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Cannes 2025 : après les chocs GRAVE et TITANE, Julia Ducournau surprend tout le monde avec ALPHA

Quatre ans après sa Palme d’Or pour TITANE, Julia Ducournau revient en compétition avec ALPHA, un film plus posé, centré sur les liens familiaux face à une épidémie fictive. Une proposition très différente de ce à quoi elle nous avait habitués.

Julia Ducournau surprend Cannes avec ALPHA

Depuis GRAVE, puis TITANE, Julia Ducournau s’est imposée comme une réalisatrice viscérale, clivante, capable de provoquer des réactions physiques dans les salles de cinéma. À Cannes, ses films sont devenus des événements à part entière. Son retour en compétition, quatre ans après sa Palme d’Or, était donc scruté de près. On attendait une nouvelle secousse, de nouveaux corps malmenés, une autre métamorphose brutale. Mais ALPHA a pris tout le monde à contre-pied.

Ici, pas de transgression frontale, ALPHA est un film presque apaisé et d’une douceur inattendue. L’intrigue se déroule dans les années 1980, dans un monde frappé par une épidémie étrange qui transforme lentement les corps en marbre, avant de les réduire en poussière. Une métaphore évidente, mais jamais appuyée, qui fait écho à la crise du sida sans jamais la nommer. ALPHA s’attache d’abord à une petite fille, Alpha, et à sa mère, interprétée par Golshifteh Farahani, qui tente de protéger son frère malade (incarné par un Tahar Rahim squelettique et méconnaissable).

Avec ALPHA, Julia Ducournau ne cherche plus la souffrance frontale de ses précédents films, mais explore une forme d’érosion plus douce. Les spectateurs sont ainsi moins malmenés — ce qui pourrait décevoir les fans de ses deux premiers longs.

Tahar Rahim impressionnant

Visuellement, ALPHA reste fidèle à l’univers esthétique de Ducournau, mais sans les débordements de TITANE. Le corps y est toujours central, mais traité avec plus de retenue. La bande-son, très présente, accompagne quasiment chaque scène, parfois au risque d’en faire trop. Contrairement à ses premiers films, ALPHA ne cherche ni l’excès ni la provocation : il explore un territoire plus intime, plus posé.

Peu à peu, le film se décentre de la petite Alpha pour se recentrer sur un autre personnage : son oncle, atteint de la mystérieuse maladie. C’est lui qui devient le véritable cœur du film, dans un rôle à contre-emploi porté par un Tahar Rahim méconnaissable. ALPHA bascule alors dans un autre registre, presque lyrique, et offre son lot de séquences poétiques centrées sur la disparition programmée des corps malades, et le deuil impossible.

Avec ALPHA, Julia Ducournau s’écarte volontairement de ce que le public attendait d’elle. Elle ne cherche pas à refaire le coup de la Palme, mais propose une fable étrange et mélancolique qui devrait susciter le débat.

Le film sortira dans les salles françaises le 20 août prochain.