas de la guerre du Vietnam, la polarisation politique et les fractures raciales qui traversent encore aujourd’hui les États-Unis.

UNE BATAILLE APRÈS L'AUTRE en salles le 24 septembre.