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Narvalo, ou l’art de raconter les galères

Les personnages de la Création Décalée Narvalo, à voir sur CANAL+, pourraient être nos voisins de palier… qui auraient un sens inné de la tchatche et du storytelling.

Certaines expériences, aussi pénibles soient-elles, méritent quand même d’être vécues, car au moins, ça fera une bonne histoire à raconter… Et c’est le postulat de Narvalo.

Dans chacun des huit épisodes de cette Création Décalée imaginée par Matthieu Longatte, inspirée par des « galères réelles » avec la banlieue en fond, un personnage raconte, pour ses amis, une anecdote personnelle. À partir de là, le récit, fragmenté et en flash-backs, se construit. Et souvent, plus l’expérience a été désastreuse pour le malheureux protagoniste, plus son auditoire se tordra de rire…

Mais peu importe combien le moment était affreux sur le coup : quand ils la racontent, les personnages se réapproprient leur histoire, la revivent et prennent du recul, s’autovannant sans vergogne, avec un sens inné et drolatique du storytelling.

Chacun dans leur style, ces orateurs de génie, filles comme garçons, ont une tchatche d’enfer, avec leur gouaille et leurs expressions propres. Ce ne sont pas tant les histoires qu’ils racontent à leurs potes qui comptent – même si elles valent toutes leur pesant de cacahuètes –, mais plutôt la manière dont ils les déroulent, vivante et sans filtre : « Il m’est arrivé une galère… »

« Je ne retrouve que trop rarement la sève des milliers d’heures que j’ai pu passer en banlieue dans le traitement artistique qui lui est réservé, a expliqué le créateur de la série, Matthieu Longatte. (…) Je veux dresser un portrait subjectivement objectif de ce qui fait son charme, tenter de donner une forme artistique à une partie de l’identité banlieusarde : des anecdotes hors du commun, un storytelling spontané mais maîtrisé et enfin une vivacité verbale ainsi qu’un amour de la vanne absolument unique. »

Ses personnages cherchent-ils à se mettre en valeur en étant au centre de l’attention ? Racontent-ils comment ils ont assuré, séduit héroïquement le ténébreux de la boîte, dupé les flics, redécoré leur appart comme des pros ou organisé la soirée du siècle ?

Non, et heureusement, sinon, ce serait beaucoup moins drôle. Leurs histoires, crues et authentiques, sentent la défaite à plein nez. Bien sûr, plus c’est gênant, et plus on en redemande. Même si on compatit avec ces « narvalos »…

Narvalo, Création Décalée, 8 épisodes de 13 minutes, dès maintenant sur CANAL+.