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CATS : pourquoi tant de haine pour les chats numériques de Tom Hooper ?

Posté par Cinéma Canal le 30 décembre 2021
Raillée dans le monde entier à sa sortie, la comédie musicale adaptée par le réalisateur britannique a même été transformé en sketch par certains membres de son casting aux Oscars en 2020. Deux ans après l’arrivée pour le moins mouvementée de CATS (2019), retour sur un film qui ne laisse personne indifférent.
Autopsie d’un désastre

Sur le papier – et avant que les premières images ne soient diffusées –, on aurait tendance à penser que tous les ingrédients étaient réunis pour que le sixième long-métrage de Tom Hooper rencontre au moins un petit succès, mais l’histoire est plus complexe que cela. Auréolé du triomphe rencontré par son adaptation d’une comédie musicale bien de chez nous, LES MISÉRABLES (2012), nommée huit fois aux Oscars et qui avait remporté trois statuettes – dont une pour les maquillages et une autre pour Anne Hathaway –, le réalisateur britannique – par ailleurs lui-même oscarisé pour LE DISCOURS D’UN ROI (2010) et acclamé pour DANISH GIRL (2015) – semblait être la personne indiquée pour mener à bien ce projet d’adaptation certes casse-gueule de CATS.

Depuis son lancement en 1981, la comédie musicale d’Andrew Lloyd Webber est en effet un immense succès de Broadway exporté dans le monde entier, mais dont le passage au cinéma est compliqué par une intrigue très bancale, issue d’un recueil de poésie de T. S. Eliot. En gros, une bande de matous se réunit chaque année dans le Londres des années 1930 pour un bal où leur boss (Judi Dench) choisit l’unique chat qui pourra accéder au paradis des félins et vivre une sorte de réincarnation. Tout cela n’est en réalité qu’un prétexte pour enchaîner des numéros musicaux appuyés par la musique pas forcément mémorable d’Andrew Lloyd Webber, mais dont tout le monde connaît au moins la chanson Memory, ici interprétée de façon très outrancière par Jennifer Hudson. Mais le scénario et la musique ne sont pas le plus gros problème de CATS, loin de là.

La fourrure de la discorde

Car ce qui a déclenché des réactions horrifiées dès la diffusion de la première bande-annonce, c’est bien sûr l’apparence très perturbante des chats du film. Contrairement à la comédie musicale, où de vrais costumes volontairement extravagants sont utilisés, le film de Tom Hooper a en effet eu exclusivement recours à des effets spéciaux numériques particulièrement coûteux – le budget du film aurait flirté avec les 100 millions de dollars – mais surtout complètement ratés et responsables des innombrables moqueries reçues par CATS. En voulant donner une apparence réaliste et anthropomorphe à ses chats, le film a transporté l’intégralité de son casting de stars (Idris Elba, Ian McKellen, Taylor Swift…) au cœur de la fameuse vallée de l’étrange (uncanny valley), si inconfortable à voir pour le public. Pire encore, ne disposant pas du temps ni des moyens de ses ambitions, CATS est sorti au cinéma sans que ses chats numériques soient correctement terminés, ce qui se voit malheureusement un peu partout dans des ratés grotesques qui vont au-delà de simples insuffisances sur les finitions.

Tom Hooper a beau avoir travaillé sur le film pendant 36 heures d’affilée jusqu’au petit matin de la grande première, il a été obligé de renvoyer une nouvelle version corrigée – mais encore loin d’être parfaite – à tous les cinémas quelques jours après la sortie catastrophique du film, ce qui constitue une triste première dans l’histoire du septième art. Les fourrures virtuelles si décriées des personnages – qui rappellent les péripéties vécues pour le design du hérisson velu de SONIC, LE FILM (Jeff Fowler, 2020) –, ont même été tournées en ridicule par deux membres du casting (Rebel Wilson et James Corden), déguisés dans un sketch à pleurer de rire aux Oscars. Cela ne consolera sûrement pas Tom Hooper, mais on peut se dire qu’au moins, CATS est assuré de rester dans la mémoire collective. Car même si c’est involontairement et pour le pire, son film ne ressemble à aucun autre, et ils sont peu à pouvoir en dire autant. Rien que pour cette singulière bizarrerie, il mérite d’être vu au moins une fois. Futur film culte ? Peut-être.

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