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PIECES OF A WOMAN : déjà la consécration pour Vanessa Kirby ?

Posté par Alexis Lebrun le 6 janvier 2021
Après avoir fait sensation au Festival international du film de Toronto en septembre, le film du cinéaste hongrois Kornél Mundruczó a été racheté par Netflix, et un certain Martin Scorsese a même offert ses services en tant que producteur exécutif. PIECES OF A WOMAN est en route pour les Oscars, et il le doit en grande partie à la performance de Vanessa Kirby, elle-même favorite pour récolter une statuette.
Un deuil impossible

PIECES OF A WOMAN s’ouvre par un plan-séquence suffocant de 23 minutes, puisqu’on y suit l’accouchement à domicile d’une jeune femme (Martha), entourée de son mari (Sean, joué par Shia LaBeouf) et d’une sage-femme remplaçante (Molly Parker). Son dénouement est atroce : le bébé est mort-né. Commence alors la deuxième partie du film, qui montre la reconstruction du couple, ou plutôt son autodestruction. Cette perte indescriptible mine la relation entre Sean et Martha, issus de milieux sociaux opposé, et la mère autoritaire de cette dernière (Ellen Burstyn) n’arrange pas les choses en tenant absolument à ce que la sage-femme présente lors du drame soit poursuivie en justice – car il faut à tout prix trouver un coupable.

Ce scénario est en partie inspiré de l’histoire personnelle du réalisateur Kornél Mundruczó et de sa compagne et scénariste Kata Wéber, qui ont eu à vivre la perte d’un enfant mort-né. Et Vanessa Kirby a déclaré espérer que PIECES OF A WOMAN brise le tabou autour de ces drames, en libérant la parole des femmes concernées, qui osent encore peu s’exprimer. L’actrice a d’ailleurs expliqué avoir rencontré plusieurs d’entre elles pour se préparer au mieux à ce rôle très difficile. Bien lui en a pris : sa partition sans fausse note marque sans doute un tournant dans sa carrière.

Vanessa Kirby en pole position pour les Oscars

Ce n’est pas un secret, grâce à sa prestation bouleversante dans PIECES OF A WOMAN, l’actrice britannique est l’une des grandes favorites pour les nominations à l’Oscar de la meilleure actrice. Et elle pourrait bien empocher une statuette dès sa première apparition à la cérémonie, puisqu’elle a déjà remporté la Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine à la Mostra de Venise en septembre dernier, où le film a été présenté en première mondiale. Ce n’était pas la première récompense reçue par Vanessa Kirby, qui a déjà gagné le BAFTA de la meilleure actrice dans un second rôle pour son interprétation la plus connue, celle de la Princesse Margaret dans la série THE CROWN (Peter Morgan), grâce à qui elle a aussi été nommée aux Emmy Awards en 2018.

Elle avait auparavant déjà fait quelques apparitions au cinéma dans IL ÉTAIT TEMPS (Richard Curtis, 2013) et QUEEN AND COUNTRY (John Boorman, 2014), mais Vanessa Kirby a d’abord commencé en tant que comédienne au théâtre, où elle a été remarquée et récompensée pour plusieurs rôles dans des pièces classiques. Mais depuis son travail sur THE CROWN, Hollywood lui fait les yeux doux, et l’actrice a joué dans FAST AND FURIOUS : HOBBS AND SHAW (David Leitch, 2019) et MISSION IMPOSSIBLE : FALLOUT (Christopher McQuarrie, 2018), une franchise qu’elle retrouvera d’ailleurs dans les deux prochains épisodes. Heureusement, elle ne délaisse pas pour autant le cinéma d’auteur et on a eu le plaisir de la voir entre deux confinements aux côtés de James Norton dans L’OMBRE DE STALINE (Agnieszka Holland, 2020). On la retrouvera aussi en compagnie de Katherine Waterston et Casey Affleck dans THE WORLD TO COME (Mona Fastvold, 2021), un autre film très attendu lui aussi présenté à la Mostra de Venise 2020.

La reconstruction des mères en deuil, terreau fertile pour grands films

La figure de la mère qui fait le deuil d’un de ses enfants est depuis longtemps un grand classique de la fiction, mais on la retrouve particulièrement ces dernières années dans des films salués par la critique. Même si la question de la reconstruction après ce traumatisme n’est pas toujours centrale dans leur scénario, les films qui suivent mettent tous en scène des personnages féminins marquants ayant perdu un enfant d’une manière ou d’une autre. Très récemment, ANGEL OF MINE (Kim Farrant, 2019) transformait Noomi Rapace en harceleuse d’un couple, dont elle est persuadée qu’il a volé son bébé présumé mort lors de l’incendie d’une maternité. Dans L’ECHANGE (Clint Eastwood, 2008), Angelina Jolie se retrouvait elle aux prises avec les autorités de Los Angeles, après que son fils avait été enlevé et remplacé par un autre.

Quant à THREE BILLBOARDS : LES PANNEAUX DE LA VENGEANCE (Martin McDonagh, 2017), il a rapporté à Frances McDormand son deuxième Oscar, grâce à son rôle de mère déterminée à attirer l’attention sur le viol et le meurtre de sa fille, qui n’ont pas droit à une enquête à la hauteur. Du côté de la science-fiction, on n’a pas oublié non plus que dans le duo au centre de GRAVITY (Alfonso Cuarón, 2013), l’astronaute jouée par Sandra Bullock a perdu sa fille dans un accident du quotidien, ce qui occupe une place importante dans le développement du film. Même chose dans PREMIER CONTACT (Denis Villeneuve, 2016), où le personnage joué par Amy Adams a perdu sa fille, morte d’une maladie incurable à l’adolescence. Comme PIECES OF A WOMAN, tous ces exemples font en tout cas partie des plus beaux portraits de femmes de l’histoire récente du cinéma. Il ne faut donc pas se priver de les découvrir, à condition de pouvoir encaisser la charge émotionnelle qui va avec.

PIECES OF A WOMAN, visible à partir du 7 janvier sur Netflix, disponible avec CANAL+.

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