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On The Verge : quatre héroïnes et autant de visions de la crise de la quarantaine

Posté par Alexis Lebrun le 7 septembre 2021
Au cœur de la première série de Julie Delpy, on trouve quatre beaux portraits de femmes, du genre que l’on voit encore trop rarement au cinéma comme à la télévision. Car les quatre héroïnes de On The Verge ont entre quarante et cinquante ans, et elles traversent chacune une « midlife crisis » unique. À l’occasion de l’arrivée de cette nouvelle Création Originale CANAL+, une petite présentation s’impose donc.
Justine (Julie Delpy) : la crise de couple

Le personnage central de la série, c’est évidemment elle. L’actrice, scénariste et réalisatrice française incarne dans On The Verge une cheffe débordée d’un restaurant tendance à Los Angeles. Et sa réussite ne fait pas vraiment la fierté de son mari Martin (Mathieu Demy), un architecte en chômage de longue durée qui n’a pas trouvé de meilleur moyen pour exprimer sa frustration que de rabaisser Justine de façon incessante.

Heureusement pour elle, il y a leur fils Albert, un jeune garçon très mature pour son âge et bien différent de son père… Pour autant, Justine traverse bien une crise de couple, et elle va trouver un moyen de mettre les mots dessus grâce au livre de recettes qu’elle doit écrire, et dont elle fait une sorte de journal pour raconter ses questionnements quotidiens pendant les douze épisodes de la série. Et qui sait, peut-être qu’elle réussira à sortir de cette relation toxique ?

Ella (Alexia Landeau) : la crise financière

Pour Ella, la crise de la quarantaine est avant tout celle de son compte à découvert. Cette mère célibataire tente tant bien que mal de payer les factures qui s’accumulent et de subvenir aux besoins de ses trois enfants, issus de trois pères différents, alors qu’elle galère comme pas possible pour trouver un job durable et acceptable. Résultat, elle enchaîne les mauvais plans avec une constance qui force presque l’admiration.

Et elle est aussi assez paumée dans sa vie privée : dès le premier épisode, elle se retrouve en effet dans une situation pour le moins gênante avec Jerry (Giovanni Ribisi), l’associé de Justine qui souffre d’addiction sexuelle. Car Ella se sent seule, et après avoir passé la moitié de sa vie dans des relations vouées à l’échec, elle a déjà l’impression d’avoir gâché son existence, sentiment accentué par son quotidien difficile où elle doit gérer seule les embrouilles entre ses trois enfants. Mais la solution à ses problèmes pourrait bien venir de ces derniers...

Yasmin (Sarah Jones) : la crise d’identité

La maternité a aussi changé profondément la vie de Yasmin. Pendant douze ans, cette dernière a complètement mis sa carrière en pause au profit de son fils. Le problème, c’est qu’elle est devenue un peu trop protectrice, au point que sa santé mentale est aujourd’hui mise en péril. Cela inquiète évidemment William (Timm Sharp), son mari qui gagne très bien sa vie dans la Silicon Valley, et dont on dira pour euphémiser qu’il est plutôt introverti.

Féministe convaincue, Yasmin aimerait bien retrouver son indépendance financière vis-à-vis de lui et donc reprendre le travail, mais malgré sa compétence, elle se heurte à des murs du côté des recruteurs, peu enclins à lui faire confiance à cause du trou dans son CV. Pour ne rien arranger, Yasmin vit aussi une crise d’identité : en tant qu’afro-américaine originaire d’Iran, elle a des difficultés à savoir qui elle est dans l'Amérique d'aujourd'hui, d'autant plus que ses relations sont toutes issues d’un milieu qui ne lui ressemble pas.

Anne (Elisabeth Shue) : la crise d’indépendance

Le problème de dépendance de Yasmin est aussi celui d’Anne, mais pas à l'égard de la même personne. Créatrice d’une marque de mode branchée, elle ne doit en réalité son train de vie princier qu’à la richesse de sa maman. Son mari George (Troy Garity) en profite aussi abondamment, puisque cet ado attardé – qui est également vaguement musicien – accepte très bien de vivre au crochet de sa belle-doche.

Le souci, c’est que plus grand-chose d’autre ne le retient auprès d’Anne, à part leur fils Sebastian, un adorable ado qui ne voit pas pourquoi il ne pourrait pas s’habiller en fille. Alors que George semble lui échapper, Anne trouve du réconfort dans la consommation quotidienne de marijuana, mais cette béquille ne peut pas durer éternellement. Pour son bien-être et son avenir, elle doit à tout prix s’émanciper de sa mère, mais le prix à payer risque d’être important.

On The Verge épisodes 1 à 12, disponible sur CANAL+.